Je croyais avoir eu une bonne idée en cueillant toutes ces plantes sur les côtes de la Manche.
Note : Les trois dernières sont des espèces ornementales importées qui se sont naturalisées. L’oxalis articulé vient du Brésil, l’ail triquètre des bords de la Méditerranée, et je vous laisse deviner pour la claytone de Cuba. Les jardins dans le coin où j'étais en abondaient... ceci explique cela.
Sur le papier, une telle liste était alléchante. Pour couronner le tout, c’était aussi la première fois que je récoltais du plantain maritime et de la claytone. La saveur du premier est tellement spéciale qu’il est très difficile de la décrire autrement qu’en disant que c’est simplement bon ! Quant à la claytone, j’avais déjà eu l’occasion d’en acheter au marché (sous le nom de pourpier), mais jamais d’en cueillir moi-même. Avec le gout anisé des feuilles de fenouil, l’acidulé de l’oxalis, la douceur du laiteron, la saveur de l’ail, la salade que j’avais en tête semblait parfaite. Avec les fleurs roses de l’oxalis, celles blanches de l’ail triquètre, j’avais même la décoration.
Mais voilà, on parle des goûts et des couleurs, mais qui pense aux textures ? Je me souvenais encore des tendres feuilles de cornes de cerf cueillies cet hiver. Qui aurait pu penser qu’elles deviennent aussi dures ? Je me disais que des feuilles fines comme celles de l’oxalis allaient fondre dans la bouche, mais de ce côté-là, l’oxalis articulé n’a rien à voir avec celui des bois : c’est coriace ce machin là !
Bon, je n’avais quand même pas tout faux, il aurait simplement fallu que je me contente de la claytone, des pousses de bette, du laiteron, de l’ail, du plantain maritime, et des feuilles de fenouil , mais à vouloir trop en faire ...
Après une heure de macération dans son assaisonnement, les feuilles récalcitrantes se sont finalement attendries, mais quel exercice pour les mâchoires tout de même !