vendredi 8 avril 2011

Au hasard des chemins côtiers

 
Tout avait commencé de bon matin. La brume peinait à se lever.

 
Timide, le soleil avait pourtant fini par la chasser.

 
Aussitôt, ce beau lézard en avait profité pour sortir. Encore à moitié léthargique, il s'était laissé photographié sans s'enfuir.

 
C'était le moment idéal pour entamer une longue promenade le long des chemins côtiers. Avec l'explosion végétale printanière, les récentes averses et les brumes matinanles, les abords de ceux-ci étaient d'une phénoménal richesse.

 
De l'herbe au chantre (sisymbrium officinale, comestible), invitée de choix pour les salades printanière qu'elle relève agréablement avec sa saveur légèrement piquante.

 
Du fenouil (foeniculum vulgare, comestible), plante habituée des bords de mer, mais pas seulement.

 
De la lunaire (lunaria annua, comestible), également appelée monnaie du pape à cause de la forme de ses fruits plats, ronds et translucides.

 
De la bryone (bryonia dioica, toxique à l'exception des jeunes pousses dont il ne faut malgré tout pas abuser), chez laquelle ont retrouve les saveurs de quelques-unes de ses cousines cucurbitacées.

 
De l'ail des ours (allium ursinum, comestible), encore lui. J'étais le premier surpris d'en trouver aussi près du littoral !

 
De l'ombilic (umbilicus rupestris, comestible). Comme le fenouil, c'est une plante qui aime bien l'air marin mais qui se trouve également dans beaucoup d'autres endroits. Le nombril de Vénus (c'est aussi son nom) aime particulièrement les vieux murs.

 
De l'oseille (rumex acetosa, comestible), qui monte, qui monte, qui monte....

 
Du fragon (ruscus aculeatus, jeunes pousses comestibles, fruits toxiques), ou petit houx. Les jeunes pousses aux teintes violacées peuvent être préparées à la manière d'asperges, avec une amertume assez marquée, mais pas désagréable. Il faut se dépécher de les ceuillir car bientôt, ces tendres tiges deviendont très dures et les feuilles (qui sont en fait des tiges applaties) deviendront piquantes.

 
Du laiteron (sonchus, comestible) qui malgrè sa taille et bien qu'il ait commencé à monté reste encore tendre et doux.

 
On marchait, on marchait, mais la marée commençait déjà à baisser et il fallait commencer à penser à rentrer pour prendre seau et bottes et aller rendre visite à quelques mollusques.

 
En attendant le bon moment, il était encore temps de récolter quelques feuilles de ce magnifique plantain maritime (plantago maritima, comestible). Tendres, charnues et dotées d'un parfum puissant mais très agréable, je sais qu'elle finiront déjà dans une salade avec le laiteron, l'ombilic, l'herbe au chantre et un peu de fenouil.

 
A coté des premières branches de criste marine (crithmum maritimum, comestible), très parfumées elles aussi, la bette maritime (beta vulagaris, sous-espèce martime, comestible) était beaucoup plus avancée et avait maintement de grandes feuilles bien charnues.

 
La fausse roquette (diplotaxis tenuifolia, comestible) était elle aussi très belle et surtout très nombreuse ici. Son goût est plus fort que celui de la vraie et à moins de vraiment l'aprécier, il vaut mieux ne pas la servir seule.

 
Les giroflées (erysimum, toxiques) sont une des rares cousines du choux (brassicacées) qui soient toxiques. Elles compensent ce "défaut" par de magnifiques fleurs (à quatres pétales, comme toutes les brassicacées).

 
Du maceron (smyrnium olusatrum, comestible), déjà trop avancé pour profiter des bulbes formés par les boutons floraux (comme avec la berce), ses feuilles étaient encore tendres et très parfumées. Leur parfum ne plait pas à tout le monde, mais pour ceux qui l'apprécie, elles constituent un aromate très intéressant.

 
Et bien voilà, la marée basse était dans moins de deux heures, il était temps de prendre le chemin de l'estran pour trouver quelques palourde et de belles huitre (dont une de 562g très exactement !).

 
 
Huitres gratinées à la fausse roquette et au plantain maritime

 
Ingrédients :

  • Quelques poignées de feuilles de diplotaxe (fausse roquette)
  • Quelques brins de plantain maritime
  • De la poitrine de porc pas trop salée
  • Un peu de beurre doux

 
Préparation :

  • Précauffer le four à 200°C
  • Laver abondamment les plantes
  • Mixer finement le diplotaxe avec le beurre
  • Ajouter le plantain haché en petit tronçons de 1mm ou 2mm
  • Ouvrir les huitres et séparer totalement la chair de la coquille
  • Garder les demi-coquilles les plus creuse et les re-garnir
  • Recouvrir avec un peu de la pâte au beurre et aux plantes
  • Ajouter quelques dés de poitrine
  • Enfourner 5 minutes et servir rapidement

7 commentaires:

  1. Belle promenade...En Normandie? Quel est le nom de ce petit port, le lieu de cette pêche? ce n'est pas désinteressé car je "monte" sans doute à Pâques. Merci d'avance.

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  2. C'était en Bretagne cette fois-ci, entre Cancale (La Coudre pour les premières photos) et Saint-Malo (Iles Besnard pour la photo du milieu).
    Attention, car il y a pas mal de sites protégés sur le parcours où la cueillette des plantes sauvages est interdite.

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  3. Merci! Bon week-end Nicolas!

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  4. je suis envahie de lunaire, si tu dis que c'est comestible je vais désherber avec les dents ( comme pour sa copine l'aliaire qui pousse entremêlée )ah les belles salades de printemps!

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  5. A part les fleurs en déco, je n'ai jamais essayé d'utiliser les feuilles ou les inflorescence en bouton. Mais ça doit pouvoir se tenter. Quand à la comestibilité, elle est confirmée dans plusieurs des ouvrages listés en bas du bandeau latéral...

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  6. Bonjour, ce sont des praires, pas des palourdes.

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  7. Goulven, je t'assure qu'il s'agit bien de palourdes (ruditapes decussatus) et non de praires (venus verrucosa). Je t'invite à suivre ces deux liens pour la comparaison.
    Parmi les nombreuses différences, les praires ont des stries concentriques bien plus profondes et les palourdes ont en général une forme un peu plus allongée. Par ailleurs, les praires habitent généralement l'étage de l'estran de plus bas (niveau infra-littoral) auquel la marée ne m'avait pas donné accès cette fois-ci (coefficient trop faible).

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