mercredi 25 février 2015

Grandes marées etc.

Les grandes marées de la semaine dernière ont été le prétexte pour une escapade sur le littoral costarmoricain : huîtres, pieds de couteau, coques, palourdes, mactres, amandes de mer, étrilles, crabes verts et j'en oublie ont été notre quotidien lors de ces quelques jours...

Coefficient 118 sur un maximum de 120 : c'était une occasion à ne pas manquer, même si une exceptionnelle "marée du siècle" (pas si exceptionnelle que ça en fait, car se reproduisant tous les 18 ans environ) nous attend en mars avec un coefficient 119. D'autant que malgré le vent, malgré le froid, malgré la pluie, malgré la grêle, la Bretagne avait quand même un peu de soleil à nous offrir. 

Une véritable et délicieuse cure d'iode dont il ne faut pourtant pas abuser : les fruits de mer, en particulier les coquillages bivalves filtreurs, ont en effet tendance à concentrer les polluants. Après un régime comme celui de la semaine dernière, il fallait donc lever le pied sur les produits de la mer... mais pas sur les produits de la côte, comme par exemple le maceron qui en ce moment est à son stade de croissance idéal.

Feuilles de jeunes pieds de maceron (smyrnium olusatrum).

Cette plante est presque indissociable du littoral breton tellement elle y est fréquente. Elle y est pourtant très peu connue comme comestible. A vrai dire, elle y est même souvent considérée comme une mauvaise herbe (ce qui, au passage, est le cas de bon nombre de comestibles sauvages). Il faut dire qu'à l'heure où les aliments perdent peu à peu en saveur, le goût puissant et très particulier du maceron a de quoi dérouter.

Les pétioles basaux du maceron sont emboîtés les uns dans les autres, donnant au pied de la jeune plante une forme bulbeuse, comme avec le fenouil. Toutes les parties sont très parfumées, mais la chair des "bulbes" a en plus une composante sucrée très intéressante.

Comme souvent avec les sauvages, la préparation d'aujourd'hui est inspirée d'une recette à base d'un légume classique... ici, le fenouil.

Tarte tatin salée au maceron


Une poêle en fonte sans manche : idéale pour une tarte tatin,
qu'elle soit salée ou sucrée.
Ingrédients :
  • 150g de pâte brisée
  •  6 bulbes de maceron (environ 100g chacun)
  • 2 petites pommes (environ 150g chacune)
  • 2 oignons moyens (moins de 100g par oignon)
  • 15cl de bouillon de volaille
  • 1 cuillère à soupe de miel
  • 1 cuillère à soupe de sucre roux
  • Le jus d'un beau citron
  • 50g de beurre
  • 1 pincée de sel
Préparation :
  • Peler les oignons et les pommes
  • Les couper en 4 dans la longueur
  • Épépiner les pommes et les badigeonner de quelques gouttes de jus de citron
  • Couper aussi en 4 sur la longueur la moitié des bulbes, émincer le reste
  • Sur feu moyen, faire fondre le beurre dans une poêle (capable d'aller au four)
  • Répartir maceron, pomme et oignon dans la poêle et cuire à couvert sans remuer pendant 5 bonnes
  • Remuer délicatement avant ajouter ensuite le miel, le bouillon et le jus du citron
  • Laisser cuire toujours sur feu moyen jusqu'à évaporation du liquide et début de caramélisation
  • Retirer du feu et couvrir avec la pâte brisée préalablement abaissée
  • Glisser les bords de la pâte vers le bas, le long de la paroi de la poêle
  • Placer immédiatement  dans un four préchauffé à 180°C
  • Sortir après 25 minutes de cuisson et démouler la tarte en la retournant sur son plat de service
  • A servir, par exemple avec une chantilly de crème aigre

Personnellement, j'adore... mais avec le maceron et son goût si particulier, je ne saurais trop vous conseiller d'expérimenter à petite échelle avant de vous lancer ! Et en l'absence de maceron, un peu de fenouil donnera une idée de ce à quoi cela peut ressembler.

mardi 10 février 2015

Soleil, eau, sable, bécasseaux ... et cornes de cerf

Ça fait du bien un peu de soleil, malgré le froid et le vent...
Là, c'est vraiment l'hiver comme je l'aime !


Sur les plages de la Manche, la lumière rasante accentue les contrastes. Combinée avec les reflets sur l'eau, on a presque l'impression d'évoluer dans un paysage en noir et blanc...



... Noir et blanc qu'osent à peine contrarier les bécasseaux, avec leur tenue hivernale où le gris domine. Il n'y a guère que les reflets du ciel bleu et les morceaux d'algues déposés de-ci de-là par la marée pour apporter quelques touches colorées.

Sans doute un bécasseau sanderling (calidris alba). Ces oiseaux limicoles arpentent les plages en longeant la limite entre l'eau et le sable. Souvent en groupe, ils sont assez peureux et il est difficile de s'en approcher. J'aime écouter leurs sifflements. Ceux-ci me font un peu penser à Harpo Marx (je vous laisse comparer [ici] et [là]).

Mais le soleil décline et le froid devient plus mordant. Il faut maintenant prendre le chemin du retour.



Et en quittant l'estran, une bonne surprise nous attend en bordure du sentier côtier...

Plantain corne de cerf (plantago coronopus).
Cette plante apprécie particulièrement les milieux sableux salés et on la trouve donc fréquemment sur le littoral, mais pas uniquement. On en trouve par exemple assez fréquemment en bordure des routes de la région parisienne, en particulier à cause du salage hivernal. Mais ces spécimens-là, je ne m'aventurerai pas à les goûter. Comme pour tous les plantains, les fleurs forment des épis qui apparaissent à la fin du printemps (parfois plus d'une vingtaine d'épis pour un seul pied). Étonnamment, ils ont tendance à se développer à la périphérie de la rosette plutôt qu'en son centre.

 Autre caractéristique : contrairement aux plantains "classiques" (lanceolata, major, media, les plus fréquents) dont les feuilles ne sont pas dentées, celles de coronopus le sont et présentent même parfois des ramures, elles-mêmes dentées, d'où son nom de "corne de cerf". Au centre de la rosette, les plus jeunes feuilles sont couvertes d'un léger duvet (ont le voit sur la photo au centre de la rosette où il a "peluché"). Celui-ci disparaît avec l'âge, mais les feuilles gardent souvent quelques poils. Côté goût, les feuilles crues rappellent celui des jeunes pousses de betterave, un peu terreux mais pas désagréable, avec une petite note salée qui ne gâche rien, bien au contraire.
A cueillir jusqu'au début du printemps (après, il devient carrément coriace).

Et cette fois-ci, plutôt que de les utiliser en salade, comme j'avais l'habitude de le faire jusqu'à présent, je suis passé à une version cuisinée...

Joëls frits et "dip" au plantain corne de cerf


Ingrédients (pour 4) :
  • 600g de joëls (de mon côté, c'était des surgelés)
  • 200g de plantain corne de cerf (rosettes entières débarrassées des feuilles abîmées et de leur racine)
  • 150g d'oignon
  • 25cl de bouillon de volaille
  • Huile à friture (arachide pour moi)
  • Sel et poivre
Préparation :
  • Laver à grandes eaux le plantain afin de le débarrasser de tous les grains de sables qui ont tendance à s'incruster entre les feuilles
  • Le laisser s'égoutter tranquillement
  • Pendant ce temps, hacher l'oignon finement
  • Faire chauffer deux cuillères à soupe d'huile au fond d'une poêle et ajouter l'oignon
  • Le cuire à feu moyen, sans coloration
  • Lorsqu'il devient translucide, ajouter les feuilles de plantain hachées grossièrement
  • Verser la moitié du bouillon de volaille et continuer la cuisson sur feu moyen à découvert
  • Remuer régulièrement pour homogénéiser la cuisson
  • Compléter avec le reste du bouillon au fur et à mesure que celui-si s'évapore
  • Stopper la cuisson lorsque tout le bouillon aura été versé et qu'il aura réduit au point qu'il n'en reste que quelques gouttes
  • Passer le tout au mixeur jusqu'à obtenir un mélange à peu près homogène et à la consistance plutôt crémeuse
  • Saler et poivrer (attention avec le sel, le plantain et le bouillon réduit en apportent déjà pas mal)
  • A cet stade, la "dipping sauce" au plantain est prête et peut être réservée au chaud
  • Pour les joëls, il suffit de les passer dans la farine, puis de les plonger quelques minutes dans de l'huile de friture à 150°C
  • Les égoutter et les placer sur du papier absorbant pour en éliminer un maximum de graisse
  • Les saler avant de les servir rapidement accompagnés de leur "dip"

Le goût terreux qu'on ressent avec les feuilles crue a ici disparu. Reste une légère amertume atténuée par l'oignon, plutôt du genre de celle qu'on apprécie que de celle qui fait faire des grimaces. Et avec les joëls... j'adore !

Pour conclure, un grand merci à Laure pour sa suggestion de la recette du site "hortulanus sacer" dont je me suis largement inspiré.

Ajout du 11/02/2015 : A tester aussi en ajoutant avec le bouillon un peu de vinaigre (cidre par exemple) et une cuillère à soupe de sucre. Le goût du plantain sera moins marqué et la sauce se rapprochera plus des "dips" classiques.

mardi 3 février 2015

Vive le vent d'hiver !

La neige est tombée sur le village...



Pas la peine de chercher les volontaires pour une petite bataille de boules de neige...



... ou glisser sur les pentes avec une luge !


Mais bon, c'est tout aussi amusant de faire un bonhomme de neige.
En plus, tonton Nicolas lui a prêté son chapeau.
Avec ses grands bras ouverts, on dirait presque qu'il appelle le soleil !


Il n'en fallait pas moins pour que celui-ci décide enfin de montrer le bout de son nez... 
Du coup, le berger et ses brebis sont eux-aussi sortis se dégourdir les jambes...



Avouez qu'il y a pire comme cadre pour déguster quelques brins d'herbe...



Mais les jours sont encore courts et tous le monde doit déjà rentrer à la maison ...


où un agréable feu de bois nous attend.


Et puis un peu plus tard, il y aura peut-être aussi ça :


"Mont-d'or" au vin jaune et polypore écailleux

Ingrédients :
  • Un ou plusieurs "Mont-d'or" (vacherin) selon leur taille et le nombre de gourmands
  • De la poudre de polypore écailleux (voir à la fin du billet pour plus de détails)
  • Quelques gouttes de vin jaune
  • Un pain de campagne à la mie plutôt compacte
Préparation :
  • A l'aide d'un couteau, découper un cône sur le haut du vacherin et mettre de côté ce "couvercle" de fromage
  • Dans le trou ainsi formé, ajouter une ou deux cuillères à soupe de poudre de champignon, puis verser quelques gouttes de vin jaune
  • Placer le tout (sauf le "couvercle" de fromage) au four à 180°C
  • Lorsque le contenu de la boite est fondu, mélanger avec une fourchette avant de remettre en place le "couvercle" de fromage et passer le four en position "grill" jusqu'à ce que le dessus soit gratiné
  • Il n'y a plus qu'à servir tel-quel avec plein de mouillettes découpées dans le pain (éventuellement grillées, voire même frottées à l'ail)

En principe, le cerclage du fromage à l'écorce d'épicéa et la boite suffisent à maintenir l'étanchéité et résistent bien à la chaleur. Au cas où, utiliser une lèchefrite. Et pour ceux qui s'inquiéteraient d'une éventuelle présence d'alcool : étant donnée la faible quantité utilisée, la cuisson au four l'aura vaporisé tout en préservant la saveur si caractéristique du vin jaune.

Le polypore écailleux (polyporus squamosus, photo prise l'automne dernier), c'est ce drôle de champignon "parasol" qui pousse sur le tronc des arbres morts ou mal en point. Jeune, on peut en découper de grandes tranches radiales et les griller à la poêle dans un peu de matière grasse : un délice de saveurs boisées ! Avec l'âge, il devient beaucoup trop dur et ne peut plus être utilisé de cette manière. Mais tant qu'il présente bien (comme sur la photo), il suffit de bien le faire sécher et de le réduire en poudre (au mortier ou avec un moulin à café). Celle-ci devient un aromate particulièrement intéressant...

mardi 13 janvier 2015

Thymus³

Une formule étrange dont voici l'explication :

Thym commun (thymus vulgaris). Ses branches sont ligneuses et tortueuses, ornées de fines feuilles à la couleur argentée et surtout dotées d'un parfum on ne peut plus caractéristique.
Mon premier "thymus", c'est le thym commun ou "thymus vulgaris" cueilli il y a tout juste deux semaines sous la neige. En plein hiver, ses feuilles sont toutes étroites et de couleur argentée. On est loin de la puissance aromatique de la même plante au printemps, mais finalement, il suffit juste d'augmenter la dose pour profiter de son délicieux parfum.

Thym commun (thymus vulgaris), photo prise au printemps. On remarque cette fois-ci des feuilles plus vertes et moins étroites..., mais c'est bien la même plante.

Mon second "thymus", c'est le serpolet ou "thymus serpyllum", un thym sauvage plus méconnu, mais qu'on peut retrouver un peu partout en France et à toutes les altitudes, du littoral jusqu'à la haute montagne, contrairement à son cousin le thym commun qui préfère un climat méridional. Son parfum est aussi plus varié, offrant une palette de saveurs mêlant plus ou moins les accents citronnés, mielleux ou encore mentholés. Celui-ci, j'en avais séché une grande quantité cet été en vue de l'utiliser en infusion comme traitement préventif contre les bronchites hivernales (et pour l'instant, ça marche !)... Mais avec mes réserves, j'ai de quoi lui trouver d'autres utilisations.

Serpolet (thymus serpyllum), photo prise en été. Ses feuilles sont plus larges, plus arrondies aussi. Il a tendance à ramper et s'étaler sur de grandes surfaces, mais ses tiges restent fines. Ses fleurs roses sont disposées au bout de celles-ci et forment comme un épis.

Mon troisième "thymus" n'est pas végétal puisque qu'on le trouve plutôt chez le boucher ou le tripier. C'est en effet l'autre nom des "ris" (dans mon cas des ris de veau). Très particulière en texture comme en saveur, cette pièce de choix n'est pourtant pas de tous les goûts. Malgré cela, la similitude des noms m'a donné envie de les associer :

Thymus x Thymus x Thymus = Thymus³
CQFD


Ingrédients (pour 4) :

  • 600 à 800g de ris de veau
  • 3 cuillères à soupe de feuilles séchées de serpollet
  • 2 cuillères à soupe de feuilles fraîches de thym commun
  • 20cl de crème fraiche
  • 20g de beurre
  • 1 verre de vin blanc sec
  • Un peu d'huile d'olive
  • Sel et poivre

Préparation :

  • Parer les ris afin d'en retirer un maximum de membrane et veines
  • Les faire dégorger en les faisant tremper quelques heures dans de l'eau froide
  • Les placer ensuite dans une casserole d'eau froide salée avec le serpolet
  • Porter à frémissement et maintenir ainsi pendant 5 minutes
  • Les plonger 5 minutes dans de l'eau froide, finir de les parer
  • Les égoutter avant de les réserver
  • Placer une poêle sur feu vif et lorsque celle-ci est chaude, y ajouter le beurre, un peu d'huile d'olive et le thym frais
  • Y placer les ris, baisser le feu et les cuire de tous les cotés
  • Les retirer lorsqu'ils ont pris une belle couleur dorée après les avoir salés et poivrés
  • Déglacer avec le vin blanc et incorporer la crème hors du feu pour obtenir une sauce onctueuse
Je les ai juste servis avec un mélange 50-50 de deux types de riz thaï, cuits ensemble :
 - Un riz blanc cuit à cœur, très tendre.
 - Un riz rouge dont le temps de cuisson est normalement plus long, donc resté légèrement croquant comme dans un risotto
Un mélange de textures qui souligne dans la simplicité une sauce et des ris pleins de saveurs.

mercredi 31 décembre 2014

Bonne Année


Avec, je l'espère, de nouvelles plantes à découvrir ensemble et de nouvelles recettes à expérimenter et partager !

mercredi 24 décembre 2014

Joyeuses Fêtes

De passage à proximité du Mont Saint Michel il y a quelques jours... l'occasion de faire deux-trois photos, dont celle-ci...


mardi 23 décembre 2014

Y a plus d'saison ma bonne dame !

En cette avant-veille de Noël, il fait encore très bon... trop bon peut-être. La nouvelle année n'est même pas commencée et pourtant, dans les jardins, certains prunus fleurissent déjà.


Sur la côte bretonne, malgré les nuages sombres, les températures sont exceptionnellement douces... A l'exception d'un léger crachin (c'est la Bretagne quand même, il y a une réputation à défendre), c'était un temps presque idéal pour aller ramasser quelques huîtres : les fêtes approchent, on s'entraîne...

Lorsque les bancs d'huîtres creuses (crassostrea gigas) se plaisent à un endroit, ça se voit !

Sur le chemin du retour, un tapis de feuilles attire mon attention : le beau vert lumineux est plutôt inhabituel en cette saison. Il s'agit de maceron (smyrnium olusatrum). Mais en principe, en cette période, on ne trouve guère plus que les squelettes desséchés des hampes florales de l'année passée. Y a plus d'saison j'vous dis...

Puisque ces jeunes pousses sont là, autant en profiter....

Maceron (smyrnium olusatrum), également appelé grande ache ou persil de cheval. Son parfum est très puissant et ses feuilles peuvent être utilisées comme aromate. Mais il n'est pas du goût de tout le monde. La base de la jeune plante peut être utilisée cuite comme légume, son goût est alors atténué, plus fin, légèrement sucré.

En coupant au plus bas les jeunes pousses du  maceron, on découvre un renflement bulbeux d'une teinte blanc-rosé. Il est constitué de l’emboîtement des bases élargies des pétioles (tiges des feuilles). C'est d'ailleurs une caractéristique qu'on retrouve chez plusieurs d'apiacées (sa famille), comme par exemple le fenouil. Et c'est sans aucun doute la meilleure partie de la plante.

Huitres pochées aux maceron


Ingrédients (pour 4) :

  • Les bases (20 à 30 cm) de 8 jeunes plants de maceron avec quelques jeunes feuilles
  • 8 belles huîtres (calibre 1)
  • 1 oignon
  • Un peu de beurre et de farine

Préparation :

  • Ouvrir les huîtres et réserver les chairs dans un bol (dans mon cas, s'agissant d'huîtres sauvages non affinées, je n'ai pas conservé leur première eau, trop salée)
  • Hacher finement l'oignon
  • Le revenir dans un peu de beurre
  • Ajouter rapidement le maceron préalablement découpé en fines rondelles et une pincée de sel (très peu)
  • Cuire deux ou trois minutes à feu moyen sans coloration et réserver au chaud
  • Pocher les huîtres 30 secondes dans une petite quantité d'eau bouillante (non salée) et les mettre de côté sans jeter l'eau de cuisson
  • Faire fondre une noix de beurre dans la poêle (vide), saupoudrer d'un peu de farine
  • Cuire la farine dans le beurre (comme pour une sauce béchamel)
  • Verser dessus le liquide de cuisson des huîtres et battre au fouet pour éviter les grumeaux et obtenir une sauce onctueuse
  • Dresser immédiatement tant que tous les éléments sont chauds

lundi 15 décembre 2014

L'hiver arrive... ou pas

Ce matin, des silhouettes menaçantes tendaient leurs bras noueux vers la lumière diffuse du soleil, à la recherche d'une énergie que désormais, ils ne peuvent plus capter...


Au dessus de nos têtes, sur une branche, une corneille semblait guetter, ou plutôt surveiller quelque-chose...


Était-ce ces belles et grosses bûches ?
Ou peut-être encore l'or qui les couronnait ?

Probablement de la stérée hirsute (stereum hirsutum), non comestible.

Était-ce plutôt ces magnifiques chapeaux d'un beau gris souris ?

Pleurotes en forme d'huître (pleurotus ostreatus). Excellent comestible, mais qui a tendance à devenir coriace avec l'age, il s'agit du même champignon qu'on trouve dans le commerce sous le simple nom de "pleurote". Sauvages, on peut les trouver en forêt sur la plupart des feuillus, avec semble-t'il un préférence pour les hêtres, peupliers et charmes. Elles sont aussi bien plus parfumées que leurs congénères de culture.

Ou peut-être encore ces chanterelles dont la taille impressionnante aurait pu attirer la convoitise d'un cueilleur...

Chanterelles en tube, chanterelles d'automne ou encore girolles grises (craterellus tubaeformis).

Quoique, d'autres semblaient déjà s'être atteler à la tâche en tissant autour d'elles un filet...

La chanterelle en tube se trouve aussi bien sous les feuillus (chênes, hêtres, châtaigniers etc.) que les conifères (pins, épicéas, sapins) avec toutefois une préférence pour les forêts mixtes. Dans le sud, on trouve plutôt sa cousine "lutescens" qui elle, apprécie plus particulièrement les conifères. Il n'est pas forcément évident de les distinguer, mais en général, les plis de l'hymenium (en gros, les "lamelles") de tubaeformis sont plus marqués alors qu'ils sont presque lisses chez lutescens.

Et oui, c'est déjà décembre et pourtant, les champignons sont encore bien présents ! En l'absence de vraies bonnes gelées, les espèces les plus résistantes n'ont aucune raison de s'arrêter.
Les comestibles les plus rencontrés près de chez moi : chanterelles en tube (craterellus tubaeformis) et pieds bleus (lepista nuda). C'est bien parti pour qu'on puisse encore les déguster frais pour le réveillon !

Tiens, ça me donne une idée...

Crevettes flambées au whisky tourbé et purée aux chanterelles d'automne


Ingrédients (pour 4) :
  • 500g de pommes de terres
  • 300g de panais
  • Deux poignées de chanterelles en tube fraîches
  • Chanterelles en tubes séchées (de quoi faire 4 bonnes cuillères à soupe bombée une fois réduites en poudre)
  • 350g de queues de crevettes crues décortiquées
  • 30cl de lait entier
  • 10 cl de whisky tourbé (de mon côté, j'ai opté pour un très classique Lagavulin)
  • 1 oignon
  • 25g + 10g de beurre
  • 2 cuillères à soupe d'huile d'olive
  • 3 brins de persil
  • 2 gousses d'ail
  • Sel et poivre
Attention de ne pas avoir un feu trop vif lors de la flambée sous
peine d'avoir des flammes qui pourraient monter très haut
Préparation :
  • Peler et cuire les pommes de terre ainsi que le panais (débité en quelques gros morceaux) dans une grande casserole d'eau bouillante salée
  • Sortir le panais au bout d'une dizaine de minutes (il doit rester croquant) et le plonger dans de l'eau froide avant de le reserver
  • Continuer la cuisson des pommes de terre jusqu'à ce qu'elles soit bien cuites
  • Pendant ce temps, faire chauffer le lait dans une casserole et lorsque celui-ci frémit, ajouter la poudre de chanterelles séchées : elle doit être la plus fine possible (de mon côté, j'ai utilisé un moulin à café électrique)
  • Cuire 5 bonnes minutes en veillant à ce que le lait ne déborde pas
  • Égoutter les pommes de terre et commencer à les réduire en purée
  • Y incorporer ensuite le lait puis 25g de beurre, saler, poivrer, couvrir et réserver au chaud
  • Faire fondre 10g de beurre dans une sauteuse avec 2 cuillères à soupe d'huile d'olive
  • Y verser l'oignon finement haché
  • Puis lorsqu'il devient translucide, les crevettes, les chanterelles fraîches et les morceaux de panais découpés en cube de 2 ou 3 cm
  • Cuire quelques minutes avant de rajouter l'ail et le persil, tout-deux finement hachés
  • Ajouter ensuite le whisky et le flamber rapidement
  • Rectifier l'assaisonnement (sel et poivre) et servir rapidement accompagné de la purée

Crevettes flambées au whisky tourbé et purée aux chanterelles d'automne. Le parfum tourbé du whisky reste très présent et s'accorde à merveille avec celui boisé des chanterelles et les saveurs marines des crevettes. Quant à la discrète touche anisée du panais, elle vient juste titiller le palais quand on croque dedans...

Pour tout vous dire, c'est une recette que j'avais déjà faite avec des queues de langouste dans l’intention de la publier (idée pour le réveillon). C'était il y a deux semaines, mais les photos étaient ratées. Comme la récolte de chanterelle de ce dimanche a été plutôt fructueuse et aussi parce que je suis un grand gourmand, je l'ai recommencée en remplaçant juste la langouste par des crevettes. Ça revient aussi moins cher !
Si la langouste vous tente, couper les queues (avec carapace) en deux dans le sens de la longueur et commencer avec elles la cuisson dans la sauteuse, côté chair.

samedi 29 novembre 2014

Balade sur la côte Picarde

Alors que les oies volent en formation vers le soleil ...

Au sol, dans les étangs, les blettes semblent les attendre vainement.
Ah oui, petit détail : Ici, "blette" ne désigne pas la plante mais les faux oiseaux utilisés comme appâts par les chasseurs à la hutte. Dans le coin, rares sont les étangs qui n'en sont pas équipés.

Tadornes de belon (tadorna tadorna) ou ringands (terme local).

La silhouette typique du grand cormoran  (phalacrocorax carbo).

Le phoque gris et le veau marin sont les principales espèces de phoques qu'on peut observer en baie de Somme. Un idée de l'espèce de celui-ci ?

Le même en vidéo (qualité médiocre malheureusement) : L'objet avec lequel il joue à la fin est la douille en plastique d'une cartouche.

Baie d'Authie, côté vasières.

Baie d'Authie, du côté des dunes. L'endroit est symbolique de l'érosion du cordon dunaire. Ici, c'est même la forêt qui en fait les frais ! Avec la série de coefficients exceptionnels qui nous attendent au début de l'année prochaine, je me demande ce que ces arbres vont devenir...
Mais si on parlait un peu de quelques plantes ...

L'onagre (œnothera) se retrouve souvent sur les dunes et se repère facilement avec ses grandes fleurs jaunes. Elles ne s'ouvrent en principe que la nuit. La racine de cette plante bisannuelle peut être consommée comme légume dans sa première année.

Ce buisson et surtout ses baies me rappellent que cette année, j'ai complètement loupé les argouses (hippophae rhamnoides). Bien qu'encore accrochés aux branches, les fruits sont maintenant passés (on le voit à leur couleur délavée). Dommage, je me serais bien fait un peu de sirop.

Au milieu des graminées dunaires, on trouve souvent de belles rosettes de laiteron maraîcher (sonchus oleraceus). Avec la fin de  l'automne, c'est en effet le début de la période des salades hivernales. Il est donc temps de passer à la cueillette !

Mais attention, choisissez bien l'endroit : la baie de Somme et la baie d'Authie comptent plusieurs zones de réserves dans lesquelles la cueillette est interdite...

Par ailleurs, si vous les cueillez dans le sable, avant de les préparer, pensez à les laver énergiquement à plusieurs eaux, parce que sinon, ça va craquer sous les dents !

De mon côté, j'ai opté pour une préparation d'inspiration coréenne.

Préparation de la sauce :
Faire revenir 200g d'échalote finement hachée dans trois cuillères à soupe d'huile de sésame. Lorsque les échalotes sont translucides, réduire le feu, ajouter 2 cuillères à soupe de pâte miso (j'ai utilisé de la pâte brune), un bon verre de mirin, une cuillère à soupe de sucre, une cuillère à soupe de sauce soja et une cuillère à café de piment en poudre. Mélanger pour obtenir un mélange homogène : la sauce est prête.
Pour le reste :
Plonger les rosettes de laiteron entières dans de l'eau bouillante salée pendant 5 minutes. Puis les transférer dans de l'eau froide pour stopper leur cuisson. Les égoutter puis les presser pour en évacuer un maximum d'eau. Les couper en tronçons de 3 à 4 centimètre, les mélanger avec un peu de sauce, du vinaigre de riz et des graines de sésame doré pilées. 
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