A la découverte des richesses culinaires naturelles, plantes sauvages comestibles, champignons et bien plus encore...

dimanche 5 juillet 2009

Simplement délicieux

Le risotto est vraiment un plat intéressant. Sur la base du riz et de sa cuisson, les variations sur le thème sont infinies. Aujourd’hui, c’est le chénopode blanc qui a gagné le droit de participer au jeu. Mais ça aurait pu tout aussi bien être un autre de ses cousins parmi les épinards sauvages, des orties ou encore du plantain.

Chénopode blanc, chou gras, ansérine ou patte d'oie

Je suis bien certain que ma manière de le préparer ne satisfera pas les puristes du risotto, mais c’est toujours comme ça quand je suis devant mes casseroles : impossible de suivre une recette à la lettre ! C’est bien embêtant quand il faut les retranscrire car il m’arrive d’oublier de petits détails. Quand on a les doigts gras, pleins de farine ou de sucre (je vous rassure, ni farine ni sucre dans ce risotto. Même si je ne suis pas un puriste, il y a des limites !), difficile de tout écrire en « live ».

Risotto au chénopode blanc

Ingrédients (pour 4) :

  • 150g de feuilles de chénopode blanc
  • 200g de riz (type arborio)
  • 1 oignon
  • 2 gousses d’ail
  • 40g de beurre
  • 60g de parmesan râpé
  • 125cl de bouillon de volaille (à ajuster selon la variété du riz)
  • 20cl d’eau très froide
  • Risotto au chénopode blanc décoré avec quelques fleurs d'épilobe à grandes fleurs

Préparation :

  • Chauffer 3 cuillères à soupe d’huile d’olive dans un wok (c’est une forme idéale pour préparer le risotto)
  • Ajouter 20g de beurre et lorsqu’il est bien mousseux, ajouter l’oignon préalablement haché
  • Faire revenir 2 minutes en veillant à ce que l’oignon ne se colore pas
  • Ajouter le riz (non lavé)
  • Le cuire pendant plusieurs minutes en s'assurant de bien le napper, et en évitant toujours la coloration
  • Les grains du riz doivent être translucides
  • Verser l’eau sur le riz et veillant à le remuer pour qu’il boive de manière homogène
  • Lorsque l’eau est bue, rajouter le bouillon louche par louche en attendant bien que la louche précédente ait été bue par le riz, et en remuant toujours régulièrement
  • Lorsque la moitié du bouillon a été utilisée et juste avant la prochaine louche, ajouter le chénopode préalablement haché ainsi que l’ail (pressé), et la moitié du parmesan râpé
  • Continuer comme avant jusqu’à l’avant dernière louche
  • Incorporer ensuite le reste du beurre et finir avec le bouillon
  • Attention de ne pas trop le dessécher, le risotto doit être crémeux tout en gardant ses grains « al dente »
  • Saupoudrer avec le reste du parmesan râpé juste avant de servir

Dommage que je n’ai pas ramassé plus de chénopode, j’en aurais bien fait encore un peu !

Petit détail : les fleurs utilisées pour la décoration, c'est de l'épilobe à grandes fleurs, comestible lui aussi.

Epilobe à grandes fleurs, épilobe hirsute

mardi 30 juin 2009

Expérience

Alors que je commence à écrire ces lignes, je ne sais pas encore si elles seront publiées car la tentative de ce soir est assez incertaine : un clafoutis revisité avec 3 plantes sauvages à ombelles (des apiacées pour les puristes), toutes très parfumées.
 

Criste marineCelle dont j’attends le plus, mais aussi celle sur laquelle j’ai le plus d’incertitude, c’est la criste marine. Il s’agit des derniers brins ramenés de Bretagne il y a maintenant plus d’une semaine. C’est étonnant à quel point ils ont duré. Sa saveur salée mêlant fenouil et carotte a un gros potentiel. Je me demande bien ce que ça va donner.
 

Egopode podagraire ou encore herbe aux gouteuxEnsuite, il y a l’égopode. J’aurais bien aimé en prendre quelques photos en fleur mais celles-ci sont déjà passées. Tant pis pour les photos, mais les feuilles sont toujours là et ça tombe bien car c’est elles qu’on utilise.
 

Berce sphondyle, grand berce ou branc ursinePour finir, les quelques boutons de berce me restant de ce week-end ajouteront d’autres saveurs mais surtout un peu de matière.

A l’ouverture du four, les effluves légèrement iodés m’inquiètent. Difficile de faire preuve de patience mais c’est chaud, trop chaud pour goûter immédiatement. Alors en attendant, voici la recette...

Clafoutis de criste, égopode et berce

Ingrédients (pour 8 tartelettes) :

  • 150g de sucre en poudre
  • 100g de farine
  • 25cl de lait entier
  • 3 œufs
  • 1 pincée de sel
  • 100g de boutons de berce
  • 30g de criste marine
  • 20g de feuilles d’égopode
  • Un peu de beurre et de farine pour les moules
Clafoutis de criste, égopode et berce

Préparation :

  • Commencer par mélanger la farine, le sucre et le sel
  • Incorporer les œufs pour obtenir un mélange sans grumeau, puis le lait
  • Réserver
  • Préchauffer le four à 180°C
  • Bien laver puis essorer les différentes plantes
  • Découper la criste et l’égopode en petits morceaux et les boutons de berce en rondelles avant de tout mélanger ensemble
  • Chemiser (beurrer et fariner) huit moules à tartelette ou un moule à tarte plus grand
  • Répartir les plantes et verser l’appareil par dessus
  • Enfourner les tartelettes pour 20 minutes environ (un peu plus longtemps avec un moule à tarte)
  • A la sortie du four, laisser les clafoutis se rétracter avec de les démouler

Ca y est, les tartelettes sont tièdes et ... c’est bon ! Encore une saveur impossible à décrire, mais c’est excellent. Personne sous la main ce soir pour confirmer, on verra demain...

Ajout du lendemain : au boulot, mes cobayes ont apprécié ces petits clafoutis (6 dégustateurs et dégustatrices en tout). Seule remarque : un peu trop sucré. A réessayer donc en équilibrant farine et sucre (125g de chaque).

lundi 29 juin 2009

Une bonne p'tite tarte

La semaine dernière, j’écrivais un billet à propos de la grande famille des chénopodiacées. Aujourd’hui, en voici deux des représentants les plus communs à tel point qu'ils ont tous deux le statut de mauvaise herbe. Ce sont pourtant parmi les plus savoureux.

Chénopode blanc, patte d'oie, ansérine ou encore chou grasLe meilleur des deux (point de vue personnel et totalement subjectif) : le chénopode blanc. Il doit son nom à la couleur des poils recouvrant ses feuilles et se détachant facilement au toucher. Ils donnent un aspect farineux à la plante, surtout sur les parties hautes. « Chénopode » est la racine grecque de « patte d’oie », un autre de ses noms inspiré par la forme de certaines de ses feuilles. Au Québec, on le connait aussi en tant que « chou gras ». Son goût est caractéristique et mériterait un peu plus de reconnaissance. Il fût même un temps où il était cultivé.

Amaranthe réfléchieUn peu moins gouteux : l’amaranthe. Les grands épis façon plumeaux constitués par les fleurs ont valu à certaines d’être cultivées comme plantes décoratives. Celles qui nous intéressent sont tellement quelconques qu’on imagine difficilement qu’elles soient comestibles, et encore moins qu’elles soient bonne, tout simplement.

On retrouve souvent l’une et l’autre dans les mêmes endroits (comme la photo de l'amaranthe le montre). Elles ont la fâcheuse tendance à apprécier les lieux peu propices à la cueillette tels que décombres, chantiers, terrains vagues et bordures de champs. Alors quand on les trouve dans un endroit sain, il faut en profiter.
 

Tarte aux épinards sans épinard

Tarte aux épinards sans épinard

Ingrédients (pour une tarte de 28cm de diamètre) :

  • Pâte brisée (2 fois plus de farine que de beurre, de l’eau et un peu de sel)
  • 100g de feuilles d’amaranthe
  • 150g de feuilles de chénopode blanc
  • 3 œufs
  • 20cl de crème fraiche
  • 10cl de lait entier
  • 75g de fromage râpé (type emmental)
  • 40g de beurre
  • Sel et poivre

Préparation :

Tarte aux épinards sans épinard
  • Mettre le four à préchauffer à 180°C
  • Hacher grossièrement les feuilles après les avoir lavées et essorées
  • Faire fondre le beurre dans une poêle et ajouter les feuilles hachées pour les cuire à feu doux pendant environ 5 minutes
  • Saler et poivrer avant de retirer du feu et de laisser tiédir
  • Dans un grand bol, mélanger les œufs, la crème, le lait et la moitié du fromage râpé
  • Incorporer les herbes pour obtenir un mélange homogène
  • Etaler la pâte au fond d’un moule à tarte (chemisé avec un peu de beurre et de farine ou sur une feuille de papier cuisson)
  • Marquer quelques trous à la fourchette au fond de la pâte avant d’y verser et de répartir l’appareil
  • Saupoudrer du reste de fromage râpé
  • Enfourner pour 30 minutes environ

Note : je n'avais pas assez ni de l'un ni de l'autre pour faire une tarte entière, c'est pour cette raison que j'ai mélangé les deux. Je suis pourtant convaincu que 100% de l'un ou de l'autre aurait été tout aussi bon.

dimanche 28 juin 2009

Les goûts et les couleurs ...

Chemin bordé de berceLe cerveau est vraiment un organe étrange. Lorsqu’il découvre de nouvelles saveurs, il cherche toujours à les classer dans des cases. En dehors de celles qui sont innées comme le sucré, le salé, l’amer et l’acide, les autres cases sont patiemment construites par l’éducation gustative, et fortement teintées par l’environnement culturel. Du coup, alors que les thaïlandais fondent devant un fruit comme le durian, celui-ci agira comme un répulsif pour les occidentaux. Et c'est exactement l'inverse avec un camembert bien fait (a vrai dire, même ici ça ne fait pas l'unanimité...).

Le goût peut donc s’apprendre. De la même manière qu’on peut s’habituer au durian (désormais, il m’arrive même d’en acheter), on peut aussi s’habituer à certaines sauvages « inclassables ».

Berce sphondyle, grande berce, branc ursine

C’est un peu le cas de la berce. Sa saveur, qui laisse rarement indifférent, ne trouve pas d’équivalent chez les plantes cultivées. Passée la surprise, la noix de coco et les agrumes sont effectivement présents (comme on le lit souvent), mais ce ne sont que des approximations et il y a autre chose.

Bouton de berce tout juste éclosLe plus simple pour faire connaissance est d’en goûter un morceau cru : prendre une jeune tige bien tendre, l’éplucher afin d’enlever la pellicule fortement poilue tout autour et croquer un morceau. C’est rafraichissant, très légèrement sucré, et avec un goût ... de berce.

En ce moment, elle est en pleine floraison. Déjà bien avancée dans l’ouest où j'étais il y a une semaine, elle est encore au stade de boutons en région parisienne. Les boutons, c’est finalement ce que je préfère. Ils forment une poche dans laquelle la future ombelle est enfermée toute compressée. En dehors des graines, c’est sans doute la partie la plus parfumée. Pour changer des inévitables « brocolis de berce », voici donc une recette qui exploite la saveur prononcée des boutons.

Blancs de volaille et berce aigres-doux

Ingrédients (pour 4) :

Un bouton de berce parfait pour cette recette
  • 500g de blanc de poulet
  • 200g de boutons de berce pas trop avancés (entre 20 et 40 boutons selon leur taille)
  • 40g de sucre en poudre
  • 4 cuillères à soupe de vinaigre
  • 2 cuillères à soupe de sauce soja
  • 40g de beurre
  • 4 cuillères à soupe d’huile de tournesol
  • Sel et poivre

Préparation :

  • Prélever les boutons en coupant la tige juste en dessous et au dessus en prenant soin de conserver l’enveloppe dans sont intégrité
  • Après les avoir nettoyés, les gratter légèrement pour enlever le maximum de poils
  • Couper chacun des boutons en deux dans le sens de la largeur
  • Les plonger dans de l’eau bouillante salée pendant une bonne minute
  • Les refroidir ensuite dans de l’eau froide puis les réserver après les avoir égouttés
  • Mettre à chauffer une grande poêle
  • Verser 4 cuillères à soupe d’huile puis lorsqu’elle est bien chaude, ajouter le beurre
  • Lorsqu’il est fondu, faire dorer des deux cotés les blancs de poulet découpés en 12 morceaux de taille égale
  • Baisser légèrement le feu avant d’ajouter le sucre en poudre
  • Commercer à caraméliser le sucre sur le poulet puis arroser avec le vinaigre et la sauce soja
  • Ajouter aussi la berce et cuire le tout en veillant à bien napper jusqu’à ce que le liquide devienne crémeux
  • Saler, et poivrer avant de servir
Blancs de volaille et berce aigres-doux

jeudi 25 juin 2009

Une famille nombreuse incontournable

Dolmen disposé en allée couverteVoici le dernier article consacré aux plantes récoltées le week-end dernier, conclusion de mon escapade sur les côtes bretonnes.

Parmi ces plantes, les chénopodiacées sont largement majoritaires. Cette grande famille compte dans ses rangs certaines des meilleures sauvages, ainsi qu’une variété impressionnante de formes, de saveurs et de textures. Elle compte aussi quelques plantes cultivées incontournable.

Rien que sur la récolte du week-end, je peux citer la bette maritime, l’obione, l’arroche ou encore la salicorne. Mais cette famille ne s’arrête pas à ces quatre représentants. Les fidèles du blog ont également pu lire quelques lignes à propos de l’amaranthe, du chénopode bon-Henri ou encore du chénopode blanc. En passant du côté des cultivées, on peut également ajouter un habitué des rayons « commerce équitable » ou « bio » : le quinoa, le plat préféré du Popeye : les épinards, et d’autres encore comme la betterave ou les blettes.

Quelle famille ! Mais ce n’est pas fini car cette grande lignée de cousines a un autre attrait : ils sont riches en protéines.

Filet mignon accompagné d’une bande de cousines sauvages

Ingrédients (pour 4 personnes) :

  • 600g de filet mignon
  • 150g de salicorne
  • 100g de feuilles d’obione
  • 100g de feuilles de bettes maritime
  • 100g de feuilles d’arroche
  • Farine
  • Huile de tournesol
  • Beurre salé
  • Poivre
Filet mignon accompagné d’une bande de cousines sauvages

Préparation :

  • Bien laver les plantes
  • Les ébouillanter une minute avant de les plonger dans de l’eau froide
  • Les égoutter et réserver
  • Découper le filet mignon en médaillons d’environ 3cm d’épaisseur
  • Bien les rouler dans la farine de sorte à ce qu’elle les recouvre en intégralité
  • Placer une grande poêle sur le feu
  • Lorsqu’elle est bien chaude, y verser 4 cuillères à soupe d’huile avec un peu de beurre
  • Lorsque le beurre est fondu, placer les médaillons
  • Bien les cuire sur toutes les faces et sur les côtés en essayant de préserver la croute formée par la farine cuite
  • Avant la fin de cuisson du filet mignon, mettre une autre poêle à chauffer
  • Y faire fondre un bon morceau de beurre puis réchauffer les plantes sauvages en veillant de bien les napper
  • Un ou deux tour de moulin à poivre et il n’y a plus qu’à dresser

Remarque : cette technique de cuisson pour le filet mignon est une de mes préférées. La croute qui se forme lorsque la farine cuit permet de conserver le moelleux de la viande. Il faut juste éviter de trop la cuire...

mercredi 24 juin 2009

Salade côtière

Je ne pensais pas avoir ramené autant de choses de mon petit voyage en Bretagne. En plus des quelques boites que j’ai congelée, il me reste encore pas mal de choses. Alors pour faire un peu de place dans le frigo, il y a une solution toute simple : on mélange tout !

Obione et salicorne entremêlées   Criste marine
 
Arroche   Ail sauvage
 
Bette maritime

 
Salade côtière

Ingrédients :

  • Salicorne
  • Arroche
  • Bette maritime
  • Obione
  • Criste marine
  • Tomate
  • Saumon fumé
  • Crevettes grises décortiquées
  • Huile de colza
  • Quelques têtes d’ail en fleur
  • Vinaigre de cidre

Préparation :

  • Ebouillanter séparément les différentes plantes sauf les fleurs d’ail : 30 secondes pour les plus tendres comme l’arroche, 2 minutes pour les plus fermes comme la criste
  • Après cette cuisson express, plonger immédiatement les plantes dans de l’eau très froide afin de stopper la cuisson
  • Bien égoutter
  • Découper la tomate et le saumon en petits cubes
  • Mélanger le tout
  • Arroser d’un filer d’huile et de vinaigre
  • Finir en parsemant quelques fleurs d’ail égrainées

C’est frais, c’est plein de saveurs ... c’est bon, tout simplement.

mardi 23 juin 2009

Grand-écart géographique

Ceux qui ont déjà lu quelques uns de mes billets savent peut-être que je suis né dans le Dauphiné (Drôme plus précisément). Une des spécialités emblématiques de cette région, c’est le gratin dauphinois. Il en existe autant de variantes que de familles et je me suis dis que ce serait amusant de rajouter ma pierre à l’édifice.

Gratin dauphinois latino-celte

Bien entendu, il était impossible de se contenter de pommes-de-terre. Le cahier des charges s’est imposé tout naturellement en deux points.

Un : utiliser au moins une des plantes récoltées ce week-end en Bretagne. Avec ses grandes feuilles toutes fines, c’est la laitue de mer qui a gagné.

Deux : se contenter de ce que j’avais chez moi. Comme un gratin, ça se gratine, il me fallait un peu de fromage. Le seul qui me restait était une très bonne et très parfumée mozarella di buffala.

Chose amusante, coïncidence heureuse ou hasard géographique : tracez un segment entre d’un côté l’extrême ouest du Finistère et de l’autre l’arrière pays napolitain, rechercher où se trouve le milieu de ce segment et vous trouverez : le Dauphiné !
 

Gratin dauphinois latino-celte

Ingrédients (pour un petit plat à gratin ou 4 parts) :

  • 600g de pommes-de-terre
  • 150g de feuilles de laitue de mer fraiche égouttée
  • Beurre
  • 15cl de crème liquide
  • 75g de mozarella di buffala
  • Sel
Gratin dauphinois latino-celte

Préparation :

  • Préchauffer le four à 180°C
  • Eplucher les pommes de terre, les couper en fines lamelles
  • Beurrer le plat à gratin avant de recouvrir le fond d’une première couche de lamelles
  • Etaler une couche uniforme de feuilles de laitue de mer
  • Recouvrir d’une couche de pommes de terre, puis d’une couche d’algues et recommencer l’opération jusqu’à avoir tout utilisé, en prenant soin de finir par une couche de pommes-de-terre
  • Saler légèrement (ajuster en fonction de la salinité des algues)
  • Recouvrir avec la crème puis avec la mozarella réduite en petits morceaux
  • Enfourner entre 45 minutes et 1 heure (en fonction de la variété des patates, et de la quantité d’eau que les algues restitueront)

Accompagné d'un petit rosé cabernet d'Anjou bien frais, le résultat est tellement bon qu’il se suffit à lui-même.

Remarque : c’est bien dommage de devoir préciser « di buffala » pour la mozarella, mais c’est nécessaire pour en avoir de la vraie, faite avec du lait de bufflonne. Celle qu’on trouve sous l’appellation « mozarella » (tout court), insipide et beaucoup moins fondante au cœur, est faite avec du lait de vache.

lundi 22 juin 2009

Chlorophylle marine

A l'exception des feuilles séchées de nori qui me servent régulièrement à confectionner des makis (j'adore ça), les algues sont des plantes que j'utilise rarement.

Probablement des haricots de mer, mais dans le doute, j'ai préféré ne pas tester

La première raison est toute simple : n'habitant pas en bord de mer, ce n'est pas tous les jours que je peux me promener au bord de l'eau pour m'adonner à leur récolter.
La seconde raison est plutôt d'ordre technique : contrairement aux plantes terrestres pour lesquelles les bouquins traitant du sujet sont légion, impossible de mettre la main sur un ouvrage grand public permettant l'identification des algues.

Heureusement, il y en a une que je sais reconnaitre : la laitue de mer. Ses feuilles vert translucide pleines de chlorophylle sont faciles à trouver. Elles se repèrent de loin et sont souvent accessibles à marée basse, sans même avoir à se mouiller les pieds.

Laitue de mer

Côté dégustation, elle peut se manger aussi bien crue que cuite et il est aussi possible de la sécher :
 - Crue, on a un peu l'impression de mâcher du plastique, raison pour laquelle il est préférable de la hacher en lambeaux très fins. Mélangée à une salade ou un peu de fromage frais, elle apporte un goût marin prononcé.
 - Séchée, elle peut être réduite en poudre et utilisée en assaisonnement.
 - Cuite par un rapide passage dans de l'eau bouillante, elle prend une consistance plus agréable et peut être utilisée comme des épinards. Elle peut également être intégrée à de la pâte pour confectionner un pain aux algues, idéal pour confectionner des toast.

 
Pain d'épeautre à la laitue de mer

Pain d'épeautre à la laitue de mer

(Recette à éviter si vous n'aimez pas les odeurs iodées ou alors à faire dans une cuisine bien aérée)

Ingrédients (pour un pain de taille moyenne) :

  • 250g de farine d'épeautre
  • 50g de flocons d'épeautre
  • 1 sachet de granules de levure de boulanger
  • Quelques pincées de sel
  • Entre 100 et 200g (selon le niveau d'hydratation) de laitue de mer juste égouttée mais pas pressée

Préparation :

  • Diluer la levure dans un verre d'eau tiède
  • Hacher finement la laitue de mer
  • Dans un grand bol, mélanger 200g de farine, les flocons, le sel (attention à la quantité, les algues en apportent déjà), la levure diluée, et un peu d'eau jusqu'à obtenir une pâte relativement ferme
  • Y intégrer la laitue de mer puis les 50g restant de farine et ajouter éventuellement un peu d'eau si la pâte est trop épaisse (l'incorporation de la farine en deux temps permet de rectifier la quantité d'eau dans la pâte en fonction de celle restituée par les algues)
  • Lorsque l'appareil est homogène, le laisser reposer deux heures dans le bol, recouvert d'un linge humide
  • Au bout de deux heures, préchauffer le four à 225°C
  • La pâte a maintenant au moins doublé de volume
  • Constituer un grand ou plusieurs petits pains de la forme que vous souhaitez sur une plaque farinée
  • Enfourner lorsque les 225°C sont atteints et cuire pendant environ 20 minutes (à ajuster en fonction de la forme et de la taille des pains)
  • Sortir du four et laisser tiédir
Une petite tartine au beurre délicieusement iodée

Difficile de résister à l'envie d'en prélever un morceau encore tiède pour y faire fondre une noix de beurre salé. Si comme moi vous avez tendance à craquer, prévoyez de faire au moins deux pains : celui dans lequel on tape tout de suite, et celui qu'on sert à table !

Remarque : plus goûteux que le blé, l'épeautre me semblait plus adapté pour apporter l'équilibre gustatif et le résultat est effectivement très satisfaisant. La prochaine fois, je testerai aussi avec du blé...

dimanche 21 juin 2009

Phare ouest

MoulesAprès un week-end prolongé entre Finistère et Calvados (merci Mme RTT), me voilà de retour avec les bagages plein de nouvelles récoltes. Entre la laitue de mer et les moules ramassées à marée basse, la criste marine cueillie au milieu des rochers, l’aroche et la bette maritime récoltées de-ci de-là, la salicorne et l’obione trouvées au bord des marais salés, j’ai de quoi faire... Cette semaine sera donc iodée sur le blog.

Les moules étant la récolte qui se conserve le moins longtemps, c’est avec elles qu’on commence.

Elles n’étaient pas énormes mais d’une taille suffisante et surtout très nombreuses. Quelques rochers plus loin, il y avait même des huitres. Elles épousaient tellement bien les contours de la pierre que seul un marteau et un burin aurait pu les en déloger. Mais quand on est gourmand, on ne s’arrête pas à ce genre de détail. Ouvertes à même le rocher pour être aussitôt dégustées, elles n’en sont que meilleurs. Et puis ce n’est pas avec cette technique qu’on risque l’indigestion, surtout de bon matin pour le p'tit dèj !

Huitre collée à son rocher

Une dizaine de mètres au dessus, les touffes de criste marine et leurs petites ombelles vertes me lançaient de grands appels.

Criste marine ou fenouil de mer

C’était la première fois que j’en cueillais, et dans mon impatience d'y goûter, je n’ai pas pu attendre. Après un bref lavage à l’eau de mer, un rinçage à l’eau douce, la dégustation de quelques brins a été une vraie surprise. On l'appelle aussi fenouil de mer et on comprend pourquoi. Imaginez la saveur qu'aurait un mélange concentré de fenouil, de carotte, de panais et de céleri, avec une note salée en plus. On pourrait la déguster seule en salade si son goût n’était pas si fort.

Salicorne

Avec salicorne et obione pour accompagner les moules et atténuer la force du parfum de la criste tout en restant dans le « iodé », les ingrédients de cette première recette sont trouvés.

Obione, ou encore halimione

 
Moules aux saveurs du littoral

Ingrédients :

  • Vin blanc sec
  • Eau
  • Moules fraiches
  • Criste marine, obione et salicorne en quantités égales
  • Un peu de beurre
Moules aux saveurs du littoral

Préparation :

  • Bien brosser et laver les moules
  • Porter à ébullition un mélange d’eau et de vin blanc sec (en quantité égale)
  • Effeuiller l’obione, ôter les parties ligneuse de la salicorne, retirer les branches de criste les plus dures
  • Laver les plantes avant de les ébouillanter pendant 2 minutes puis retirer et refroidir avant de réserver (ne pas jeter le liquide qui a été parfumé et qui va servir à cuire les moules)
  • Plonger ensuite les moules dans le liquide bouillant jusqu’à ce qu’elles s’ouvrent
  • Faire revenir rapidement la criste, l’obione et la salicorne dans un peu de beurre avant de les servir avec les moules

Remarque : Le liquide de cuisson peut être conservé et transformé en sauce. Il suffit de le filtrer et de l'utiliser pour mouiller un roux blanc.

Important : La salicorne est une espèce protégée en Nord-Pas-de-Calais.

mardi 16 juin 2009

Sauvagement dingue

Pas de nouvelle recette aujourd'hui. Après un week-end sans récolte (y a pas qu'ça dans la vie...), rien de nouveau à se mettre sous la dent. Rien de nouveau ou presque...

Ma cueillette n'a pas été réelle mais virtuelle. Il s'agit d'un évènement incontournable et qui a eu lieu il y a tout juste quelques jours (le 13 juin précisément) : le championat du monde des mangeurs d'orties. En VO, ça donne "the world stinging nettle eating championship". Pour plus de détails, vous pouvez vous rapporter à l'article de wikipedia (en anglais). On est loin du cake aux orties !!!

Video

Globalement, l'histoire est la suivante :
Le concours a été créé en 1986 lorsque deux fermiers se disputèrent pour savoir qui possédait les terres qui hébergeaient les plus grandes orties. Francis Vincent, la tenancière du pub dans lequel l'altercation se déroulait fit alors le commentaire suivant : "Qu'est-ce qui vous fait penser que vous avez les plus grandes orties ? Nous allons organiser une compétition ouverte à tout le monde dans les environs et nous verrons bien qui a les plus grandes orties". Au bout de trois années de compétition, lorsqu'il présenta une ortie de 4,77m, Alex Williams (brancardier et ex-militaire) déclara : "si quelqu'un me bat, je la mange". Un couple américain en vacances dans la région présenta alors une ortie de 4,92m et Alex tint parole en mangeant l'ortie sur le champ.

Depuis, la compétition a un peu évolué, le principe étant de dévorer toutes les feuilles de la plus grand longueur cumulée d'ortie. Les records actuels nécessitent plusieurs pieds :
- 10,45m pour le record féminin détenue par Jo Carter
- 16m pour le record masculin détenu par Samuel Ellis

Je n'ai pas trouvé de video de cette année. C'est donc une de l'an dernier que je vous propose.

 

Remarque importante concernant l'identification des plantes : C'est volontairement que je ne donne pas d’indications précises permettant leur identification. Je vous invite à vous plonger dans la littérature spécialisée (les ouvrages listés au bas du bandeau de droite par exemple) et à demander conseil auprès d'un spécialiste (pharmacien, herboriste). En cas de doute, mieux vaut ne pas cueillir plutôt que prendre le risque d’une grave intoxication.