dimanche 12 mai 2019
Beignets de plantes sauvages (2/3)
Après une telle série, j'aurai définitivement eu ma dose de friture pour le mois de mai !
Donc, aujourd'hui, on continue sur le salé, mais en changeant de plantes, en utilisant celles trouvées hier sur la côte normande ou à ses abords.
Pour la pâte, je ne change pas une recette qui marche et j'ai donc utilisé la même recette que pour l'article précédent, à savoir :
Mélanger 100g de fécule ou de farine de riz, 100g de farine T45, un œuf, une bonne pincée de sel et un à deux verres d'eau glacée (quantité à ajuster pour obtenir une pâte fluide mais bien nappante). Pour obtenir des beignets bien croustillants, la pâte devra être maintenue la plus froide possible (dans un bain-Marie de glaçons par exemple).
Pour leur réalisation, il suffira alors de plonger les plantes dans la pâte à beignets, de s'assurer qu'elles sont bien nappées en intégralité et finalement de les plonger dans une huile de friture à 170°C. Après trois minutes dans le bain bouillant, on les met à égoutter sur une feuille de papier absorbant pour les consommer rapidement, encore chauds et bien croustillant...
Et voilà ce que ça donne (pour mieux se repérer, chaque beignet est accompagné de la plante brute utilisée pour le faire) :
Ces beignets sont tous excellents, mais je dois avouer que les aulx, la bette et l'aster maritime sont mes préférés !
jeudi 23 avril 2015
Promenade ensoleillée sur la côte
Snack à l'aster maritime
Ingrédients :
- Un grand saladier de feuilles d'aster maritime
- Un gros oignon
- De la poitrine de porc
- Poivre
- Des tortillas pour fajitas
- Un peu d'huile d'olive
- Plonger rapidement les deux tiers des feuilles d'aster dans de l'eau bouillante
- Les égoutter et les presser pour en évacuer l'eau avant de les hacher
- Faire revenir l'oignon finement émincé et les lardons dans une poêle avec un peu d'huile
- Couper le feu et incorporer les deux tiers d'aster cuite, poivrer et réserver au chaud
- Découper en lamelles pas trop fines le tiers restant des feuilles restées crues et les mélanger avec le reste
- Utiliser cette farce pour remplir des cornets façonnés avec les tortillas qu'il n'y a plus qu'à déguster encore chauds
mardi 1 octobre 2013
Encore un peu de verdure
Sur place, c'en est désormais fini de la salicorne, maintenant trop avancée : seules ses extrémités ont conservé l'aspect charnu qui la rendait aussi attractive. Le reste de la plante s'est asséché pour ne laisser que de fines branches ligneuses, inexploitables.
C'en est presque aussi fini de l'aster maritime dont la plupart des fleurs (des étoiles bleutées au cœur d'or) sont désormais fanées et dont les grandes feuilles ne sont qu'un lointain souvenir du printemps, lorsqu'elles n'avaient pas encore monté.
Pour le gourmand que je suis, il reste bien les feuilles réparties le long des tiges, dans lesquelles on retrouve toutes les saveurs de la plante, mais elles sont trop petites et peu pratiques à cueillir du fait de l'absence de pétiole. Mais dans de telles situations, il faut savoir persévérer...
... car finalement, à y regarder plus attentivement, quelques dizaines de centimètres au dessous du niveau des fleurs, prenant naissance directement dans le sol humide, de belles feuilles bien charnues sont bel et bien présentes. Ces retardataires (à moins qu'il ne s'agisse de téméraires de la nouvelle génération) sont couvertes d'un fin dépôt limoneux apporté par les récentes marées d'équinoxe. De fait, il faut un certain temps pour habituer le regard à ce camouflage et ainsi pouvoir en récolter quelques poignées.
Un peu plus loin de l'eau, dans une zone située à l’abri des marées (même de celles d'équinoxe), les fauchages de cet été ont réactivé une douzaine de pieds de bette maritime. Alors qu'un peu partout, leurs congénères ont dispersé leurs graines et se laissent lentement dépérir, celles-ci présentent de magnifiques rosettes débordant de belles et grandes feuilles charnues.
Dans un élan altruiste et totalement désintéressé, nous nous empressons de les mettre dans nos sacs, à l'abri d'un nouveau fauchage...
- 350g de feuilles avec côtes de bette maritime et/ou d'aster maritime (proportions selon les goûts, mais utiliser plutôt la bette en majorité)
- 1 gros oignon
- 2 gousses d'ail
- 50g de beurre
- 75g d'emmental râpé
- 2 bonnes cuillères à soupe de curry de Madras en poudre
- 12 feuilles de brick
- 1 œuf
- Une pincée de sel
- Laver et égoutter les feuilles, puis les hacher en fines lanières
- Peler et émincer l'oignon
- Jeter le tout au fond d'une sauteuse dans laquelle on aura préalablement fait fondre le beurre
- Commencer la cuisson à feu moyen pour faire suer la verdure
- Ajouter ensuite un verre d'eau ainsi que l'ail haché et la poudre de curry
- Réduire le feu et continuer la cuisson jusqu'à ce que l'eau ait totalement été bue
- Laisser un peu refroidir avant d'incorporer le fromage râpé à ce mélange
- Constituer les samoussas en y répartissant la farce (utiliser l’œuf battu comme colle)
- Les cuire juste avant de les servir, soit au four (les huiler un peu avant de les enfourner pendant 5 bonnes minutes à 200°C), soit à la poêle (2 à 3 minutes sur chaque face dans un fond d'huile bien chaude)
mercredi 28 août 2013
D'une côte à l'autre
L'avantage avec une presqu'île comme celle du Cotentin, c'est qu'avec peu de kilomètres, en basculant côté Est ou côté Ouest, en montant au Nord ou en descendant au Sud, on change complètement de littoral : les plages deviennent des falaises, les galets se transforment en rochers, le sable laisse place au schorre, le granit rose se métamorphose en schiste bleu...
| Marée haute sur la côte Est, entre Carentan et Saint-Vaast-La-Hougue. Le sol limoneux est presque totalement submergé, seuls restent découverts quelques îlots. |
Du coup, même quand la marée n'est pas au plus bas, il y a toujours des choses à trouver sur le rivage, en particulier lorsque celui-ci borde des étendues limoneuses (voire vaseuses) de schorre comme c'est le cas sur la côte Est entre Saint-Vaast et Carentan. Sur les îlots végétaux que seules des grandes marées comme celles de la semaine dernière sont capables d'atteindre, poussent trois ou quatre plantes halophiles comestibles très intéressantes... On pourrait même en dénicher un peu plus en cherchant attentivement.
| La soude maritime (suaeda maritima), elle, est à peu près dans les temps. Du coup, elle est maintenant devenue un peu trop ligneuse à mon goût pour être encore utilisée. |
Au moment de passer en cuisine, ce sont les crabes rescapés du billet précédent qui ont dicté la recette qui suit...
Ingrédients (entrée pour 4)
- Quelques crabes (quantité à ajuster selon l'espèce et la taille, pour un poids d'environ 400g)
- Une poignée de belles feuilles d'aster maritime, pas trop grandes, mais avec un long pétiole (queue)
- Deux poignées de salicorne
- Mayonnaise (je ne met pas la recette, mais c'est quand même mieux quand on la fait maison, mais ici, ce sera sans sel, les halophiles en apportant déjà suffisament)
- Cuire les crabes en les plongeant quelques minutes dans de l'eau bouillante
- Les décortiquer et récupérer un maximum de chair (ne pas jeter les restes qui peuvent être utilisés pour préparer un fumet)
- Bien laver les plantes (elles sont utilisées crues dans cette recette)
- Récupérer les pétioles des feuilles d'aster et les hacher finement
- Les mélanger avec deux cuillères à soupe de mayonnaise et la moitié de la chair des crabes
- Répartir ce mélange en le posant sur chacune des feuilles d'aster pour former autant de bouchées
- Le reste de la chair peut ensuite être servi tel-quel avec la salicorne (voir la photo pour une suggestion de présentation)
Crues, la salicorne et l'aster maritime sont encore plus savoureuses, et surtout, elles ne neutralisent pas le goût du crabe. Avec un petit blanc sec ou un cidre bouché pour rester régional, c'est tout simplement excellent !
jeudi 13 juin 2013
Saveurs marines
| Bette maritime (beta vulgaris, sous espèce maritima). Cet ancêtre de nos betteraves (rouges et sucrières), blettes et autre poirets est une plante très commune sur le littoral. |
Ces deux-là sont parmi mes espèces sauvages préférées car elles ont une véritable signature gustative : une saveur immédiatement identifiable et qui leur est vraiment spécifique. Par ailleurs, cette saveur, bien que marquée, ne masque pas celle du reste des ingrédients auxquels on associe ces deux plantes.
Souvent données comme bisannuelles, mes constatations personnelles me laissent penser qu'elles sont capables de durer beaucoup plus longtemps. Et du coup, elles ont aussi la bonne idée de continuer à produire des feuilles exploitables presque tout l'année, même lorsqu'elles ont monté et qu'elles ont fructifié depuis belle lurette.
A cette période et dans les semaines qui suivent (c'est à dire en ce moment), les feuilles sont d'un beau vert, grandes et charnues. Les pétioles (et même le haut des tiges) de l'aster sont presque dépourvus de fils, croquants et juteux. Ceux de la bette semblent plus coriaces, mais c'est une ruse : cet inconvénient disparaît presque immédiatement dès la cuisson.
En gros, pour conclure sur ces deux plantes :
- on les cueille rapidement,
- on obtient très vite une grande quantité,
- il n'y a pratiquement pas de déchet,
- elles sont faciles à préparer,
- et on se régale !
Que demander de mieux ?
... Et bien peut-être quelques idées pour les préparer, même si c'est pas compliqué !
En voici deux, relativement simples...
| En plus de ce fromage aux herbes, les feuilles d'aster maritime peuvent être utilisées crues en salade ou comme ici, pour agrémenter un sandwich. |
Ingrédients :
- 150g de feuilles d'aster maritime
- 100g de de chèvre frais
- 20cl de crème entière liquide
- Un demi citron
- Poivre
Préparation :
- Mélanger le fromage de chèvre avec un tiers de la crème, le jus du demi citron et quelques tours de moulin à poivre
- Hacher finement les feuilles d'aster et les incorporer à cet appareil
- Fouetter le reste de la crème jusqu'à obtenir un appareil ferme et bien aéré
- L'incorporer doucement au reste de la préparation
- Filmer et placer au réfrigérateur pendant au moins deux heures
- A utiliser rapidement (en tartine, dans un sandwich, avec des pomme de terres cuites à la vapeur, les possibilités de manquent pas)
Ingrédients (pour 6 belles parts) :
- 200g de feuilles de bette maritime (sans leur pétioles, utilisables par ailleurs, coupés en segments dans un sauté par exemple)
- 100g de feuilles d'aster maritime
- 300g de semoule de mais
- 25cl de lait
- 25cl de fumet de poissons ou de crustacés
- 2 cuillères à soupe de fécule de maïs (type Maïzéna)
- Sel et poivre
Préparation :
- Passer au mixeur la bette, le lait et le fumet
- Mélanger ensuite avec la semoule, la fécule et les feuilles d'aster maritime hachées en fin lambeaux (entasser à plat les feuilles les unes sur les autres, puis les émincer au couteau)
- Verser le tout dans un moule beurré et fariné
- Enfourner à 180°C pour au moins 45 minutes (tester la consistance pour s'assurer de la tenue du gâteau)
- Délicieux accompagné d'un coulis de tomates !
jeudi 23 mai 2013
Estuaire
| Il n'y a pas que l'obione (halimione portulacoides) dans les estuaires. Rien que sur cette photo, on trouve les deux autres excellentes espèces comestibles dont je parle ci-dessous. |
| Cranson d'Angleterre (cochlearia anglica). Attention, espèce protégée dans certaines régions. |
Mais qu'à cela ne tienne, alors que juste à côté, de minuscules pousses de soude marine et de pousses de salicorne encore plus petites pointent le bout de leur nez (au mieux, il faudra attendre juin pour commencer à les cueillir), j'aperçois déjà la plante qui, j'en suis certain, fera mon bonheur : quelque mètres devant moi se dressent des bouquets de feuilles d'un beau vert qui tranche avec celui de l'obione. Bien que les fleurs bleutées de cette plante sont encore loin d'avoir fait leur apparition, ce que je vois devant moi ne laisse aucun doute : ce sont bien des oreilles de cochon ou plus précisément des feuilles d'aster maritime.
| Aster maritime (aster tripolium), ou oreilles de cochon. Très parfumée, elle est aussi bonne crue que cuite. Attention, espèce protégée dans certaines régions. |
Ingrédients :
- 350g d'aster maritime
- 250g de restes de poisson blanc (dorade, cabillaud, merlu, etc.) cuits et triés
- 3 oeufs
- 25cl de lait entier
- 200g de farine
- 1 sachet de levure chimique
- 4 cuillère à soupe d'huile de tournesol
- Sel et poivre
Préparation :
- Préparer la base de l'appareil en mélangeant la farine, la levure, quelques pincées de sel et de poivre, les œufs, le lait et l'huile, puis répartir en quantité égale dans deux grands bols et réserver
- Prélever la moitié basse des feuilles d'aster (celle avec la côte et éventuellement un peu de tige) et réserver le reste (le haut des feuilles)
- Blanchir les parties prélevées et bien les égoutter en les pressant
- Les hacher finement, puis y joindre le reste de l'aster, c'est à dire le haut des feuilles, préalablement émincées en julienne
- Incorporer le tout à une première moitié de l'appareil
- Émietter le poisson et l'incorporer à l'autre moitié de l'appareil
- Chemiser un moule à cake (beurrer et fariner)
- Y verser les deux appareils de la manière que vous voulez (l'un après l'autre, par quarts, etc.), le but étant que les deux couleurs forment des marbrures
- Enfourner pour 45 minutes environ dans un four préchauffé à 200°C
Notes :
- Les parties dures de l'aster sont blanchies pour qu'elles s'incorporent mieux à l'appareil et le reste ne l'est pas pour conserver un maximum des arômes.
- Pour en profiter au maximum, il vaut mieux utiliser du poissons dont la chair n'est pas trop forte.
Ah, et puis j'oubliais, si vous n'avez pas la chance de trouver de l'aster maritime pour cette recette, vous pourrez toujours vous rabattre sur l'obione, ou même la bette maritime, très commune sur tout le littoral. Le gâteau n'aura pas le même goût, mais en principe, il sera autant apprécié !
| Bette maritime (beta vulgaris sous-espèce maritima). |
mardi 25 septembre 2012
Bento crabe, oreilles de cochon et langue de boeuf
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Et voici le dernier billet de la série, concluant une longue période consacrée principalement au littoral. Maintenant que les champignons sont de retour (timidement pour l'instant), c'est le moment de reprendre le chemin de la forêt. En attendant, c'est indirectement grâce à mon travail (le vrai, celui qui fait rentrer des sous) que l'idée de cette recette m'est venue. Et pourtant, mon boulot n'a rien à voir ni avec la cuisine, ni avec les plantes. Mais le resto d'entreprise où je mange tous les jours à midi est en train de prendre un mauvais virage et sert désormais des repas qui ne donnent envie que d'une chose : aller voir ailleurs... Je me suis donc remis à préparer quelques bentos. Et j'ai bien entendu profité de mes dernières trouvailles sauvages du Cotentin. Comme par ailleurs, je venais de trouver tout à fait par hasard deux petites langues de boeuf pas trop avancées au pied d'une vielle souche de chêne totalement recouverte de mousse, c'était l'occasion de marier terre et mer. La saveur acidulée de ce champignon est vraiment surprenante et fait merveille dans les plats froids. |
Bento crabe, oreilles de cochon et langue de bœuf
Ingrédients (pour 1 personne) :
- 150g de langue de boeuf nettoyée, préparée
- 150g de chair de crabes (ici, du tourteau)
- 1 cuillère à soupe de mayonnaise
- 150g de riz cuit (riz rond)
- 100g d'aster maritime
- 3 brins d'honkénie faux-pourpier
- 1 feuille de nori
- 1/4 de concombre
- 1 gousse d'ail
- Huile de sésame
- 1 cuillère de mayonnaise
Préparation :
- Blanchir rapidement l'aster maritime, la gousse d'ail pelée mais entière
- Hacher grossièrement l'aster
- Débiter l'ail en petits cubes
- Mélanger l'aster et l'ail avec un peu d'huile de sésame et quelques fin segments de champignons
- Placer le tout dans un coin de la boite
- Placer la feuille de nori sur une natte
- En recouvrir la moitié d'une fine couche de riz
- Y placer une bande de segments de concombre, une bande de segments de champignon, une bande de chair de crabe (1/4 environ de la chair disponible)
- Rouler le tout pour former un cylindre uniforme
- Le débiter en tronçons de quelques centimètres
- Les placer eux aussi dans la boite en les calant avec quelques morceaux de champignons découpés façon sashimi
- Ajouter également le reste du riz, surmonté des brins d'honkénie
- Finir le remplissage de la boite avec le reste de la chair de crabe mélangée avec la mayonnaise
dimanche 23 septembre 2012
Bâtonnets de calamar panés sur lit d'oreilles de cochon
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Hein ? C'est quoi cette recette ? Je vous rassure tout de suite... Il n'y a pas de quoi paniquer : ces oreilles de cochon là, ce sont bien entendu des feuilles d'aster maritime. |
Pour mieux situer l'aster maritime, jeter un petit coup d'oeil [ici].
Bâtonnets de calamar panés sur lit d'oreilles de cochon
Ingrédients (pour 4) :
- 500g de feuilles d'aster maritime
- 500g de calamar (cornet)
- 50g de beurre
- 200g de farine
- 2 gousses d'ail
- Huile de tournesol
Préparation :
- Blanchir rapidement les feuilles d'aster (eau non salée, l'aster l'est déjà suffisamment)
- Une fois refroidies en les plongeant dans l'eau froide, les presser pour en évacuer l'eau
- Les hacher grossièrement
- Finir de les cuire dans 25g de beurre additionné d'un peu d'huile
- Juste avant de couper le feu, ajouter l'ail haché finement et bien mélanger
- Ne pas saler (l'aster l'est déjà suffisamment) et réserver au chaud
- Découper le calamar en bâtonnets
- Les rouler dans la farine
- Les saler légèrement
- Faire fondre 25g de beurre et autant d'huile au fond d'une poêle
- Y faire dorer rapidement les bâtonnets
- Dresser en plaçant les bâtonnets sur un lit d'aster cuite
- Ajouter par dessus quelques feuilles d'aster crues hachées en filaments
- Servir immédiatement




