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mercredi 30 septembre 2015

Quand petit champignon deviendra grand... très grand.

Au début, le pied bulbeux, massif (mais creux) est surmonté d'un petit chapeau refermé. Dès ce stade (et même avant), la couleur brune tigrée du pied et la texture écailleuse du chapeau permettent aux connaisseurs de l'identifier.

Partant d'un aspect que d'aucuns pourraient qualifier de phallique, le champignon s'étire et prend de la hauteur. Le chapeau lui aussi prend du volume, mais il reste toujours fermé. L'aspect général rappelle désormais une baguette de tambour dont la taille dépasse parfois 30 cm. 

Puis finalement, le chapeau s'ouvre comme un immense parapluie écailleux (généralement aux alentours de 20 cm de diamètre, mais pouvant même dépasser les 30 cm sur certains spécimens). Vestige des rebords du chapeau lorsque celui-ci était encore fermé, un double anneau épais est resté autour du pied (comme [ici]). En y regardant de plus près, cet anneau n'est pas collé au pied et peut même coulisser le long de celui-ci.

Ce grand et majestueux champignon, c'est bien entendu la lépiote élevée (macrolepiota procera), principalement connue sous le nom de coulemelle, mais aussi en tant que chevalier bagué, baguette de tambour, coucoumelle, et plein d'autres petits noms selon les régions.

Son chapeau a une chair très aérée et légère qui réduit énormément à la cuisson. Son goût, qui rappelle nettement la noisette, fait merveille avec les plats à la crème, mais pas uniquement. Sa forme, lorsqu'il est jeune, permet aussi toute sortes de préparations farcies.

Quant à son pied, dur et fibreux, il est souvent rejeté. Pourtant, pour peu qu'on prenne la peine de le hacher très finement, perpendiculairement aux fibres, il peut être utilisé pour préparer une duxelles très parfumée.

Quelle que soit la partie utilisée, il ne faut surtout pas faire l'erreur de laver ce champignon à l'eau, car c'est une vraie éponge. Un simple nettoyage à la main ou au pinceau suffit le plus souvent.

Autre détail intéressant : Si vous en avez trop cueillis, pas de panique car il est possible de les sécher, par exemple en enfilant les chapeaux le long d'une corde à linge . Une fois secs, stockés à l'abris de la lumière, ils peuvent se conserver plus d'une année sans aucun problème.

Et pour finir, une idée de préparation qui change un peu :

Palets de coulemelle croustillants au fromage.


Pour la préparation, rien de plus simple et c'est surtout de patience dont vous aurez besoin :
  • Sélectionner de beaux chapeau bien ouvert et plat
  • Commencer par tous les poser côte à côte à plat, lamelles vers le bas, sur une feuille de papier cuisson
  • Vaporiser uniformément un peu d'huile d'olive sur le dessus des chapeaux (avec un spray manuel, ça marche très bien)
  • Retourner les chapeaux, désormais lamelles vers le haut
  • Les aplatir d'abord délicatement à la main (pour ne pas les casser) puis un peu plus fermement avec un rouleau à pâtisserie
  • Parsemer avec du fromage râpé (de mon côté, j'ai utilisé du Salers, mais Emmental ou Comté devraient tout aussi bien aller)
  • Placer dans un four ventilé à 100°C jusqu'à ce que les chapeaux commencent à roussir (assez long)
  • Baisser à 80°C et attendre qu'ils soient bien secs et croustillants (encore plus long)


Les palets ainsi obtenus ont un goût plutôt puissant. Seuls, ils peuvent être utilisés comme des biscuits apéritifs. Mais on peut aussi les associer à une purée ou un risotto par exemple.

mardi 11 novembre 2014

Dauphinois amélioré ?

Un bon gratin dauphinois, c'est tout simple : des pommes de terre, de la crème, un peu d'assaisonnement (ail, sel et poivre) et une longue cuisson au four. C'est tellement simple et tellement bon (riche aussi, malheureusement), qu'on pourrait se demander pourquoi changer...

... et bien justement : pour changer !

Le gratin dauphinois : un plat réconfortant et chaleureux... idéal en cette période où les températures chutent. Mais c'est aussi un sujet de disputes. Sur la base des mêmes ingrédients, on retrouve en effet deux écoles pour la "véritable" recette : avec ou sans pré-cuisson. Mon impression personnelle est que la pré-cuisson vise essentiellement à raccourcir le temps à passer au four. S'agissant d'un plat rustique, j'aurais tendance à penser que s'il devait y avoir une préparation plus "authentique" que l'autre, ce serait sans doute la plus simple des deux.

Comment changer ? Simplement en rajoutant unique ingrédient : des champignons.

Chanterelle en tube (cantharellus tubaeformis), appelées aussi girolles grises ou chanterelles d'automne selon les régions. Petites, mais très parfumées, elles sont parfaites pour ce genre de recette.

Les puristes diront probablement que du coup, ce n'est plus vraiment un gratin dauphinois. Etant moi-même originaire du Dauphiné, je ne chercherai pas à les contredire. Pour autant, je ne suis pas le dernier a tenter quelques variantes, y compris de temps en temps avec du fromage (sacrilège !).

Le résultat est-il meilleur ? Pas certain...
Différent ? Sans aucun doute.
Aussi bon ? Assurément !

Ingrédients (pour un plat à gratin de taille moyenne) :
En disposant les rondelles de cette manière, on évite de laisser trop d'espace vide ce qui limitera la quantité de crème nécessaire.
  • 1kg de pommes de terre d'une variété plutôt ferme
  • 500g de champignons divers. De mon côté, j'y ai mis un peu de tout ce que j'ai trouvé : majoritairement des chanterelles en tubes, mais aussi des pieds de mouton, quelques laccaires améthyste et 3 coulemelles (lépiotes élevées)
  • 30 à 40 cl de crème épaisse
  • 1 grand verre de lait (15 à 20 cl)
  • 1 gousse d'ail
  • Sel et poivre
Préparation :
  • Laver les champignons (à l'exception des coulemelles qui sont de vrais éponges et qui de toute façon sont généralement propre, hormis parfois la présence d'un ou deux limaçons qu'il est facile d'éliminer)
  • Gratin "dauphinois" d'automne.
  • Les cuire à la poêle avec un filet d'huile d'olive jusqu'à évaporation du liquide qu'ils auront rendu
  • A la fin de la cuisson, rajouter l'ail finement haché, saler, poivrer généreusement (comme ça, pas la peine d'en rajouter dans le reste du gratin) et laisser tiédir
  • Pendant ce temps, peler les pommes de terre et les débiter en fine lamelles (2 mm environ)
  • Répartir une première couche des rondelles ainsi obtenues au fond du plat à gratin (je les poses une à une en les faisant se chevaucher comme on le voit sur la photo)
  • Ajouter ensuite la moitié des champignons
  • Mélanger le lait et la crème et répartir un premier tiers du mélange dans la plat à gratin, sur la couche de pommes de terre et de champignons
  • Poser ensuite une nouvelle couche de pommes de terre, puis bien la tasser avant d'ajouter le reste des champignons
  • Verser un second tiers du mélange lait-crème
  • Finir avec une couche de pommes de terre, bien les tasser à nouveau et verser le reste du liquide
  • Enfourner à 150°C pour 1h45 et ...
  • ... régalez-vous !
Note : Cette recette est une réédition encore plus simple d'une recette déjà publiée l'année dernier.

samedi 25 octobre 2014

L'automne s'installe

A peine revenu d'un voyage professionnel de deux semaines à New York (d'où le peu d'activité ces derniers temps sur le blog), me voilà de nouveau dans les bois... en France. Il faut dire que ce voyage décidé à la toute dernière minute m'a un peu frustré.
Entre des journées de travail très longues (encore plus longues avec l'effet du "jetlag") et un court week-end passé sur place au pas de course entre Manhattan le samedi et Montauk le dimanche : je n'ai même pas eu le temps de flâner pour découvrir quelles richesses les forêts et le littoral de Long-Island pouvaient bien cacher.
Entre Times-Square à gauche, sur Manhattan, et Montauk point à droite, c'est Long-Island qui s'étire d'ouest en est sur environ une centaines de miles. L'île est très densément habitée à proximité de New-York, mais à son autre extrémité, elle compte encore quelques belles zones boisées et un littoral assez épargné.
Les quelques cueilleurs que j'ai rapidement aperçus en bordure d'un bois dans les Hamptons n'ont fait qu'ajouter à cette frustration, d'autant que les champignons qu'ils ramassaient ressemblaient à de belles amanites des Césars, quoi qu'un peu plus clairs...

Et donc : aussitôt arrivé, aussitôt en forêt ! Aucune amanite des Césars dans le panier, mais quelques belles trouvailles tout de même...

Une belle série de jeunes et petits bolets du genre "leccinum". Mais il ne s'agit pas de bolets rudes (leccinum scabrum) car la chair blanche de ces spécimens vire au bleu à la coupe, ce qui n'est pas le cas avec le bolet rude. Au final, difficile d'affirmer à quelle espèce ils appartiennent précisément, mais l'avantage avec le genre "leccinum", c'est qu'aucun n'est toxique. Ils sont par contre de qualités gustatives très diverses !

Les incontournables cèpes de Bordeaux (boletus edulis) ont commencé une timide sortie...

Quant au polypore en touffe (grifola frondosa), cette année, je n'arrête pas d'en trouver. Ici, ce n'est qu'une petite moitié d'un spécimen faisant presque 5kg entier. Heureusement que je n'étais pas seul : on a pu le partager !

Je me régalais d'avance en les apercevant de loin, croyant qu'il s'agissait de coprins chevelus (coprinus comatus), mais de plus près, la teinte bicolore du chapeau ne laisse aucun doute, il s'agit de leurs cousins les coprins pie (coprinus picacea), non comestibles. Au passage, je rappelle que chez les coprins, il faut tout particulièrement se méfier du coprin noir d'encre (coprinopsis atramentaria), dont la forte teneur en coprine associée à l’absorption d'alcool est à l'origine du syndrome coprinien (effet antabuse).

Haute d'une trentaine de centimètres, j'espère que cette jeune coulemelle plutôt isolée (ici, macrolepiota procera, ou lépiote élevée) annonce l'arrivée de ses copines ! Sa grande taille est d'ailleurs le principal critère qui permet de la distinguer des principales lépiotes toxiques, souvent beaucoup plus petites.

Ces deux langues de bœuf (fistulina hepatica) ont bien profité de l'humidité ambiante : Le dessus de leur chapeau est comme gélifié. Un rapide coup d’œil à la couleur de leurs pores, au dessous, permet d'avoir une idée de l'age du champignon : en gros, si ceux-ci ont gardé une couleur très claire, le champignon peut encore être cueilli. Celle-ci, par exemple, est limite.
En cuisine, un reste de foie gras et un morceau de mozzarella m'ont donné l'idée d'une tarte...

Pour un moule à tarte de 28-30cm : 600g de polypore en touffe, 150g de foie gras, 3 œufs, 20cl de lait, 125g de mozzarella, un oignon et de la pâte brisée. Étaler la pâte au fond d'un moule à tarte. Débiter le polypore en morceaux d'un à deux centimètres, le foie gras en petits cubes et verser le tout sur le fond avec l'oignon préalablement haché. Recouvrir avec la mozzarella débitée en bâtonnets. Battre les œufs avec le lait, saler et poivrer généreusement et verser dans la tarte. Enfourner pour 45 minutes à 180°C. A déguster froid : la tenue est meilleure et les goût sont plus équilibrées.
La saveur toute particulière du polypore est vraiment en accord avec le foie gras : on croirait qu'ils ont été faits l'un pour l'autre !

A défaut de polypore en touffe, on peut utiliser des cèpes, des bolets rudes ou des lépiotes, mais eux auront besoin d'être cuits au préalable pour leur faire perdre de l'eau et concentrer leurs saveurs. Il faudra alors plutôt compter sur 800g de champignons frais.

mardi 30 octobre 2012

Une année à champignons

Et dire que j'ai raté pratiquement deux semaines de cette exceptionnelle saison en allant faire un tour sous le climat printanier du Chili. Heureusement, la veille de mon départ et dès le lendemain de mon retour, j'étais en forêt pour faire le plein !

En Franche-Comté tout d'abord, accompagné de Sothy, invité par Vincent qui nous a généreusement fait profité d'un de ses coins. Pas déçus, nous avons débusqué une belle quantité de chanterelles en tubes et chanterelles cendrées, mais surtout d'innombrables trompettes de la mort, sans pour autant dédaigner quelques espèces beaucoup moins courues.

Trompettes de la mort (craterellus cornucopioides). Pour changer des plats mijotés, séchez-les et réduisez-les en poudre : elles font un étonnant condiment.

Chanterelle cendrée (cantharellus cinereus). Absence presque totale de plis sous le chapeau, couleur cendrée. Moins côtée que sa voisine de droite, et pourtant... Chanterelle en tube (cantharellus tubaeformis), un des champignons les plus parfumés. Seul inconvénient : sa petite taille !

Clitocybe nébuleux (clitocybe nebularis), aussi appelé gris de sapin en Franche Comté. Parfois considéré indigeste, il faut bien le cuire, mais le résultat en vaut la peine. Attention aux risques de confusion avec l'entolome livide, extrêmement toxique. Lactaire couleur saumon (lactarius salmonicolor), considéré comme comestible très médiocre. Sa texture est pourtant intéressante et il peut très bien être grillé ou accomodé à la grecque (utiliser la même recette qu'ici) pour casser sa légère amertume.

Tricholome terreux (tricholoma terreum ), très connu sous le nom de petit gris. Excellent comestible, à ne pas confondre avec son voisin de droite ! Tricholome tigré (tricholoma pardinum), extrèmement toxique. Il pousse sous les feuillus contrairement au tricholome terreux qui préfère les conifères. Mais attention, il y a parfois des exceptions !

Coprins chevelus (coprinus comatus). En veillissant, ils noircissent et se liquéfient. Mais avant d'atteindre ce stade, ils font d'excellents comestibles à consommé nature, juste sautés dans un peu de beurre.

Celui-ci s'appelle satyre puant (phallus impudicus). La photo parle d'elle-même. Il est comestible cru ou cuit lorsqu'il est encore à l'état d'une boule au contenu gélatineux. Dès qu'il éclot, son odeur dissuadera le plus téméraire des amateurs !


En région parisienne ensuite, histoire de prendre l'air, le lendemain d'un interminable retour en avion.

Cèpe de Bordeaux (boletus edulis), un grand classique, mais qui fait toujours plaisir quand on tombe dessus ! Pied bleu (lepista nuda), moins classique, mais que je considère meilleur car bien plus parfumé.

Amanite rougissante (amanita rubescens), ou golmotte. Toxique crue, elle fait partie des meilleurs champignons une fois bien cuite (15 à 20 minutes). Sans pratique, je vous déconseille toutefois de vous y essayer. Le risque de confusion avec sa voisine de droite serait en effet fatal. Amanite panthère (aminta pantherina), mortelle. La couleur blanche uniforme de sa chair, l'abscense de stries sur son anneau sont autant d'élements qui permettent généralement de la distinguer.

Bolet bai (boletus badius). Souvent mal considéré, il est pourtant intéressant, surtout lorsqu'il est jeune. A ce stade, il est comparable aux cèpes. Il se sèche également très bien. Bolet à pied rouge (boletus erythropus). Toxique cru, comme l'amanite rougissant, une bonne cuisson le transformera en un délicieux comestible. J'apprécie particulièrement sa couleur rouge qui a un effet dissuasif sur la grande majorité des cueilleurs. Pourtant, pour qui connait bien le bolet satan, il y a peu de risque de confusion.

Agaric des bois (agaricus silvicola), à l'odeur anisée caractéristique. Ce très bon comestible est peu ramassé car visuellement proche de deux des amanites les plus toxiques (amanite printanière et amanite vireuse). Par ailleurs, du fait de son jaunissement au contact, on pourrait également avec l'agaric jaunissant (agaricus xanthodermus), toxique lui aussi, mais sans commune mesure avec les deux amanites. Lépiote élevée (macrolepiota procera). En baguette de tambour lorsqu'elle est jeune, la coulemelle déploie plus tard un immense chapeau. Son goût très prononcé aux évocations de noisette n'est pas apprécié par tous.

Et pour reprendre les bonnes habitude, voici deux cakes aux parfums d'automne : Le premier associant la châtaigne aux saveurs de noisettes très marquées des coulemelles, le second mettant simplement en valeur les délicieuses évocations de bois et d'humus qu'on retrouve chez le pied bleu.

Cake à la farine de châtaignes et aux coulemelles

Ingrédients :

  • 200g de coulemelles (chapeaux)
  • 125g de farine de blé
  • 75g de farine de châtaignes
  • 125g de poitrine fumée
  • 100g de comté
  • 10cl de lait
  • 3 œufs
  • 5cl d'huile de tournesol
  • 1 sachet de levure chimique
  • 1 noix de beurre

Préparation :

  • Dans une poêle, faire rapidement revenir la poitrine découpée en petits morceaux sans la colorer
  • Mettre de côté les lardons sans pour autant jeter la graisse
  • Y ajouter la noix de beurre pour y cuire les chapeaux de coulemelles découpés en morceaux grossiers
  • Couper le feu et réserver lorsque les champignons ont bien réduit et bu tout le jus qu'ils auront rendu
  • Patienter une quinzaine de minutes avant de continuer, le temps que tout refroidisse un peu
  • Mélanger les farines, la levure, les œufs, puis le lait et enfin l'huile pour obtenir un appareil lisse
  • Ajouter ensuite poitrine, les coulemelles ainsi que le comté découpé en petits cubes
  • Verser au fond d'un moule à cake préalablement chemisé
  • Enfourner dans un four préchauffé à 180°C pour une quarantaine de minutes

 

Cake aux pieds bleus

Ingrédients :

  • 200g de pieds bleus
  • 200g de farine de blé
  • 125g de poitrine demi-sel
  • 100g de comté
  • 10cl de lait
  • 3 œufs
  • 5cl d'huile de tournesol
  • 1 sachet de levure chimique
  • 1 noix de beurre

Préparation :

  • Dans une poêle, faire rapidement revenir la poitrine découpée en petits morceaux sans la colorer
  • Mettre de côté les lardons sans pour autant jeter la graisse
  • Y ajouter la noix de beurre pour y cuire les pieds bleus découpés en lamelles
  • Couper le feu et réserver lorsque les champignons ont bu tout le jus qu'ils auront rendu et commencé à colorer
  • Patienter une quinzaine de minutes avant de continuer, le temps que tout refroidisse un peu
  • Mélanger les farines, la levure, les œufs, puis le lait et enfin l'huile pour obtenir un appareil lisse
  • Ajouter ensuite poitrine, les peids bleus ainsi que le comté découpé en petits cubes
  • Verser au fond d'un moule à cake préalablement chemisé
  • Enfourner dans un four préchauffé à 180°C pour une quarantaine de minutes

samedi 19 novembre 2011

Encore et toujours des champignons

Mais c'est plus fort que moi : j’adore aller en forêt les ramasser, j'adore les cuisiner et j'adore des déguster !

Au menu du jour : un agaric et une lépiote...

L’aspect de l’agaric des bois (agaricus silvicola) rappelle celui du rosé des prés (agaricus campestris) mais comme son nom l’indique est plutôt forestier dans l’âme. Assez fréquent, vous avez peut-être déjà rencontré ces petites boules immaculées formées par les jeunes chapeaux. D’un blanc lumineux, elles se repèrent de loin, surtout par temps couvert. En vieillissant, alors que le chapeau s’ouvre pour laisser autour du pied un anneau généralement imposant, le champignon prend une couleur grisée de plus en plus sombre. Les lamelles, blanc-gris au départ, passent d’abord par le gris rosé avec de finir carrément noires.

Délicieux lorsqu’il est bien jeune, l’agaric des bois est pourtant un champignon pour lequel il vaut mieux être initié, car nombreuses sont les confusions. La plus dangereuse car mortelle, est l’amanite printanière (amanita verna). Moins dangereux, l’agaric jaunissant (agaricus xanthodermus) présente un risque de confusion encore plus grand, d’autant que les deux agarics jaunissent aux endroits où ils sont blessés et ont tout deux un pied à la base bulbeuse.

Une base bulbeuse, c’est aussi ce qui caractérise le pied des coulemelles (macrolepiota procera) avec en plus un anneau coulissant qui leur vaut également le nom de chevalier bagué. Ces champignons-là présentent beaucoup moins de risque de confusion si on considère en particulier leur taille : leur chapeau dépasse souvent les 20cm et atteint une hauteur assez inhabituelle pour un champignon. Il n’est en effet pas rare les voir trôner au delà des 30 cm. En pleine prairie, la lépiote élevée passe donc difficilement inaperçu.

Très parfumés, ces deux champignons sont idéals pour réaliser une soupe crémeuse.

Soupe crémeuse aux champignons des bois

Ingrédients (pour 1,5 litre de soupe) :

  • 500g d’agaric des bois
  • 200g de coulemelles (les chapeaux uniquement, les pieds étant trop durs)
  • 1 pomme de terre (200g)
  • 20cl de crème fraiche
  • 1 oignon
  • 2 gousses d’ail
  • Huile d’olive
  • Sel et poivre

Préparation :

  • Chauffer deux cuillères à soupe d’huile d’olive dans une grande sauteuse
  • Y cuire les agarics découpés en petits morceaux
  • Ajouter ensuite les coulemelles (découpées en lamelles), l’ail finement haché, l’oignon émincé et la pomme de terre découpée en petits cubes
  • Verser 1,5 litre d’eau chaude
  • Cuire à feux doux pendant 30 minutes
  • Mixer finement avant d’incorporer la crème
  • Saler et poivrer

Cette recette se prête bien à l’agaric des bois. Fragile, il a tendance à casser facilement le rendant peu présentable, d’autant qu’il noircit facilement à la cuisson.

lundi 18 octobre 2010

Un belle journée de récolte

Il y a maintenant plus d’une semaine, CitronVert et moi avions rendez-vous pour une sortie champignon. Il avait plu une bonne partie de la semaine et le beau temps annoncé pour le week-end était de très bon augure.

La veille, j’avais eu la chance de tomber sur les prémices de notre future récolte à l’occasion de ce qui, à l’origine n’était qu’une petite promenade de détente. Ca avait commencé par une belle souche couronnée de vieux armillaires (armillaria mellea) que certains récoltent lorsqu’ils sont plus jeunes.

Ils avaient réussit à susciter ma curiosité et j’avais donc décidé de m’enfoncer dans les bois.

En à peine une demi-heure, j’avais récolté une vingtaine de pieds bleus (lepista nuda), cinq beaux cèpes (boletus edulis), une douzaine de belles coulemelles (macrolepiota procera) et quelques dizaines de laccaires améthyste (laccaria amethystina).

J'avais même eu le luxe d'ignorer quelques fausses girolles (hygrophoropsis aurantiaca) trop avancées.

Vu que le lendemain, nous avions prévu de pique-niquer, je me suis lancé dès mon retour dans la préparation de petites tartelettes façon quiche, avec pour but d’utiliser les champignons récoltés.

Mini-quiches aux champignons

Ingrédients :

  • Quelques champignons très parfumés comme des pieds bleus (mon préféré), des coulemelles ou encore des laccaires améthiste
  • Des œufs
  • De la crème fraiche
  • De la poitrine de porc salée découpée en fines allumettes
  • Un peu d’oignon
  • Un peu d’ail
  • Fromage râpé
  • Huile d’olive
  • Pâte brisée

Préparation :

  • Préchauffer le four à 180°C
  • Faire revenir les allumettes, puis l’oignon et réserver
  • Nettoyer les champignons, les couper grossièrement et les faire rapidement sauter à l’huile d’olive en les finissant avec un peu d'ail pressé
  • Hacher les coulemelles et les laccaires finement, conserver les pieds bleus en morceaux plus gros
  • Etaler la pâte dans les moules à tartelette préalablement chemisés avec un peu de beurre et de farine
  • Battre les œufs avec la crème
  • Remplir les moules avec un mélange des champignons, des allumettes et de l’oignon
  • Verser ensuite les œufs battus puis ajouter un peu de fromage râpé
  • Enfourner et attendre jusqu’à ce que les tartelettes soient bien dorées

Note :
Saveur de noisette pour les lépiotes et fruité boisé avec une touche d'humus pour les pieds bleus et les laccaire (moins prononcé), ces petites quiches sont extrèmement goûteuses. Elles peuvent se déguster aussi bien tièdes que froides.

Le lendemain, nous nous sommes retrouvés aux aurores avec CitronVert et Akiko, tout récemment arrivée du Japon et très « fashion », tout particulièrement pour une sortie dans les bois.

Notre longue promenade s’est rélévée riche en variété et quantité, et pas que dans le panier, chacun ayant amené un petit « quelque chose » un peu spécial pour le piquenique. Un superbe foie-gras mi-cuit au wisky fait maison pour CitronVert, des edamames (cosses de soja immatures et cuites à l’eau) ainsi que des délicieux crackers japonais pour Akiko et enfin les tartelettes préparées la veille pour moi. Avec en plus un peu de fromage, du saucisson et une bouteille de vin rouge, le piquenique avait plutôt des airs de festin.

Festin qui a couronné une matinée bien remplie. Résultat des courses :
Cèpes (boletus edulis), bien entendu, mais aussi pieds bleus (lepista nuda), laccaires (laccaria amethystina) et coulemelles (macrolepiota procera) comme la veille. Mais nous avons également eu l’occasion de récolter de nombreux agarics des bois (agaricus silvicola), bolets rudes (leccinum scabrum), bolets orangés des chênes (leccinum quercinum), bolets à pied rouge (boletus erythropus), helvelles crépues (helvella crispa) et clitocybes nébuleux (clitocybe nebularis, lepista nebularis). On a même trouvé le temps de ramasser quelques châtaignes !

Ces trois deniers sont un peu spéciaux car toxiques crus (pas fortement toutefois). CitronVert ayant l’habitude de ces bolets méconnus ainsi que des clitocybes (recette ici), c’est lui qui est reparti avec. De mon côté, j’ai pris les helvelles.

Akiko, quand à elle est repartie avec quelques beaux cèpes, histoire de tester ces champignons qu’elle ne connaissait pas.

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