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mardi 7 avril 2009

Un thé d'chez nous !

Voici un rapide article pour contre-balancer le précédant et vous parler d'une expérience qui s'est finalement révélée concluante, elle. Il s'agit d'une utilisation plus inhabituelle de la violette odorante : l’infusion.

Violettes

Ce sont majoritairement des feuilles que j'ai utilisées mais dans le tas, il y avait aussi quelques fleurs. Pour pouvoir les mettre en bocal rapidement, je les avais pré-séchées dans un wok. C’était à sec, sur un feu très doux et en les remuant régulièrement à la main : un peu comme pour la préparation traditionnelle des thés vert en Chine.

Thé de violette

Je les infuse comme je l’aurais fait avec un thé vert : 2/3 d’eau bouillante, 1/3 d’eau froide. Avec le thé vert, une eau trop chaude détruit les arômes et le rend amère. Je suis donc parti du postulat que ça devait être la même chose pour la violette. Mais pour tout vous dire, je n’ai pas testé avec une eau plus chaude. Quoi qu’il en soit, le résultat est une boisson légèrement colorée avec un subtil parfum fruité. Je regrette déjà de ne pas avoir fait une plus grosse récolte.

mercredi 1 avril 2009

Polychromie printanière, volume 1

Pervenche

Après un grand week-end de quatre jours passés dans la Drôme (merci les RTT), et un silence d'une semaine sur le blog, me voici de retour avec une moisson d'articles en tête... dont le premier pour ce soir.

500 km plus au Sud, c’est quelques semaines d’avance sur la région Parisienne. Les champs sont jaunes de pissenlits. Les fleurs des pêchers donnent une teinte rose bonbon aux vergers. Les primevères, pulmonaires, pervenches, ficaires et autres violettes pigmentent le sol des sous-bois.

Ce serait vraiment dommage de passer à côté du parfum intense de ces dernières. Et pour le capturer, nous allons le cristalliser dans le sucre à la façon des violettes de Toulouse. On trouve pas mal de recettes sur la toile et j’ai essayé d’en extraire la version la plus simple. Je ne pense pas qu’elle permette de conserver très longtemps ces gourmandises. D’un autre côté, elles sont parties tellement vite qu’on se demande bien à quoi ça sert de vouloir les conserver longtemps !
 

Violettes cristallisées

Ingrédients :

  • Une trentaine de fleurs de violettes odorantes avec leurs queues
  • Un blanc d’œuf
  • Du sucre en poudre
  • Une cuillère à soupe d’eau

Violettes cristalliséesPréparation :

  • Rincer rapidement les violette en les plongeant dans l’eau sans les écraser ni les froisser
  • Les laisser sécher sur un torchon (ou sur une feuille de papier absorbant)
  • Verser le blanc d’œuf et l’eau dans un bol
  • Fouetter pour obtenir un mélange mousseux
  • Une à une, plonger les fleurs dans le mélange en les tenant par la queue, puis les rouler dans le sucre avant de les déposer sur une plaque antiadhésive en découpant la queue avec une paire de ciseaux
  • Réserver dans un coin sec pendant 24 heures
  • Pour ne pas déguster seules ces délicieuses friandises, on peut les utiliser pour accompagner une boule de crème glacée à la vanille.

Attention en choisissant ses violettes : elles doivent avoir de grosses fleurs et surtout être odorantes. En effet, certaines violettes sont presque totalement inodores. Ce serait dommage de devoir attendre une journée entière pour enfin pouvoir croquer dans un morceau de sucre violet qui se révèlerait sans aucun goût !

Violettes cristallisées

Et comme d’habitude avec les plantes sauvages, sélectionner un lieu de cueillette exempt de pollution et de pesticides.

dimanche 15 mars 2009

Le printemps serait-il déjà là ?

VioletteLes saisons ne connaissent ni calendriers ni almanach, et les plantes non plus.

Alors que le début du printemps est officiellement le week-end prochain, la nature a pris un peu d’avance. Il y a déjà quelques semaines, le tussilage commençait à montrer ses fleurs annonciatrices. Ce week-end, fini les signes avant-coureurs, la nouvelle saison s’installe et avec elle, les récoltes « miraculeuses » reprennent.

La randonnée de ce week-end se déroulait aux environs de Verneuil sur Avre, dans le Perche : une boucle d’une vingtaine de kilomètres qui permettait entre autres choses de profiter de l’agréable et très verte vallée de l’Avre.

Barbarée

Sur le bord du chemin, quelques rosettes de feuilles vert-sombre, luisantes et charnues... Je suis certain d’avoir déjà vu ça dans un de mes bouquins, mais impossible de me rappeler du nom. Cardamine hirsuteFroissées entre les doigts, les feuilles dégagent cette saveur piquante caractéristique des brassicacées. C’est un premier point intéressant car la plupart des plantes de cette famille ne sont pas toxiques. En fait, cette famille compte beaucoup de très bons comestibles sauvages dont quelques autres membres vont agrémenter la ballade. Une petite recherche sur une flore et le nom est enfin révélé : de la barbarée. TussilageLorsqu’elle sera plus développée, ses fleurs à pétales en croix (origine de l’ancien nom du genre : les crucifères) seront jaunes. En attendant, ses feuilles dont la saveur rappelle un peu celle du cresson vont finir dans une assiette !

Le long de tout le chemin, les petites croix blanche formées par les fleurs de la cardamine forment un tapis vert moucheté de blanc. Quand je parlais d’autres membre de la famille, en voilà un qui devient presque envahissant.

Et ce n’est pas fini. Au bord de l’Avre, quelques fleurs de tussilage attirent mon attention pour remarquer juste au bord de l’eau un peu de cresson, autre membre notable de la famille. Trop peu pour mériter une récolte, une simple photo suffira. Un peu plus loin, de belles pousses de berce toutes duveteuses, quelques brins de ciboulette (ail des champs), de l'oseille, et un peu de lampsane continuent d’alimenter la récolte.

Cresson des fontaines

Mais ce n’est pas fini. En remontant les bords de la vallée, au milieu des violettes, de toutes jeunes rosettes de petite pimprenelle parsèment les rebords du sentier.

Stellaire intermédiaire

Doucette, mache sauvage

Lamier pourpre

Encore plus loin, un peu de stellaire intermédiaire, de doucette, et de lamier pourpre auraient pu clôturer la récolter, mais c’était sans compter les rosettes au feuilles découpées des coquelicots et des pissenlits.

Rosette de coquelicot

Bon ben maintenant, faut tout préparer !

Mesclun printanier

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  • Feuilles de pissenlit, de coquelicot, de pimprenelle, de lampsane, de barbarée, de doucette, de cardamine et d'oseille
  • Pousses de berce, sommités de lamier pourpre et de stellaire
  • Brins de "ciboulette" (ail des champs),
  • Fleurs de violette et de tussilage.
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Attention : comme le cresson ou la cardamine, la barbarée peut pousser dans des endroits humides et à proximité de bétail, conditions favorables à la présence de la douve du foie. En cas de doute, ne pas les consommer cru (la cuisson tue le parasite).

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