mardi 22 février 2011

Aspic

Utiliser les feuilles de pissenlits comme légume est toujours délicat à cause de leur amertume. Certains comme moi l’apprécient, mais elle n’est pourtant pas de tous les goûts. En les blanchissant, une partie de celle-ci est évacuée avec l’eau, mais on perd en texture.

Texture... tiens, ça me donne une idée.

Aspic de feuilles de pissenlit

Ingrédients (entrée ou accompagnement pour 4) :

  • 200g de pissenlits
  • 50cl de bouillon de volaille léger
  • 40g de poivron rouge
  • 4g de poudre d’agar-agar

Préparation :

  • Bien laver les pissenlits
  • Porter de l’eau salée à ébullition
  • Y plonger 2 minutes les feuilles avant de les transférer dans une bonne quantité d’eau glacée (stoppe la cuisson et surtout fixe le vert de la chlorophylle)
  • Bien égoutter les feuilles avant de les hacher
  • Laver, sécher et débiter le poivron en tous petits cubes
  • Porter le bouillon à ébullition, y verser l’agar-agar et cuire pendant deux minutes (l’agar-agar prend beaucoup mieux s’il a bouilli)
  • Ajouter les pissenlits hachés et les poivrons et cuire encore deux minutes
  • Verser le mélange dans un ou plusieurs récipients dont l’aspic prendra la forme (la matière des moules importe peu pourvu que leur surface soit bien lisse)
  • Laisser prendre la gelée pendant au moins une heure (voire plus si un seule grand moule est utilisé)

De mon côté, j’ai un peu complexifié en tentant de faire des globes. Pour ça, j’ai utilisé des petites coupelles hémisphériques en verre (trouvées chez Ikea). Remplies à raz, je les ai laissées prendre un peu de sorte qu'elles puissent être retournées sans que le contenu ne tombe. En parallèle, j’ai maintenu un fond du liquide au chaud pour qu’il ne gélifie pas. Versé en fine pellicule sur les coupelles, il a permis de faire la soudure lorsque je les ai placées l’une sur l’autre afin de former des globes. En pressant bien, ça permet d’éliminer le surplus.

Ce n’est pas grave s’il y des bavures, elles s’éliminent très bien au démoulage. Le résultat n'est pas 100% parfait, mais c'est quand même plus original que de simples tranches.

Une idée d'utilisation ? Ajouter quelques lardons, des feuilles de pissenlit (comme il ne m'en restait plus beaucoup, je les ai complétées avec de la salade frisée), quelques lardons, un peu de camembert fondu sur un toast, un filet d'huile d'olive et de vinaire balsamique...

samedi 19 février 2011

Faire place nette

Ils sont encore loins les beaux jours, mais les provisions accumulées l’année dernière sont encore nombreuses. A ce rythme là, j’en aurai encore beaucoup dans deux mois alors plutôt que de partir sous la pluie gelée à la recherche de rosettes de mâche, pissenlits, lampsane et autres salades sauvages d'hiver, j'ai pour une fois préfèré piocher dans mes réserves.

Aujourd’hui, c’était une boite de petits gris ou tricholomes terreux (tricholoma terreum ou tricholoma myomyces). Je les avais juste cuits avec un peu de matière grasse (beurre et huile d’olive) avant de les placer au congélateur. A la décongélation, ils ont rendu toute l’eau que j’avais réussi à préserver en les saisissant. Avec la recette qui suit, ce n’est pourtant pas bien grave. Au contraire, ce jus parfumé permet même de diffuser la saveur des champignons dans les pâtes. C'est un plat tout simple, mais qui avec les bons ingrédients, devient un régal !

Mafalda corta con morette(*)

Ingrédients (pour 4) :

  • 400g de pâtes
  • 400g de petits gris cuits congelés (ou 500g de petits champignons frais juste saisis)
  • 150g de tiges de ciboule
  • 2 cuillères à soupe de sauce soja
  • Parmesan
  • Huile d’olive
  • Sel et poivre

Préparation :

  • Laver puis découper la ciboule en tronçons de quelques centimètres
  • Les faire légèrement colorer à la poêle dans un peu d’huile d’olive puis réserver
  • Lancer la cuisson des pâtes dans une bonne quantité d’eau bouillante salée dans laquelle vous aurez versé la sauce soja (je l’utilise en ersatz de bouillon)
  • Pendant ce temps, placer les champignons dans une poêle chaude
  • Lorsque les pâtes sont « al dente », les égoutter et les ajouter dans la poêle (le liquide rendu par les champignons doit avoir réduit mais être encore présent)
  • Mélanger jusqu’à disparition du liquide
  • Retirer du feu, ajouter les brins de ciboule et réctifier l'assaisonnement
  • Servir en parsemant de quelques copeaux de parmesan

(*) : La forme ondulée et courte des mafalda corta permet un mélange homogène avec les petits gris dont la taille est proche. Quant à "morette", c'est le nom commun que les Italiens donnent aux tricholomes terreux.

Photo Beatrice Murch

dimanche 13 février 2011

Roulé

Il n’y a vraiment pas grand-chose à glaner en ce moment, mais la douceur des derniers jours a un peu changé la donne. Témoins de ce redoux, les perce-neige (galanthus nivalis, potentiellement toxiques) commencent à sortir, alors que lampsane (lampsana communis) et pissenlits (taraxacum) étendent leur rosette.

La récolte de ces derniers a été particulièrement bonne. Mais avec autant de verdure, une salade n'a pas suffit pour tout utiliser et il a bien fallu trouver quelques nouvelles manières de les préparer. Comme déjà dit dans ce blog, j’aime bien le parallèle entre pissenlits et endives. En ce moment, les feuilles sont jeunes et leur amertume n’est pas trop prononcée, ce qui rend ces deux « salades » proches l’une de l’autre, tout au moins gustativement parlant.

L’une de mes façons préférées de préparer les endives, c’est avec de la pomme, alors pourquoi pas les pissenlits. Les dernières qu’ils me restent de cet automne sont pratiquement toutes « blettes ». Il devenait vraiment urgent de les utiliser !

Roulés pomme-pissenlit

Ingrédients (pour 4 roulés) :

  • 150 de feuilles de pissenlit
  • 75g de blancs de petits poireaux (1 à 2 cm de diamètre)
  • 2 pommes, d’une variété acidulée si possible
  • 4 tranches de jambon cru
  • 4 grandes feuilles de farine de riz (pour rouleaux de printemps)
  • 1 œuf
  • Jus de citron vert
  • Huile d’olive
  • Sauce teriyaki
  • Quelques belles feuilles de lampsane et de pissenlit pour accompagner

Préparation :

  • Peler les pommes et les découper en petits cubes
  • Les faire dorer dans un peu d’huile
  • Les finir avec un une cuillère à soupe de jus de citron vert et la même quantité de sauce teriyaki, puis réserver
  • Découper les poireaux en tranches obliques d’environ 1cm d’épaisseur
  • Les faire dorer dans un peu d’huile en prenant soin de ne pas les bruler, puis réserver
  • Après les avoir bien lavés, blanchir les feuilles de pissenlits 5 minutes avant de les plonger dans de l’eau glacée
  • Les égoutter et les presser entre les mains (sans les écraser) afin d’en évacuer un maximum d’eau
  • Hacher grossièrement et réserver
  • Humidifier les feuilles à rouleaux de printemps
  • Etaler une tranche de jambon sur un des coté puis la recouvrir d’un quart des poireaux, un quart des pommes et un quart des pissenlits
  • Rabattre la feuille de chaque côté avant de rouler le tout
  • Mettre à chauffer une grande poêle avec un fond d’huile
  • Battre l’œuf avec une cuillère à soupe d’eau
  • Badigeonner les rouleaux avec ce mélange avant de les faire dorer à la poêle
  • Accompagner avec les feuilles sélectionnées de lampsane et de pissenlit

Note : J'y aurais bien aussi ajouté un peu de fromage comme du Parmesan ou un bon vieux Comté, voire peut être même du roquefort (sans aucune garantie du résultat), mais j'ai de bonnes résolutions à respecter et ce genre de petits « plus » n'est pas très compatible avec celles-ci ...

samedi 5 février 2011

Explosion de parfums

Comme je le disais dans le billet précédent, j’ai récemment fait le plein de coquillages. Après les crépidules, ce fût au tour des bigorneaux (littorina littorea) de passer à la casserole. Avec ceux-là, pas trop de question à se poser pour les préparer : justes ébouillantés quelques minutes pour être dégustés froids, un à un, extirpés de leur coquille avec un pic. Il m'est bien arrivé parfois d'en utiliser dans des plats plus élaborés, mais le décorticage est tellement fastidieux que c’est finalement nature qu’ils sont les meilleurs. Et puis comme ça, tout le monde participe !

Les bigorneaux ont beau être bons, on s’en lasse pourtant assez vite. Heureusement, il y avait encore deux bons kilos de moules (mytilus edulis) qui attendaient patiemment que je trouve une manière de les accommoder. Avec ces bivalves, j’ai toujours le même problème : comment les préparer de manière originale et sortir des inévitables moules marinières ou à l’escabèche ?

Cette fois-ci, ce sont mes récents achats dans le XIIIème arrondissement parisien qui ont dicté la recette ci-dessous.

Moules au basilic thaï

Ingrédients (pour 4) :

  • 2kg de moules
  • 30g de gingembre
  • 150 de céleri branche
  • 1 petit bouquet de basilic thaï
  • 1 petit bouquet de coriandre
  • 1 oignon
  • 1 cuillère à soupe de poudre de curry
  • 2 cuillères à soupe d’huile

Préparation :

  • Laver et brosser les moules (essayer d'en décoller toutes les balanes)
  • Peler le gingembre et le débiter en fines tranches
  • Hacher l’oignon grossièrement
  • Verser l’huile au fond d’une cocote sur feu vif
  • Ajouter l’oignon et le gingembre pour les faire légèrement colorer
  • Puis ajouter la poudre de curry, le céleri finement émincé et verser 1 litre d’eau
  • Lorsque l’eau frémit, ajouter les moules et couvrir
  • Cuire pendant 4 minutes, le temps que les coquilles s’ouvrent
  • Ajouter le basilic et la coriandre hachés finement et remuer délicatement pendant encore 30 secondes avant de retirer du feu
  • Servir rapidement dans 4 grands bols

Le basilic thaï est un aromate au parfum anisé qui s’équilibre très bien avec la saveur iodée des moules. La poudre de curry, la coriandre et le céleri ajoutent eux aussi leur touche, soulignée par le piquant du gingembre... En gros, c'était délicieux !

jeudi 3 février 2011

Empilage

Le froid était de retour ce week-end, mais avec lui, un temps sec et dégagé. Avec une marée basse en début d’après-midi, et malgré un faible coefficient, il y avait de quoi faire ses provisions pour peu qu’on ne soit pas frileux.

Avec une température dans l’air proche de zéro, et tout juste quelques degrés de plus dans l’eau, il ne fallait pas craindre le froid ! Et même si les bottes protègeaient les pieds, les mains, elles, devaient se mouiller pour ramasser moules, bigorneaux et crépidules.

C’était d’ailleurs la première fois que je trouvais autant de ces dernières.

Les crépidules (crepidila fornicata) sont des mollusques dotés d’un muscle « ventouse », un peu comme les patelles (chapeaux chinois), qui leur permet de se coller aux surfaces lisses. C’est de cette manière qu’elles ont débarqué sur nos côtes, voyageant collées aux coques des navires venant d’Amérique. Envahissantes et considérées comme nuisibles, elles ont pourtant de quoi susciter, si ce n’est l’intérêt, au moins la curiosité :

Grégaires (pour ne pas dire plus) : elles forment d’étranges empilages en spirale dans lesquels on peut parfois en compter plus d’une dizaine de spécimens.

Transsexuelles : tout d’abord mâles, les coquillages changent de sexe avec l’âge. Conséquence : les femelles, plus vieilles, se trouve dans le bas des empilages, chevauchées par des hermaphrodites, eux-même chevauchés par des mâles.

Incomprises : En lisant les lignes précédentes, on pourrait se dire qu’elles méritent leur qualificatif de « fornicata » et pourtant... La fécondation des femelles est faite par des mâles errants, avant qu’ils ne viennent se coller aux piles.

Comestibles : Ce sont même de très bons coquillages (point de vue tout à fait personnel). Bien plus tendres que les patelles, ils ont un goût iodé qu’on pourrait comparer à celui des moules, en plus fin.

Pratiques : L’avantage de ces empilages, c’est qu’on ne se baisse jamais pour un seul coquillage. Le ramassage peut donc aller très vite si on a le « bonheur » de trouver un coin infesté !

Bouchées de crépidules sur lit de céleri

Ingrédients (pour une douzaine de bouchées) :

  • Une cinquantaine de belles crépidules
  • 300g de céleri rave pelé, lavé
  • 100g de pomme de terre, pelée, lavée
  • 20g de beurre
  • Une douzaine de jeunes feuilles de moutarde
  • Graines de sésame noir

Préparation :

  • Découper le céleri et la pomme de terre en tous petits cubes et les placer dans une casserole
  • Verser de l’eau à mi-hauteur, ajouter un peu de sel et placer sur le feu
  • Lorsque l’eau frémit, baisser le feu, couvrir et cuire doucement pendant 20 minutes
  • Couper le feu, incorporer le beurre, mixer et réserver
  • Blanchir les feuilles de moutarde et les réserver
  • Laver et brosser les crépidules avant de les plonger dans 1 litre d’eau bouillante pendant 2 bonnes minutes
  • Egoutter immédiatement et plonger dans de l’eau froide
  • Prélever les chairs et prenant soin de séparer le pied du reste
  • Dresser les bouchées en commençant par un peu de purée, une feuille de moutarde et les pieds de crépidule pour finir en saupoudrant avec quelques graines de sésame

Note : Plutôt que de jeter les restes de crépidule, on peut les utiliser pour réaliser bouillon de fruits de mer très parfumé.

Ah, et puis pour finir, une petite devinette dont je n'ai pas la réponse...
Quelqu’un serait-il en mesure d’identifier ces œufs découverts sur la face inférieure d’un rocher, côtoyant une dizaine de petits buccins. Malgré cette proximité, je ne pense pas qu’il s’agissait des heureux parents.
Pour donner une idée de l'échelle, la taille de ces petits OMNI (objets marins non identifiés) tournait entre 5mm et 1cm.
?

lundi 31 janvier 2011

Providence hors saison

Il faut vraiment croire que certaines plantes ne savent pas ce que « saison » veut dire et ça semblait bien être le cas de ces quelques pieds de ce que je pense être de la moutarde (brassica nigra). Certains présentaient même encore des fleurs ! Pas gaillardes avec les dernières gelées, celles-ci n’en étaient pas moins présentes. Peu de chance toutefois qu’il s’agisse d’un réveil prématuré suite aux derniers jours plus doux que d’accoutumé, la taille des spécimens témoignait en effet plusieurs mois de pousse et j’ai longtemps douté avant d’admettre qu’il pouvait bien s’agir de moutarde, ou à défaut d’une autre variété de chou.

Le coin abrité dans lequel ces belles plantes ont poussé leur avait visiblement fait oublier que l’automne était terminé depuis belle lurette. De mon côté, je n’ai surtout pas oublié de cueillir les têtes, tendres et charnues. De telles occasions sont rares en ce moment alors que les températures à nouveau négatives rappellent que nous sommes toujours en plein hiver.

Chou ... hiver ... froid glacial ... je ne me suis pas trop foulé et c'est dans une potée que les feuilles de moutarde ont fini.

Potée expresse aux feuilles de moutarde

Ingrédients (pour 4) :

  • 400g d’épaule de porc désossée
  • 200g de feuilles de moutarde
  • 250g de petites pommes de terre
  • 200g de carottes
  • 150g de navets
  • 100g de poireau
  • 100g de poitrine de porc fumée
  • Deux pincées de gros sel
  • Poivre

Préparation :

  • Peler et laver pommes de terre, carottes et navets
  • Laver la moutarde et le poireau
  • Couper les carottes et les navets en segments d’environ un centimètre de section, le poireau et les feuilles de moutardes en fines sections
  • Découper la poitrine en dès et l’épaule en morceaux plus grossiers
  • Placer le tout dans une cocotte, recouvrir d’eau et ajouter le sel et quelques tours de moulin à poivre
  • Mettre sur le feu jusqu’à frémissement et maintenir ainsi pendant environ 30 minutes

Note : les choux (brassica) sont une des rares espèces sur lesquelles l'absence d'identification certaine ne m'inquiète pas. Hormis certaines giroflées (giroflée des murailles par exemple), il n'y a en effet aucune plante réellement toxique dans la famille. Qui plus est, on retrouve toujours chez elles les mêmes caractéristiques : forme des feuilles, saveur piquante (cresson, radis, moutarde, navet, roquette etc.), fleurs en croix.

dimanche 23 janvier 2011

Je me suis fait étiqueter

Et bien voilà, je viens de me faire « taguer » ou « étiqueter » si on tombe dans la traduction littérale. En ce début d'année, le sujet était tout trouvé : 4 résolutions en photo pour 2011, et comme tout tag, le communiquer à d'autres destinataires. A l’origine de tout ça, Manon, canneuse-marmiteuse québécoise.

Alors on commence par les résolutions illustrées :

  • Perdre du poids.

    Dans le genre résolution banale, mais malheureusement nécessaire. Car qui dit "publier" ne dit pas forcément "tout manger"...
     

  • Conséquence de la première, publier des recettes plus légères.

    Moins de crème, moins de fromage, moins de pâtes...
     

  • Publier des recettes avec des sauvages inédites dans ce blog.

    Comme par exemple la bourse à pasteur pour les végétaux, les fucus pour les algues, l'oronge pour les champignons. Les deux premiers, je n’aurai sans doute aucun problème pour les trouver, mais l’oronge, la fameuse amanite des Césars, il me faudra d’abord pouvoir faire un crochet dans le sud au bon moment et surtout trouver un coin… C’est loin d’être gagné !
     

  • Ne plus faire de fautes d'orthographe dans mes dédicaces.

    Bon, d’un autre côté, on ne peut pas dire que j’en ai signé beaucoup (on doit quand même approcher la centaine…). Et même s'il n'y a pas trop de coquilles dans le bouquin, ça fait pas très sérieux...
     

Et on termine par mes 3 « tagués » :

mercredi 19 janvier 2011

Un odeur de ...

Ca y est, les bourgeons de pins (pinus) ont fait leur apparition. J'avais déjà entamé une petite récolte il y a quelques jours mais je suis tombé aujourd'hui sur un trésor. Il s'agissait d'un petit carré de pin dans une forêt de feuillus. Ceux-ci avaient visiblement mal supporté les récentes intempéries et de nombreuses branches gisaient au sol, probablement cassées par le vent et le poids de la neige. D'énormes bourgeons pointaient au bout de celles-ci et j'ai pu passer quelques minutes à faire le plein.

Cette situation m'a évité le dilemme de la récolte car ôter ces bourgeons est un peu comme un amputation pour l'arbre. Si j'avais dû les cueillir sur un pin encore en terre, j'aurai privilégié les branches basses ou les jeunes arbres en bordure de chemin, voués à disparaitre plus ou moins rapidement sous les mâchoires d'une débroussailleuse.

Ces bourgeons, je les utilise pour faire des infusions. Passées les railleries sur le thème des détergents pour WC, et sur un soit-disant "goût de chiotte", pour ceux qui apprécient ce parfum, c'est un vrai régal. Et quand en plus on rajoute un peu de miel...

Quelques précautions toutefois :
Même si elle est séchée sur les bourgeons, la résine fond dans l'eau chaude mais peut ensuite se redéposer en refroidissant. Le nettoyage des tasses et autres infusoirs en est d'autant plus difficile.
Pour ceux qui serait tentés, ne pas confondre les pins avec les ifs (taxus baccata) qui sont extrèmement toxiques.

If (taxus baccata)
Attention : à l'exception de la chair rouge entourant le fruit (l'arille),
toutes les parties de l'arbre sont extrèmement toxiques

dimanche 16 janvier 2011

Piquant

Ces grandes rosettes de feuilles très découpées qu’on pourrait prendre pour de la moutarde sont celles de la ravenelle (raphanus raphanistrum), un radis sauvage. J’en avais déjà parlé dans ce blog à propos des feuilles, mais en ce moment c’est plutôt la période pour les racines qui sont particulièrement bien développées et pas encore ligneuse.

Par leur aspect, elles s’apparentent plus aux grands radis blancs ou aux daïkons japonais qu’aux petits radis roses qu’on achète en bottes. J’en trouve souvent lorsque je me ballade sur la côte mais pas que... J’ai récemment eu l’occasion d’en trouver en grand nombre dans de vieilles friches, en plein milieu des terres.

Pour avoir une idée du goût des racines de la ravenelle, il suffit de se rappeler le radis rose le plus fort que vous ayez jamais mangé et vous vous en rapprocherez. Pour tout dire, ce piquant se rapproche énormément de celui du raifort. Râpée, la racine de ce dernier est utilisée comme condiment, ersatz de la moutarde. Alors avec les quelques beaux tubercules que j’ai prélevé, j’ai tenté de voir ce que ça pouvait bien donner avec la ravenelle.
 

Condiment de ravenelle

Ingrédients (pour environ 400ml) :

  • 500g de racines de ravenelles
  • 10cl de vinaigre blanc à 8%
  • 20g de sel fin

Préparation :

  • Bien laver les racines avant de les peler
  • Les râper le plus finement possible
  • Les mélanger ensuite avec le vinaigre et le sel avant de mettre en pot

Pour tester cette préparation, j’ai cherché quelques recettes utilisant de la moutarde dans le but de la remplacer par ma ravenelle râpée. Et là, j’ai tout de suite pensé à une tarte au thon, simple et rapide à préparer : la recette idéale pour inaugurer mon pot.

Tarte au thon et radis sauvage

Ingrédients (5 tartelettes) :

  • 250g de pâte brisée
  • 150g de thon en boite égoutté
  • 200g de petites tomates
  • 5 bonnes cuillères à soupe de ravenelle râpée au vinaigre
  • 40g de fromage râpé
  • 10cl de crème fraiche

Préparation :

  • Préchauffer le four à 180°C
  • Chemiser les moules à tartelette (beurrer et fariner légèrement)
  • Découper la pâte brisée en 5 disques
  • Les placer dans les moules et en piquer le fond
  • Répartir la ravenelle au fond de chacune des tartelettes
  • Recouvrir ensuite avec le thon émietté
  • Continuer avec les tomates découpées en rondelles
  • Finir avec le fromage râpé et la crème
  • Enfourner pour 20 à 25 minutes

Comme en ce moment, avec le redoux, les plantes à salade commencent à faire leur apparitions, ça a été l’occasion d’utiliser les dernière rosettes de cardamine des bois (cardamine flexuosa) qu’il me restait ainsi que de l’ombilic (umbilicus ruspestris) et de la doucette (valerianella locusta) récemment glanés. Pour une fois, les nombrils de Vénus (autre nom de l’ombilic) n’étaient pas amers, peut être simplement parce qu’ils sont tous jeunes et qu'ils ont profité de l'humidité ce beau vallon dans lequel je les ai débusqués.

Jeune aussi était la doucette. Les rosettes n’étaient pas bien grosses, mais leur nombre compensait...

Comme toujours avec les salades sauvages, il ne faut surtout pas négliger leur nettoyage : une première fois à l’eau pour éliminer terre et sable, une seconde fois à l’eau vinaigrée pour le lavage fin, l’élimination des insectes, limaces et autres indésirables, une troisième fois pour le rinçage afin d’éviter que l'acidité du vinaigre ne cuise les plantes.

vendredi 14 janvier 2011

Patelles

Il y a quelques mois, alors que nous nous retrouvions sur la côte bretonne entre blogueurs, nous avions tenté de cuisiner quelques patelles. Nous n’avions prélevé que leur muscle « ventouse », un peu comme on peut faire avec les ormeaux, puis nous les avions attendris à grand coup de marteaux attendrisseurs. Mis à mijoter avec de la tomate, de l’oignon, un peu d’ail et de vin blanc, bien que gustativement satisfaisants, ils étaient devenus coriaces, presque caoutchouteux. Il semble que ce mollusque supporte mal la cuisson excessive et qu'il ne doit pas dépasser un point de non retour au delà duquel il est irrécupérable.

Non satisfait de ce résultat, je tente régulièrement diverses préparations pour accommoder ces chapeaux chinois. Jusqu’à présent, je n’ai trouvé que deux manières : d’une part juste crus, tout simplement, et d’autre part sautés pas plus d’une trentaine de secondes sur feu très vif après attendrissement et repos de 24 heures. Pourtant je continue mes expérimentations et c’est encore une nouvelle recette que j’ai testée avec les patelles que j’ai ramenées de mon dernier passage en Normandie.

Comme ces mollusques ont la fâcheuse tendance à durcir, je me suis dit que les utiliser hachés serait un moyen de ne plus attraper de crampes aux maxillaires. Et quoi de plus simple qu’un hachis Parmentier pour utiliser ce mode de préparation.
 

Hachis « patellier »

Ingrédients (pour 4) :

  • 400g de pommes de terre
  • 200g de patelles (muscles ventouse uniquement)
  • 100g de coulis de tomate
  • 1 oignon
  • 2 gousses d’ail
  • 1 cuillère à soupe de farine
  • 2 jaunes d’œufs
  • 25cl de lait entier
  • 30g de fromage râpé
  • Beurre
  • Huile d’olive
  • Chapelure
  • Sel et poivre

Préparation :

  • Lancer la cuisson à l'eau des pommes de terre (non pelées)
  • Pendant ce temps, hacher finement les patelles et l’ail (j’ai utilisé un hachoir électrique pour les hacher le plus finement possible)
  • Mélanger le tout à la farine et à l’oignon finement émincé
  • Verser un peu d’huile au fond d’une poêle très chaude et y faire revenir rapidement le hachis avant de le réserver dans un bol froid
  • Une fois cuites, éplucher les pommes de terre et les réduire en purée
  • Y incorporer le lait et réserver
  • Mélanger les jaunes d’œufs avec le hachis avant de l’étaler dans un plat à gratin bien beurré
  • Etaler la purée par-dessus, puis saupoudrer de chapelure et de fromage râpé
  • Placer 20 minutes à gratiner dans un four préchauffé à 200°C

Côté résultat, je pense que je vais prochainement retenter une variante : sans coulis de tomate, et avec les patelles hachées encore plus finement.

Pour les curieux, c’est une petite rosette de cardamine des bois (cardamine flexuosa) que j’ai utilisée en décoration. Son aspect et sa saveur sont très proches de la cardamine hirsute (cardamine hirsuta). On y retrouve ce même piquant léger et savoureux.

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