lundi 26 octobre 2009

Fiche : morelle noire

Morelle noire (solanum nigrum)Les nouvelles entrées se font rare dans le blog. C'est que les plantes sauvages comestibles ont beau être nombreuses, elles ne poussent pas toutes à proximité de chez soi !

Celle dont je vais parler ici est très commune. Et pourtant je viens seulement de la tester pour la première fois.

La morelle noire (solanum nigrum) est une plante de la famille des solanacées, genre solanum, au même titre que les tomates (solanum lycopersicum), aubergines (solanum melongena) ou encore les pommes de terre (solanum tuberosum).

C’est une plante herbacée de taille moyenne (autour de 40cm). Ses fleurs sont blanches avec au centre des étamines jaunes saillantes (cône d’anthères). Elles poussent sur des grappes (ou plus exactement des cymes) rappelant en miniature, celles des tomates. En fin d’été et en automne, elles donnent naissance à des baies bien rondes, tout d’abord vertes puis noires à maturité.

Morelle noire (solanum nigrum)

La plante contient une substance toxique, la solanine, qui est inoffensive pour l’homme à faible dose. Elle est d’ailleurs présente dans la plupart des autres solanacées, mais la concentration varie selon la partie des plantes (racines, feuilles, tiges, fruits). Rassurez-vous donc, vous pouvez toujours manger pommes de terre et tomates sans crainte.

Douce-amère (solanum dulcamara)A contrario, une plante comme la douce-amère (solanum dulcamara), assez fréquente en France, contient beaucoup plus de solanine. Ses fleurs ressemblent à celles de la morelle noire, mais les pétales sont violets. Pour les fruits, pas de risque de confusion, ceux de la douce-amère sont rouges et ovoïdes.

Dans le cas de la morelle noire, les feuilles en contiennent peu lorsque la plante est jeune. Elles peuvent alors être mangées cuites.

A l’opposé, les fruits en contiennent lorsqu’ils sont verts, mais la substance a pratiquement disparu lorsqu’ils sont noirs.

Baies de morelle noire (solanum nigrum)

En ce moment, ce sont donc les fruits qu’on peut récolter en faisant attention à ne sélectionner que ceux qui sont bien noirs. On peut les déguster crus pour apprécier leur goût rafraichissant et légèrement sucré. Du fait de leur taille, on les utilisera plutôt comme décoration comestible, comme dans la recette toute simple ci-dessous.
 

Duo de solanum (non, il ne s'agit pas de baies de cassis !)

Duo de solanum

Ingrédients :

  • Petites tomates
  • Baies mures de morelle noire
  • Oignon rouge
  • Huile d’olive
  • Fleur de sel

Préparation :

  • Laver puis sécher les tomates et les baies de morelle à l’eau vinaigrée (attention à ne pas écraser les baies noires qui sont assez fragiles)
  • Couper les tomates en tranches
  • Eplucher l’oignon et le découper en tranches fines à la mandoline
  • Dresser, arroser d’un filet d’huile d’olive, et ajouter quelques grains de fleur de sel

Pour se rapprocher d'une entrée plus classique, on peut aussi ajouter un morceau de mozzarella...

20 commentaires:

  1. Jamais goûté, bien que j'en vois partout et surtout dans mon jardin breton... Je crois que nous en avons parlé ensemble l'année dernière. C'est vrai que les avis sont controversés sur cette plante. Nicolas blogueur cobbaye, j'aime bien l'idée, je te fais confiance... je goûterais d'ici quelques semaines !
    PS. : c'est bizarre, j'avais fait un commentaire sur le post précédent, un peu long, mais il a disparu ! Tant pis, me souviens plus en gros, mais pour le séchage des champignons, ma soeur (cueilleuse de champignons hors pair) le fait à four très doux pendant de longues heures, c'est parfait pour les trompettes et les cèpes. En revanche, le sèchage à l'air libre dans un appart, j'en garde un souvenir plutôt horrible : les petites bêbêtes des champs et des forêts, quasiment invisibles à l'oeil nu, sont sortis de partout !!!

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  2. A Colibri : Pas de bébête de mon côté, mais quelques soucis dus à une dessiccation trop lente et sans doute accentué par le fait que la récolte avait eu lieu sous la pluie : Madame Moisissure et Monsieur Pourrissement ont eu raison des quelques 2m² de chapeaux que j'avais mis de côté (tout juste 1/4 de ma récolte).
    La prochaine fois, je tenterai peut-être le four avec une quantité plus réduite.
    Pour avoir déjà pratiqué la méthode avec des orties (afin de les réduire en poudre), je suis certain que ça marcherait. Mais bon, c'est pas très écologique tout ça ...

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  3. Un jour j'avais goûté ces petites baies noires...
    peut-être n'étaient-elles pas assez mûres, mais je me souviens encore de leur astringence en bouche. J'ai tout recraché, et je ne suis pas prête d'y goûter à nouveau.

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  4. A Véro :
    Je ne leur ai trouvé aucune astringence, mais au contraire un goût légèrement sucré et agréable. Confirmation dans "Le régal végétal" (F.Couplan / Ed. Sang de la Terre) : "Les baies crues sont sucrées, d'une saveur agréable bien qu'un peu fade".
    Etait-ce bien solanum nigrum ?

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  5. Le Solanum à petits fruits noirs et comestibles, c'est Solanum retroflexum, pas Solanum nigrum qui n'est pas un toxique violent, mùais qui ne doit pas être utilisé comme un fruit à consommer régulièrement.

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    1. Cher Anonyme (il y en a beaucoup en ce moment...) :

      Je confirme que je parle bien du solanum nigrum (morelle noire), espèce très fréquente en France métropolitaine.

      Concernant la comestibilité de ses baies noires (en quantité modérée, bien entendu), en plus de mon expérience personnelle, je citerai par exemple François Couplan (Le Régal Végétal, Ed. Sang de la terre) :
      "Parmis nos morelles indigènes, la S. nigrum (morelle noire), adventice fréquente des cultures et cosmopolite, est la seule a avoir été consommée. [...] A maturité, les baies noires ne contiennent pratiquement plus de solanine. On les a consommées, crues ou cuites dans le sud de notre continent ainsi qu'en Amérique du Nord. Il est possible par exemple d'en faire des desserts ou des sirops. Les baies crues sont sucrées, d'une saveur agréable bien qu'un peu fade. On peut en ramasser d'importantes quantités."

      N'ayant pas trouvé dans mes références (toutes orientées France métropolitaine) d'allusion au solanum retroflexum que vous citez, j'ai donc fait quelques recherches sur internet. Je n'y ai trouvé aucune référence à cette espèce pour la France et ses pays limitrophes : absente de Tela Botanica et de NCB naturalis, je l'ai par contre trouvée dans Encyclopedia of Life (plante localisée au Sud de l'Afrique et en Australie uniquement), dans GRIN (plante localisée en Afrique, Amérique du Nord et Australie) et dans eFlora.SA (Australie).

      En synthèse, selon ces références, elle serait cultivée aux Etats-Unis, présente sauvage en Australie et dans le sud de l'Afrique. Comme solanum nigrum, elle produirait elle aussi des baies noires comestibles mures (mais plus grosses que solanum nigrum), mais elles-aussi toxiques vertes. Les deux plantes me semblent donc avoir des propriétés très proches ...

      Peut être que solanum retroflexum (anciennement solanum × burbankii, donc hybride) correspond à la forme horticole dont François Couplan parle : "On a d'ailleurs dérivé de la morelle noire une forme horticole que l'on cultive pour ses fruits qui atteignent une taille plus grande que sur la plante sauvage. Mais on ne la rencontre que rarement dans les jardins européens. En Amérique du Nord, on la connaît sous le nom de "wonderberry", baie miraculeuse."

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  6. Bonsoir,
    Lectrice de votre blog et de vos recettes, je tiens ce soir à vous remercier. Déjà pour le site et pour votre enthousiasme. Merci de partages toutes ces expériences avec nous.
    J'ai testé ce soir le risotto au chénopode blanc et comme vous je me suis dit que j'aurais du en ramasser plus! mon ami a aussi beaucoup aimé, il n'en est rien resté.
    Bonne soirée

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    1. Merci à vous ! Ca fait vraiment plaisir d'avoir de tels commentaires et de savoir que cette passion est "contagieuse"...

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    2. Lors de passages à l'île de la Réunion j'ai vu sur les marchés locaux des jeunes pousses de morelle noire proposées à la vente et destinées à être consommées sous le nom de "bréde morelle". Cela m'a surpris car en métropole j'avais toujours entendu dire que cette plante était toxique. Je n'ai cependant pas eu la curiosité d'en consommer.

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    3. J'ai effectivement lu à plusieurs reprise que la morelle noire faisait partie des "brèdes" (visiblement un terme d'origine malgache, dérivé du portugais utilisé pour désigner différentes sorte de feuilles). Comme pour les fruits mûrs, la teneur en solanine des jeunes feuilles est suffisamment faible pour permettre leur consommation. Je n'ai pas encore essayé.
      Au passage, attention aux risques de confusion avec les feuilles de la douce amère (solanum dulcamara) lorsque les fruits ou les fleurs sont absents.

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    4. Je fais de la confiture de morelles noires :
      500 G de morelles noires, 10CL d'eau, 400 g de sucres et jus d'un demi citron.
      Verser l'eau dans une bassine à confiture et ajouter le sucre. Chauffer doucement jusqu'à dissolution du sucre puis porter à ébulition pendant 5 min. Ajouter les morelles et lejus de citron et faire reprendre l'ébulition pendant 10-15 minutes à feu vif en remuant souvent. Faire le test de la goutte sur assiette froide puis mettre dans pots stérilisés.

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    5. Merci pour la recette. Ca doit prendre un certain temps, voire un temps certain, pour récolter 500g de baies ! En tout cas, c'est la bonne période pour les ramasser : je commence à en voir pas mal qui sont mûres.

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    6. Il faut environ 1 heure pour ramasser 500 g.

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  7. les feuilles de la morelle peuvent etre consommées comme des feuilles d'épinard (recette Malgache)

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  8. Bonjour, les feuilles de morelle noires sont consomees comme les epinards au Cameroun, mais vu qu'elles sont un peu dures, il faut d'abord les faire blachir comme les cotes de blettes pour qu'ells se ramolissent, ensuite vous pouvez les faire revenir avec des oignons, un peu d'ail et eventuellement des tomates, delicieux!

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    1. J'ai déjà eu l'occasion, il y a longtemps, de passer un mois au Cameroun, mais je ne crois pas avoir goûté de la morelle sur place (ou peut être à mon insu). J'était plutôt au Nord, à Guider (entre Maroua et Garoua) et j'image que la région est un peu trop sèche pour cette plante. Je la verrais plutôt dans les régions plus humides du sud.

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  9. Bonjour,originaire de la Réunion, j'en consomme régulièrement 1 à 2 fois par semaine sans les blanchir. faire revenir un petit oignon , une gousse d'ail pillé avec 1 ou 2 piments (facultatif). on peut y ajouter une petite tomate saler et laisser cuire à feu doux. Quand le mélange esgt cuit (plus de jus) mettre les feuilles de morel et remuer 2 ou trois fois et c'est tout. Une autre variante consiste à faire revenir dans un peu d'huile 1 petit oignon , 2 gousses d'ail ecrasé du sel . Faire dorer ces ingredients et rajouter 50 cl d'au chaude voir plus (selon la consistance souhaitée). A ébullition, mettre les feuilles de morelle et laisser cuire 5mn. Ca s'appelle le bouillon de brède morelle et bu le soir sous forme de soupe favorise le sommeil. Ce bouillon d brèdes peut être fait avec d'autres feuilles ; laitue, batavia, romaine,mourugua, mafane et bien d'autres que e n'ai pas testées.

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    1. Je retiens pour l'année prochaine, lorsqu'elle sortira de nouveau de terre... parce que pour le moment, avec le froid hivernal, les quelques feuilles qu'on peut encore dénicher sont dans un sale état.

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  10. qu'est ce qui permet à de nouveaux plants de morelle noire d'apparaitre dans le milieu a chaque saison humide?

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    1. La morelle noire est une plante annuelle, il est donc normal qu'il apparaisse de nouveaux plants à chaque saison dans les coins qui lui conviennent (en général, des sols riches en nitrate), pour peu que d'autre plants aient pu disperser leurs graines à la saison précédente.
      Et par ailleurs, comme pour beaucoup de plantes, l'humidité, si elle n'est pas excessive, mais régulière est un facteur de croissance.
      Je ne suis pas certain qu'il faille aller chercher plus loin... ou alors, je n'ai pas bien compris la question.

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