lundi 2 août 2010

Fleur aquatique tentaculaire

Je crois bien qu’aujourd’hui j’ai fait un pas de plus dans ma recherche de nouveauté et d’originalité. J’ai en effet décidé de tester une nourriture sauvage qui aurait de quoi en dégouter certains : l’anémone de mer ou actinie.

Bien que portant le nom d’une fleur, ces petites choses tentaculaires appartiennent bien au règne animal. Car au même titre que les coraux, les anémones sont des polypes. Mais à la différence de ceux-ci, aucun squelette calcaire ne les protège.

Sur leurs nombreux tentacules, elles disposent de cellules urticantes semblables à celles des méduses, les nématocystes, véritables armes de guerre biologique projetant chacune un filament urticant dans les doigts qui auraient la témérité de vouloir tâter du polype. Ces mines miniatures peuvent provoquer de légères brûlures. Je suppose que tout le monde n’y est pas sensible de la même manière car des trois espèces que j’ai pu « chasser » (s’agissant d’animaux, il me semble difficile d’utiliser les termes « cueillir », « glaner » ou encore « récolter ») hier, aucune ne m’a provoqué la moindre brûlure :

 
Tomate de mer ou actinie commune (actinia equinia)A marée basse, elle rétracte ses tentacules pour former une petite boule gluante de couleur brun-rouge, lui valant le surnom de tomate de mer.

 
Anémone-fraise (actinia fragacea)Visuellement proche de l’actinie commune, elle s’en distingue par les taches qui ornent son pied, évoquant les akènes à la surface d’une fraise.

 
Anémone verte (anemonia viridis)La plus belle des trois avec ses tentacules verts aux extrémités teintées de violet.

 
Pour ma première préparation, je les ai simplement nettoyées, égouttées, puis roulées dans la farine avant de les faire sauter à la poêle dans de l’huile d’olive. Chaudes, enrobées d'une fine croute croquante, elles libèrent leur saveur marine dès la première bouchée. Et la cuisson détruisant les cellules urticantes, il n'y a plus rien à craindre de leur part.

En accompagnement, quelques morceaux de courgette sautés avec un peu d’ail et de la tomate cuite avec des fines lamelles de kombu royal (laminaria saccharina).

Ca faisait longtemps que j’attendais l’occasion de trouver cette algue à la saveur sucrée (d’où « saccharina ») et elle s’en enfin présenté.

En principe, elle ne fréquente que les niveaux les plus bas de l’estran et le coefficient de marée n’était pas bien fort, mais cette fois j’avais mon maillot de bain !

3 commentaires:

  1. Quel courage! Je prétends tout aimer, manger de tout...mais vraiment les anémones de mer (de même que les oloturies -orthographe?) me rebutent vraiment. Par contre les algues me tentent toujours...Vive le kombu royal!
    Et "bel été" à Nicolas!

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  2. Au secours, moi qui n'aime pas tout ce qui est bestiole molle et gluante, berk, beuurrrkkk ! Tu es extraordinaire, Nicolas, rien ne t'arrête en matière de cuisine expérimentale ! Cela dit, je ne les pêcherai pas avec mes petites mimines qui ne supportent pas cette texture au toucher, mais une fois dans mon assiette, je goûterai bien ! En tout cas, je les regarderai d'un air plus gourmand quand je les verrai dans les flaques à marée basse !!! Quant aux algues, tu serais heureux par chez moi en second, la mer découvre tellement loin...

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  3. Thérèse :
    Ah les concombre de mer (holothuries)... Je me souviens en avoir mangé en Malaisie, de même que de la méduse.

    Colibri :
    Etonnant que tu d'un côté tu ne supporte pas leur contact et que de l'autre, tu puisses les manger... Il te faudra donc trouver une âme généreuse pour t'en ramasser !

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