mercredi 23 avril 2014

La vie en rose

C'est l'été dernier en cherchant des informations sur différentes fabacées que j'ai appris que les fleurs et les jeunes fruits de l'arbre de Judée étaient comestibles. En général, je suis du genre à mettre rapidement en pratique ce type de découverte, mais à ce moment-là, les fleurs avaient déjà toutes disparues et les cosses des fruits étaient trop avancées. Cela faisait donc de nombreux mois que j'attendais avec impatience de pouvoir trouver ce petit arbre sur mon chemin, et surtout de le trouver fleuri.

Arbre de Judée, arbre de Judas ou encore gainier (cercis siliquastrum). Originaire d'Orient et du sud de l'Europe, cet arbre "cauliflore" (dont les fleurs poussent à-même le tronc) doit son nom au fait que c'est à une de ses branches que Judas se serait pendu. On le trouve fréquemment dans les jardins où ses fleurs sont du plus bel effet, mais également en pleine nature, tout particulièrement dans le sud.

Chez moi, en région parisienne, il se limite plutôt aux jardins et je me voyais mal débarquer chez des inconnus leur demander s'ils étaient d'accord pour que je me serve sur leur arbre. C'est donc à l'occasion du week-end de Pâques, passé plus dans le sud, que j'ai enfin pu faire ma première récolte de ces jolies fleurs roses.
Constat immédiat : ce ne sont pas les fleurs les plus pratiques à récolter. Agglutinées en petites grappes compactes le long du tronc et des branches, il faut prendre le coup de main. Les fleurs du robinier, un de ses cousins, sont bien plus simples à cueillir, et ce, malgré ses épines. Fort heureusement, l'arbre de Judée n'en a pas !

Pour les utiliser cuites, il est préférable de cueillir les fleurs du gainier alors qu'elles sont encore fermée. Ouvertes, elles ont l'aspect classique des fleurs de fabacées qu'on retrouve par exemple chez le robinier, un autre arbre, mais aussi chez les trèfles, luzernes et autres vesces. 

Moins parfumées que les fleurs blanches du faux acacia, les fleurs roses ont quand même l'avantage d'être comestibles crues (alors que celles du robinier ont un effet émétique lorsqu'elles ne sont pas cuites). Elles ont aussi un petit gout acidulé pas désagréable du tout qu'elles conservent à la cuisson, en beignet ou autrement...

Agneau rosé et cru-cuit de fleurs roses


Ingrédients :
Au début de la cuisson, on a l'impression que les fleurs perdent
leur couleur, mais elles reprennent vite une teinte plus violacée
avec la réduction.
  • Un gigot d'agneau rôti de la manière la plus classique, avec son jus de cuisson
  • Quelques bonnes poignées de fleurs d'arbre de Judée
  • Un peu de beurre
  • Un cuillère à soupe d'huile neutre (tournesol ou pépins de raisin par exemple)
  • Sel et poivre
Préparation :

  • Mettre de côté un tiers des fleurs en privilégiant les plus belles
  • Faire fondre le beurre avec l'huile au fond d'une poêle sur feu moyen
  • Jeter les deux tiers restant des fleurs dans la poêle
  • Les faire suer petit à petit en abaissant progressivement le feu
  • Arroser avec une partie du jus de la viande
  • Saler et poivrer
  • Servir simplement les fleurs cuites et crues ensemble avec l'agneau tranché finement

C'est étonnant à quel point les fleurs de fabacées peuvent devenir des légumes à part entière, présentant par ailleurs une intéressante palette de saveurs. J'ai hâte de pouvoir tester les jeunes cosses d'ici quelques semaines !

3 commentaires:

  1. Je trouve cet arbre absolument magique, poétique, il m'enchante. J'aimerais en planter un mais mon jardin est minus et déjà bien garni. Tu m'apprends qu'en plus on peut faire autre chose qu'admirer ses fleurs !

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  2. même à la campagne il pousse dans des jardins clos AVEC gros chien.....pas facile de s'en procurer....ou alors tellement hauts que les premières branches sont inaccessibles...

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  3. gelée de fleurs d'arbre de Judée, c'est agréablement acidulé et d'une couleur tout aussi acidulée

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