mardi 14 septembre 2010

Au bout des branches

En ce moment, ce sont les fruits qu’on trouve au bout des branches. Et depuis le début de l’été, ceux-ci sont particulièrement nombreux cette année...

Ca a commencé avec les prunes dont j’ai pu faire le plein en juillet. Les prunes myrobolan ne sont peut-être pas les meilleurs lorsqu’elles sont crues, mais en confiture, leur saveur acidulée fait merveille.

Acidulées également sont les nombreux petits fruits oranges des argousiers. Les branches de ces arbustes sont tellement chargées qu’on pourrait presque se contenter de les couper sans les égrainer pour préparer de la gelée de cette petite baie acidulée (recette ici).

Les mures aussi sont arrivées relativement tôt. Elles me semblent toutefois plus petites que les années passées, mais peut-être parce que les branches sont aussi plus chargées.

Le sureau fait un peu exception autour de chez moi. Il semble que ces petites baies n’aient pas apprécié l’été. Beaucoup d’entre-elles sont toutes desséchées, sans compter celles qui ont commencé à pourrir. Heureusement, ce n’est pas comme ça partout et ce qui est vrai à un endroit ne l’est pas quelques dizaines de kilomètres plus loin.

Comme les circonstances étaient particulièrement propices, je me suis décidé à tenter une première pour moi : le sorbier. Ses fruits, les sorbes, poussent en corymbe un peu à la manière du sureau. Elles ont un peu la forme de pommes miniatures de couleur rouge-orange ; pas vraiment étonnant puisque le sorbier est de la même famille, les rosacées. Particulièrement appréciées des oiseaux, elles lui ont valu son nom de sorbier des oiseleurs car les sorbes étaient utilisées comme appât pour la capture des volatiles.

Arbre de petite taille qu’on reconnait facilement à ses feuilles pennées aux folioles finement dentées, il se remarque encore plus facilement lorsque les fruits sont là. Leur cueillette n’est pas très difficile : les corymbes sont en général bien fournis et on atteint le kilo très rapidement. Mais avant d’en remplir des wagons, je vous conseille de faire un premier essai. Car la saveur des sorbes est … spéciale et relativement amère. Tempérée par un peu de citron et beaucoup de sucre, elle permet de confectionner une gelée dont le résultat peut rappeler de loin la confiture d’orange amère. Mais pour d’autres, ça pourrait tout aussi bien être un goût de médicament !

Voici donc la recette de cette gelée au goût indescriptible :

Gelée de sorbes

Ingrédients :

  • Sorbes
  • Sucre
  • Citrons
  • Pectine

Préparation :

  • Laver les sorbes
  • Les placer dans une grande casserole et les couvrir d’eau à raz
  • Amener le tout à ébullition et le maintenir pendant quelques minutes, le temps que les fruits se ramollissent
  • Passer au presse légume afin de récupérer toute la pulpe
  • Remettre le jus obtenu sur le feu avec un poids identique de sucre et le jus de deux citrons par kilo de jus
  • Amener à ébullition, ajouter la pectine et cuire pendant 15 minutes minimum
  • Mettre en pot à chaud, visser le couvercle et laisser refroidir tête en bas

Attention aux confusions : Alors qu'elle n'aurait pas de graves conséquences avec la viorne orbier, ça n'en serait pas de même avec le chèvrefeuille.

dimanche 12 septembre 2010

De toutes les couleurs ... ou presque

Aie aie aie ! Je suis en train de prendre du retard sur mes billets... A force de photographier à tout va et de cuisiner sans cesse, je ne trouve même plus le temps pour publier. Ce week-end, c’est donc rattrapage.

Aujourd’hui, pas de recette mais quelques photos de champignons colorés, pas forcément comestibles, voire toxique pour le premier.

Ils sont tous les trois de la famille des bolets, famille dans laquelle on compte l’un des meilleurs champignons comestible : le très couru cèpe de Bordeaux. Mais contrairement à ce que certains pensent, c’est une famille qui compte quelques toxiques « remarquables ».


 
A cause de son aspect et de son nom, le bolet satan (boletus satanas) est certainement le plus emblématique. On le croit souvent mortel mais ce n’est généralement pas le cas pour une personne en bonne santé. Il provoque tout de même de graves troubles intestinaux.

 
Les bolets aux couleurs vives sont légions et c’est une des raisons pour laquelle je ne les ramasse pas. Il en existe tellement d’espèces si proches que les distinguer est vraiment une affaire de spécialiste. Le bolet en photo ci-dessous en est un exemple parfait. Il s’agit probablement d’un bolet blafard (boletus luridus). Même si ce champignon est réputé comestible bien cuit (variable selon les références), il resterait incompatible avec l’ingestion d’alcool. Dans le doute, et peut-être à tort, je préfère le laisser de côté...

 
Ceux-ci aussi je les laisse de côté, et cette fois-ci sans hésitation. Ils ne sont pas réellement toxiques mais pas mangeables non plus car très amers. C’est bien dommage car ces bolets radicants (boletus radicans) sont d’une taille conséquente et présentent parfois un pied bulbeux qui pourrait donner envie, comme sur les photos ci-dessous.

lundi 6 septembre 2010

Salées, mais ...

On continue la série du littoral avec des plantes omniprésentes le long de la bande côtière des cent mètres : les chénopodiacées (amaranthacées dans les nouvelles classifications). Cette famille est d’autant plus remarquable que la plupart de ses membres sont comestibles.

Pour mieux la situer, cette famille est aussi celle de l'épinard et de plusieurs de ses cousins sauvages : les chénopodes. Les deux les plus connus : le chénopode bon-Henri (chenopodium bonus-henricus principalement dans les régions montagneuses et le chénopode blanc (chenopodium album) qui pousse un peu partout surtout si le terrain est dégagé et fraichement retourné.

Mais ces deux là n'ont rien de spécifique au littoral. Ce n'est pas le cas des chénopodiacées suivantes :

La plus connue pour commencer : la salicorne (salicornia europaea). Ce "haricot de mer" (à ne pas confondre avec l'algue du même nom) également nommé "passe-pierre" est probablement la meilleure de toutes. Ses saveurs à la fois végétales et marines en font un légume très intéressant qui peut remplacer les haricots verts dans tous les plats qu'ils accompagnent habituellement. Il supporte aussi très bien la mise en conserve, à la vapeur comme au vinaigre.

Moins connue, mais déjà évoquée dans ce blog : l'obione (halimione portulacoides). Ses buissons de feuilles ovales argentées recouvrent souvent de grandes surfaces en limite des marais salés et autres vasières. Rapide à récolter, mais longue à trier (ou l’inverse selon la technique de récolte), on retrouve dans sa saveur les mêmes note marines et végétales, avec un goût d'épinard plus marqué.

Encore moins connue : la soude maritime (suaeda maritima), dont les fines feuilles succulentes sont très caractéristiques. Halophile comme la salicorne et l'obione, ces trois là se côtoient presque tout le temps. Là encore on retrouve les mêmes saveurs, mais cette fois-ci, c'est le côté marin qui me semble prendre le dessus.

Très proches du chénopode blanc en aspect et en saveur, sans toutefois l'égaler : plusieurs arroches (atriplex) apprécient particulièrement les bords de mer sans pour autant être toutes spécifique à ce milieu. Jamais bien loin de l'eau, elles restent hors de portée des grandes marées, contrairement aux trois précédentes.

C'est également le cas de la dernière de ma petite liste, mais pourtant pas des moindres : la bette marine (beta vulgaris, sous-espèces maritima), ancêtre probable des bettes (sous-espèce vulgaris, variété cicla) et des betteraves (sous-espèce vulgaris, variété rapa pour la betterave rouge). Ses racines ont d'ailleurs le même gout sucré que les betteraves à sucre (variété altissima), et pourraient être consommées cuites si elles n’étaient pas si ligneuses. C'est plus du côté des feuilles que se trouve l'atout de cette sauvage car elle en produit en quantité et souvent de bonne taille. Elles font un « épinard » consistant et très gouteux, y compris les feuilles les plus avancées et les plus épaisses que la cuisson attendrit très rapidement.

Et maintenant, deux idées pour les utiliser... avec modération car avec tout le sel et les oxalates que ces plantes contiennent, en abuser serait mauvais pour les reins (au même titre que les épinards et beaucoup d’autres légumes usuels d’ailleurs).
 

Trio d'halophiles en salade

Ingrédients :

  • Pointes de salicorne
  • Pointes de soude maritime
  • Feuilles d'obione

Préparation (entrée pour 4) :

  • Ebouillanter séparément et pendant 5 minutes maximum les trois plantes dans de l'eau non salée
  • Après cuisson, les plonger immédiatement dans de l'eau glacée puis les égoutter
  • Accompagner d'une vinaigrette balsamique à l'huile de noisette (laisser macérer les feuilles avec la vinaigrette pendant 5 minutes)

Pourquoi ne pas utiliser cette salade en accompagnement d'un tartare de noix de saint-Jacques ?
 

Tarte marine à la crème

Ingrédients (entrée pour 4) :

  • Un saladier plein de feuilles de bette marine et d’arroches
  • Deux poignées de salicorne
  • 150g d'andouillette
  • 100g d’Ossau Iraty
  • 15cl de crème fraiche épaisse
  • 300g de pâte à pizza (250g de farine, un peu d’eau, d’huile d’olive, de la levure et du sel, à faire lever au moins deux heures)

Préparation :

  • Préchauffer le four à 200°C
  • Fariner abondamment la pâte et l’étaler pour former un grand disque (travailler sur une feuille de papier cuisson pour pouvoir enfourner plus facilement
  • Blanchir la salicorne 5 minutes, égoutter et réserver
  • Blanchir la bette 5 minutes, égoutter, presser afin d’évacuer un maximum d’eau
  • Hacher finement la bette
  • Tartiner la pâte avec la crème puis répartir la bette hachée sur toute la tarte
  • Ajouter ensuite la salicorne (découpée en petits segments de quelques centimètres) et l'andouillette découpée en cubes
  • Finir avec le fromage, râpé ou débité en tous petits morceaux
  • Enfourner jusqu’à ce que la pâte soit dorée (25 minutes environ)

Note : Ce sont les dernières semaines pour récolter la salicorne et la soude. D’ici un mois, leurs branches seront devenues ligneuses et immangeables. Il est dés à présent préférable de ne prélever que les extrémités des tiges, juteuses et charnues. Ne vous jetez pas pour autant dessus. La récolte de plantes comme la salicorne est parfois réglementée et certaines chénopodiacées du littoral sont protégées (obione pédonculée ou arroche à long pédoncule par exemple).

samedi 4 septembre 2010

Racines

Rares sont les occasions que j’ai de récolter les racines sauvages. Souvent beaucoup plus petites que leurs équivalents cultivés comme avec la carotte ou le panais, leur préparation est à la fois longue et délicate. Malgré leur saveur plus intense, j’hésite toujours avant de me demander comment je vais bien pouvoir faire pour les déterrer. Car même en ayant finalement décidé de passer à l’acte, ce n’est pas pour autant qu’elles accepteront de suivre la touffe de feuilles que j’aurai empoignée pour les sortir du sol !

Il faut dire que je ne me promène pas avec une bèche en permanence. En fait, n’ayant pas de jardin, je n’en possède même pas. L’arrachage est donc toujours délicat, surtout lorsque je n’ai pas prévu le coup et que je n’ai même pas pris ma petite binette dans mon sac à dos. Dans ce cas, j’utilise un vieux couteau pour « préparer » la terre autour. Mais par temps sec, ce n’est même pas la peine d’y penser...

... sauf comme il y a quelques jours sur les bords de la Manche : une quantité impressionnante d’onagre avait élu domicile dans le sable et avec ce type de sol, l’extraction à mains nues fut un véritable plaisir !

L’onagre est une plante bisannuelle, c'est-à-dire que son cycle de vie se déroule sur deux années. On trouvait donc deux populations mélangées :

  • Les onagres de deux ans, qui exhibaient leurs dernières fleurs jaunes avant d’essaimer et de laisser place à la nouvelle génération.
  • Les onagres d’un an. Encore à l’état de rosette.

Les racines des premiers étaient ligneuses et donc totalement inexploitables. Ce n’était pas le cas de celles situées sous les rosettes qui, sans être tendres, étaient très peu fibreuses et surtout de taille conséquente.

Après l’épluchage et une cuisson à deux eaux de 2 fois 10 minutes, ces racines à la teinte violacée avaient une consistance beaucoup plus acceptable. Mais il s’agit d’onagre et malgré une agréable saveur mélangeant noisette et artichaut, malgré la double cuisson, le tubercule gardait encore un peu ce piquant irritant caractéristique de la plante. Mais un peu de crème pour enrober tout ça et le tour était joué !
 

Blancs de poulet dorés, onagre à la crème

Ingrédients (pour 4) :

  • 4 blancs de poulet (500g environ)
  • 500g de racines d’onagre (les plus grosses)
  • 20cl de crème liquide
  • 20g de beurre
  • 10cl de vin blanc sec
  • 2 cuillères à soupe d’huile de tournesol
  • Sel

Préparation :

  • Bien brosser et laver les racines d’onagre sans les éplucher
  • Les cuire 2 fois 10 minutes à l’eau bouillante en jetant l’eau à chaque fois
  • Egoutter, laisser tiédir et éplucher les racines
  • Les découper en rondelles et réserver
  • Saler les blancs, les cuire dans l’huile et finir de les dorer avec le beurre
  • Réserver le poulet
  • Déglacer avec le vin blanc puis ajouter la crème et l’onagre
  • Cuire à feu doux et laisser réduire en nappant bien les rondelles

Avec toute cette crème, on ne peut pas dire que ce soit un plat léger, mais si quelqu'un a d'autres trucs pour faire passer le côté irritant de ce tubercule, je suis preneur...

mercredi 1 septembre 2010

Acide, mais ...

A mi-chemin entre l’arbuste et le buisson, l’argousier est une plante plutôt discrète en temps normal, mais lorsque ses branches sont lourdement chargées de centaines de petites baies, impossible de l’ignorer. Pour bien le reconnaitre, il faut se souvenir de quelques couleurs :

  • Vert pour les feuilles, ça c’est facile. Mais argentées sur le dessous, sombres sur le dessus. Leur forme allongée rappelle un peu celle de beaucoup de saules.
  • Orange pour les petites baies ovales poussant agglutinées le long des branches lorsqu'elles sont mûres.
  • Rouille pour les petites particules qui recouvrent souvent la peau des fruits.

Pour parfaire l’identification :

  • L’extrême acidité des fruits (comestibles crus), solidement accrochés à leurs branches ; tellement solidement qu’une fois sur deux, ceux-ci éclateront entre vos doigts. Tous les argousiers ne sont pas porteur de fruits. C’est en effet une plante « dioïque », c’est-à-dire qu’il existe des pieds mâles et des pieds femelles, seuls à fructifier
  • Les épines auxquelles vous ne manquerez pas de vous frotter en vous acharnant sur les petites baies récalcitrantes

Fruits acides minuscule et impossibles à récolter, branchages épineux, on ne peut pas dire que cette première présentation de l’argousier soit séduisante. Mais soyez patient, c’est maintenant que ça devient intéressant. Malgré leur acidité, les argouses ont aussi une saveur très particulière et pas désagréable du tout. Je me suis même surpris à en grignoter quelques-unes comme ça, pour le plaisir. Et puis c’est un véritable concentré de vitamines : C en dose éléphantesque (jusqu’à presque 1% du poids du fruit), E, B1, B2, B6 et provitamine A pour les principales, sans compter un large éventail d’oligoéléments. Mais pour en profiter pleinement, il faut les déguster crues :

  • Utilisées avec parcimonie, elles donnent une saveur acidulée aux desserts simples comme les salades de fruits.
  • Pressées (au presse légume d’abord puis dans un linge ensuite), leur jus est un produit de remplacement pour le vinaigre ou le jus de citron. Je vous le conseille particulièrement dans une vinaigrette avec de l’huile de noix, mais une huile d’olive bien fruitée donne aussi un très bon résultat.
  • Leur pulpe et leur jus, sucrés, permettent de préparer un sirop très rafraichissant au goût incomparable. Dans son ouvrage « Dégustez les plantes sauvages », François Couplan donne une recette qui permet de le préparer sans cuisson.

La cuisson donne aussi la possibilité de les préparer en gelée, dont je vais vous donner ma recette. Mais avant, quelques conseils de cueillette :

  • Ne pas perdre son temps à cueillir les fruits un à un sur pieds mais prélever directement les terminaisons des branches les plus chargées. Ca évite de se massacrer les mains sur les épines.
  • A n’appliquer toutefois que dans un coin où les argousiers ne manquent pas car il leur faudra plusieurs années pour reconstituer ce qui aura été prélevé.
  • De retour à la maison, utiliser une fourchette pour peigner les baies. C’est plus rapide et encore une fois, ça permet de maintenir les épines hors de portée des mains. Cette méthode étant assez traumatique pour les fruits, elle n’est à appliquer que si leur aspect ne compte pas (méthode à éviter si les baies doivent être utilisées dans une salade de fruits).

La période de fructification, c’est pile poil en ce moment et jusqu’au début de l’automne. Et ô bonheur, j’ai eu la chance de découvrir une véritable forêt de ces arbrisseaux !

Gelée d’argouses

Ingrédients :

  • Une bonne quantité d’argouses
  • Eau
  • Sucre
  • Pectine en poudre

Préparation :

  • Rincer les baies avant de les écraser (au presse légume par exemple)
  • Presser les baies écrasées par petites quantités dans une passoire fine pour récupérer le jus et la pulpe
  • Verser le jus dans une grande casserole (éviter les intérieurs métalliques à cause de l’acidité des fruits, et privilégié les revêtements émaillés ou téflonés)
  • Ajouter 1kg de sucre et 25cl d’eau par litre de jus pulpeux
  • Porter le tout à ébullition
  • Ajouter la pectine (selon les doses recommandées, en général, un sachet par kilo de sucre)
  • Cuire pendant une dizaine de minute avant de mettre en bocal (stérilisés de préférence)
  • Visser les couvercles et laisser les bocaux refroidir tête en bas (auto-stérilisation)

lundi 30 août 2010

Les couleurs du diois

 

Voici le dernier billet consacré aux quelques jours que j'ai passé dans le Diois au début du mois d'août... trop court comme toujours.

Mais ce n'est pas fini pour les articles rétrospectifs. A venir (dans le désordre) : argouse, sorbe, plantes halophiles diverses et probablement d'autres que j'ai oubliées.

Pas de recette aujourd'hui mais juste quelques photos, pour le plaisir des yeux...

 
Bleu ciel, bleu profond, bleu pastel, bleu délavé ... mais toujours bleu !


 
Vert piquant !

 
Jaune comme le soleil ...

 
Jaune ou pourpre ?

 
Celle-ci, pas de doute, c'est pourpre ...

 
Rouge pour conclure cet arc-en ciel végétal ...

samedi 28 août 2010

Aussitôt-dit, aussitôt-fait

A la mi-aôut, c’était mon anniversaire. Comme il est difficile de trouver un pâtissier en pleine campagne et que de toute façon, on est jamais mieux servi que par soi-même, le gâteau était « fait maison ».

Pour la recette de base, nous avions choisi un dessert que ma grand-mère avait l’habitude de faire et qu’elle appelait le « tôt-fait ». J’avais toujours cru que le nom de ce gâteau très économique s’écrivait en un seul mot, du genre « tofé » et ce n’est qu’en voyant la recette laissée par mon aïeule sur son antique cahier de recette que j’en ai compris l’orthographe.

Du coup, une autre question m’était venue à l’esprit : pourquoi « tôt-fait » ? Il semble que ce soit tout simplement parce que sa préparation est très rapide : « Aussitôt-dit, aussitôt-fait ».

Nature, c’est une préparation relativement sèche et je me souviens que ma grand-mère avait l’habitude de le napper au chocolat. Mais vous êtes ici sur « sauvagement-bon » et il était inconcevable de se contenter de ça. Petite réflexion : le chocolat, ça va bien avec plein de choses mais on est en été et il faut un parfum rafraichissant. La menthe, c’est pas mal, mais il y a encore mieux : le calament à grandes fleurs cueilli quelques jours plus tôt. Décidément, je n’arrête pas de taper dans les réserves que j’ai constituées pour la morte saison.

Pas si tôt-fait aux saveurs mentholées

  • Pour la pâte :
    • 4 œufs
    • Un poids égal de farine (environ 150g)
    • Pareil pour le sucre (environ 150g)
    • 1 sachet de levure chimique
    • 5cl de lait
  • Pour la garniture :
    • 50cl de lait
    • 50g de farine
    • 100g de sucre
    • 2 jaunes d’œuf
    • Deux bonnes poignées de calament à grandes fleurs
    • 150g de chocolat
    • Un demi-verre de lait
    • 25g de beurre

Préparation :

  • Du gâteau :
    • Séparer les jaunes des blancs
    • Monter les blancs en neige
    • Battre les jaunes avec le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse
    • Mélanger la farine avec la levure puis incorporer le tout aux jaunes avec le lait
    • Y incorporer ensuite les blancs à la manière d’une mousse, en enrobant le mélange sans le battre afin de le garder aéré
    • Verser dans un moule à manqué chemisé (beurré et légèrement fariné) et placer dans le four préchauffé à 180°C pour 30 minutes environ
    • Surveiller l’aspect et couvrir d’une feuille d’aluminium si la croute brunit trop
  • De la garniture intérieure :
    • Amener les 50cl de lait à ébullition avant de couper le feu pour y mettre le calament à infuser à couvert pendant une dizaine de minutes
    • Mélanger les jaunes avec le sucre puis la farine
    • Filtrer le lait lorsque le calament est bien infusé et le porter à nouveau à ébullition
    • Baisser le feu et ajouter le mélange œufs-sucre-farine
    • Fouetter immédiatement l’appareil tout en continuant la cuisson à feu très doux
    • N’arrêter de fouetter que lorsque la crème devient épaisse et onctueuse
  • Finition :
    • Laisser tiédir le gâteau pour le démouler
    • Avec un long couteau très bien aiguisé, le couper en deux dans l’épaisseur
    • Tartiner uniformément la crème sur la moitié inférieur et remettre l’autre moitié en place
    • Chauffer le demi-verre de lait pour y faire fondre le chocolat débité en petits morceau et le beurre
    • En napper le gateau

Petite devinette (pas très difficile) : selon leur couleur, les valeurs des bougies sont 1, 5 et 10. Quel est mon âge ?

vendredi 27 août 2010

Pain mignon

Alors que le calament à grandes fleurs et l’aspérule odorante cueillis la veille étaient déjà en train de sécher, j’étais pris d’une envie de compléter mes provisions d'aromatiques pour les mauvais jours.

De bon matin, je quittais donc le village à pieds, direction la Butte de l’Aigle. L’ascension commençait plutôt bien avec la lumière du soleil levant qui m’offrait un magnifique cadeau : quelques rayons au travers des branchages illuminant la fine ombelle d’une carotte en fleur. C’est le genre d’image qui vous met en forme pour la journée !

Les presque deux heures de montée m’avaient permis de repérer les différents points de cueillette auxquels j’allais pouvoir m’arrêter lors de la descente :

Du serpolet partout.

 
De l’origan de-ci de-là.

 
Et de la lavande encore en fleurs sur la partie la plus haute du parcours.

 
Forcément la descente avait été beaucoup plus longue. Bien entendu, il y avait la récolte avec mon grand sac en toile à remplir : six mois de provisions, ça fait du volume et ça prend du temps. Mais il y avait aussi les photos : avec ce beau soleil matinal, il aurait été dommage de ne pas en profiter.

Le parfum du serpolet m’ayant accompagné durant tout mon retour, j’avais en tête une préparation que j’ai pu rapidement mettre en pratique, moyennant un petit prélèvement sur mes provisions.

Pain mignon au serpolet

Ingrédients :

  • Un filet mignon (porc) de 600g
  • Une trentaine de tiges de serpolet
  • 500g de farine
  • 25cl d’eau + 5cl d’eau tiède
  • 3 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • Un sachet de levure de boulanger
  • 1 cuillère à café rase de sel, plus quelques pincées

Préparation de la pâte (au moins deux heures avant) :

  • Diluer la levure dans l’eau tiède
  • Mélanger la farine et la cuillère à café de sel, puis y ajouter l’eau, la levure et l’huile
  • Pétrir jusqu’à ce que la pâte ne colle plus aux doigts
  • Former une boule et laisser reposer couvert d’un linge dans un endroit tiède

Préparation du pain :

  • Préchauffer le four à 200°C
  • Entailler le filet mignon sur toute sa longueur et la moitié de son épaisseur
  • Effeuiller le serpolet et en répartir les feuilles à l’intérieur de l’entaille du filet mignon
  • Refermer le filet et bien le saler sur toute sa longueur
  • Fariner généreusement la pâte qui devrait avoir doublé, voire triplé de volume
  • L’étaler sans l’écraser (elle doit rester aérée) de manière ce qu’elle soit légèrement plus longue que le filet mignon et suffisamment large pour qu’elle puisse totalement l’enrober
  • Rouler la pâte autour du filet en s’assurant de laisser un minimum d’air
  • Souder tous les bords en les humidifiant légèrement
  • Aménager 3 petites cheminées sur le dessus du pain avant d’enfourner pour une heure. Si celles-ci se referment à la cuisson, trop d'eau évaporée s'accumule à l'intérieur du pain. C'est ce qui n'est arrivé comme on peut le voir sur la photo. Le pain n'en est pas moins bon.

A servir chaud mais pas brulant ! Le serpolet est un aromate qui se marie merveilleusement avec les viandes de porc et d'agneau. Ici, le pain capture son parfum délicatement citronné tout en empèchant la viande de se désecher. C'est un régal !

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