jeudi 14 juillet 2011

Haricot de mer ou haricot de mer ?

L
 
a première fois que j’ai dégusté de la salicorne (j’étais encore gamin), on me l’avait présentée sous le nom de « passe pierre » et j’avais vraiment adoré. Plus tard, il m’est arrivé plusieurs fois d’en acheter chez mon poissonnier qui lui l’appelait « haricot de mer ».

Encore plus tard, je la découvrais dans son habitat lors de balades sur le littoral. Au cours de ces mêmes balades, je découvrais aussi un autre « haricot de mer ». Celui-ci pourtant ne poussait pas tout à fait aux mêmes endroits.

Alors que mon premier est une plante de petite taille qui pousse par exemple en bordure des vasières d’estuaire (les fameux prés salés), mon second pousse carrément sous l’eau et ne se dévoile totalement que lors de marées à forts coefficients, sous forme d’une épaisse chevelure accrochée aux rochers. Il s’agit d’une algue comestible, l’himanthale (himanthalia elongata), parfois aussi appelée spaghetti de mer.

Entre la salicorne et l’himanthale, devinez laquelle est la plus salée ? Et bien contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas l’algue mais bien la plante herbacée !

Salade aux deux haricots, sans haricot
(c’est clair non ?)

Ingrédients :

  • Quelques poignées de salicorne
  • Autant d’himanthale (fraiche ou réhydratée)
  • Quelques feuilles de dulse (une autre algue)
  • Huile d’olive
  • Vinaigre de cidre
  • Du poivre, mais surtout pas de sel !

Préparation :

  • Ebouillanter les algues pendant 10 minutes et la salicorne pendant 5 minutes
  • Une fois cuites, les plonger immédiatement dans l’eau froide avant de bien égoutter
  • Découper les feuilles de dulse en fines lanières et l’himanthale en segments de quelques centimètres
  • Mélanger avec la salicorne, une filet d’huile et de vinaigre et quelques tour de moulin à poivre

Note :
En cherchant sur internet d’autres utilisations pour mes haricots de mer, quelle ne fut pas ma surprise de constater que ce nom était parfois suivis d’un symbole "®" indiquant qu’il s’agit d’une marque déposée. N’en croyant pas mes yeux, je suis allé faire un petit tour rapide sur le site de l’INPI et c’est bien confirmé : la marque a été déposée en 1994 et elle est utilisée pour l'himanthale. Que ce soit suite à ce dépôt que le nom s’est banalisé ou que la société en question se soit approprié un nom utilisé par ailleurs, je ne comprendrai jamais comment on peut autoriser une entreprise à déposer un nom de marque pour une espèce totalement naturelle !

1 commentaire:

  1. N'ayant pas le choix, j'en ai acheté hier chez un poissonnier, je vais garder une partie pour en afire des pickles.

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