lundi 31 mai 2010

Blé des bois

Peut-être qu’un jour, au cours d’une balade en forêt, vous est-il arrivé de passer à côté sans vous en rendre compte.

Peut-être qu'un peu plus attentif, vous avez remarqué ces épis en les prenant pour du blé.

Peut-être même qu’intrigués de voir ce type de céréales en pleine forêt, vous avez essayé de les observer de plus près.

Peut-être qu’enfin vous avez pensé que ça ressemblait étrangement aux bottes que le primeur avait essayé de vous vendre le matin même, à un prix totalement indécent.

Et vous auriez eu raison, il s’agit bien d’aspergettes. Le primeur qui vous affirmait qu’il vous proposait d'authentiques asperges sauvages se trompait, car à y regarder de plus près, ce ne sont pas des asperges.

Ornithogale des Pyrénées : tel est son nom. Mais nul besoin d’aller au pied des montagnes pour en trouver. Elle pousse un peu partout en France, y compris en région parisienne, comme celle dont vous voyez actuellement les photos.

Lorsqu’elles sont peu développées, on pourrait les confondre avec des jacinthes des bois en bouton n'ayant pas encore pris leur teinte bleutée. Plus tard, lorsque les tiges de l'asperge des bois atteignent pratiquement un mètre de haut, il n’y a plus de confusion possible. Pas de confusion non plus avec une de ses cousines : l’ornithogale en ombelle, qui aprécie plutôt de rester près du sol. Je préfère son nom plus poétique de belle-d’onze heures qu’elle doit à la propriété qu’ont ses fleurs de s’ouvrir complètement lorsqu’elles sont éclairées par le soleil. Certains en mangent les bulbes cuits, mais je n’en ai jamais trouvé en assez grande quantité pour oser en récolter.

Ce n’est pas de cas avec les aspergettes qui poussent en grande quantité dans les coins que je connais. Mais avec elles, je me contente des épis.


Sauté d’asperges des bois au tofu

Ingrédients (pour 4) :

  • 200g de tofu ferme
  • 80 aspergettes (les 20 derniers centimètres des têtes)
  • 2 oignons
  • 2 gousses d’ail
  • 1 cuillère à café de d’huile de sésame
  • 1 cuillère à soupe de sauce soja
  • 1 cuillère à soupe de mirin (sorte d’alcool de riz doux utilisé dans la cuisine japonaise)
  • 2 cuillères à soupe d’huile de tournesol

Préparation :

  • Blanchir rapidement les aspergettes
  • Séparer les têtes des queues, réserver les têtes et découper les queues en petits tronçon
  • Verser les deux huiles dans une poêle bien chaude
  • Y faire revenir l’oignon émincé, puis ajouter le tofu découpé en cubes, les queues d’aspergettes et l’ail finement haché, arrosés du mirin et de la sauce soja
  • Cuire le tout pendant quelques minutes sur feu vif en remuant régulièrement
  • Finir en ajoutant les têtes d’aspergette et cuire encore 30 secondes

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Pour conclure, un peu de pub pour Vincent (parti préhistorique) qui organise le week-end prochain la première Rencontre des “cuistos sauvages” à laquelle participera CitronVert (obsédé culinaire notoire). Quel dommage que je ne puisse me joindre à eux !

jeudi 27 mai 2010

Simplicité

Parfois, il n’est pas nécessaire d’aller chercher dans la complexité pour préparer quelque chose de délicieux.

Prenez quelques jeunes tiges de berce, d’un beau vert tendre avec au bout de jeunes feuilles encore toutes froissées.

Lavez-les soigneusement.

Pelez-les en retirant la pellicule externe à laquelle les nombreux poils sont rattachés.

Si les tiges sont trop fermes, blanchissez-les une petite minute.

Formez des petits fagots attachés avec une feuille d'ail sauvage ou de ciboulette.

Ajoutez quelques cristaux de fleur de sel.

Dégustez.

lundi 24 mai 2010

Grand soleil… ou presque

C’était dimanche après midi, à Yport, petite ville de la côte normande. Un kilomètre à l’intérieur des terres et le soleil était radieux, mais plus avant ... un impressionnant mur de brume laissait à peine distinguer les rochers dévoilés par la marée basse. Probablement une histoire de contraste thermique ou quelque chose du genre.

Ici au moins, les coups de soleil pris sur mes avant-bras et la nuque ne risquaient pas d’empirer...

Si on en profitait pour aller cueillir quelques algues.


Un impressionnant tapis de fucus dentelé recouvre les rochers. Bien que comestible et pas mauvais, il n’est pas très pratique à utiliser en cuisine à cause de sa dureté.


L’immanquable laitue de mer qui peuple la moindre flaque. Crue ou cuite, sa saveur iodée donne une touche marine à tout ce qu’elle accompagne.


D’une couleur qu’on pourrait sans doute qualifier de « rouge-violacé », ce sont les thalles de la dulse. Ceux-ci sont de belle taille : aucune hésitation quant à la cueillette. Un peu plus ferme que la laitue de mer, je la préfère cuite.


Quelques grosses lanières qui dépassent de l’eau d’une flaque, il s’agit de laminaire digitée. On l’appelle aussi « kombu breton » par analogie au « kombu royal » qui est une algue cuisinée au Japon. Elle a l’étonnante propriété d’accélérer la cuisson des légumes secs et des légumineuses tout en facilitant leur digestion.


Quinoa marin

Ingrédients (pour 4) :

  • 250g de quinoa
  • 1 poignée de dulse fraiche
  • 1 poignée de laitue de mer
  • 30cm d'une belle lanière de laminaire digitée
  • 1 gousse d'ail

Préparation :

  • Bien nettoyer les algues avant de les hacher grossièrement
  • Amener de l'eau à ébullition
  • Y diluer un peu de sel ou un bouillon cube
  • Ajouter le quinoa et l'ail haché
  • Ajouter les algues lorsque le quinoa est presque cuit
  • Cuire encore une ou deux minutes avant de servir

Et puis histoire de ne pas entretenir la réputation du mauvais temps des côtes de la Manche, une dernière photo prise deux heures plus tard.

lundi 17 mai 2010

Vous avez dit « côte-lièvre » ?

Cette semaine d’absence passée au fin fond de la Drôme n’a pas été vaine. J’ai enfin découvert ce qu’était la « côte-lièvre » ! Ca faisait en effet deux ans qu’on me parlait de cette plante mystérieuse que les anciens du village avaient l’habitude de cueillir et de consommer en salade. Mais jusqu’à récemment, personne n’avait était en mesure de m’en montrer le bout d’une feuille, tout simplement parce seul le nom de la plante restait encore dans la plupart des mémoires.

C’est enfin grâce à Huguette et Jean-Louis que le mystère est levé. Eleveurs de chèvres, de brebis, micro-producteurs de picodons de la Drôme, viticulteurs, cultivateurs de lavande ou de blé, bref, paysans dans l’âme, les ressources locales n’ont aucun secret pour eux. La description qu’ils m’en avaient faite m’avait tout de suite rappelé la laitue vivace, mais sans certitude. Quand l’occasion s’est présentée d’avoir dans un même lieu, et cette laitue, et mes deux paysans, je me suis empressé de les soumettre à une confrontation... qui s’est révélée être un succès : « côte-lièvre » et laitue vivace sont donc bien la même plante, qu’on appelle aussi « salade de lièvre », « chevrette », ou encore « chevriotte ».

Avec ses feuilles très découpées, elle est d’un aspect assez différent de celui de la laitue sauvage, beaucoup plus massive. Alors que cette dernière est très répandue sur tout le territoire, la « côte-lièvre » se trouve plutôt dans les zones méridionales et apprécie particulièrement la garrigue. Mais dans les deux cas, on retrouve le même lait blanc qui s’écoule de leurs blessures et qui vaut le nom de « laitue » à ces plantes.

Craquantes mais pas coriaces, les feuilles de la laitue vivace peuvent être cueillies jusqu'à l’apparition des premiers boutons floraux (en ce moment, ce sont les derniers jours). Avec un goût de noisette verte très délicat, la laitue vivace est parfaite pour servir de base à une salade.

Salade composée de côte-lièvre

Ingrédients (pour 4) :

  • Quelques bonnes poignées de feuilles de laitue vivace
  • 150g de poitrine salée
  • 4 œufs
  • Vinaigre de cidre
  • Moutarde
  • Huile d’olive
  • Sel et poivre

Préparation :

  • Laver la salade à l’eau vinaigrée avant de bien la rincer à plusieurs eaux
  • Faire revenir la poitrine découpée en petits lardons
  • Cuire les œufs entiers pendant six minutes dans de l’eau bouillante vinaigrée pour qu’ils soient juste « mollets »
  • Faire une vinaigrette avec la moutarde, l’huile, le vinaigre, le sel et le poivre
  • Dresser en commençant par la laitue, puis les lardons et l’œuf coupé en deux avant de finir avec la vinaigrette
  • Et pour les plus gourmands, verser un peu de la graisse des lardons encore chaude

jeudi 6 mai 2010

Petite pause

Une semaine de vacance pour me poser, me reposer et en profiter pour travailler sur un nouveau projet qui me tient particulièrement à cœur. Mais avant cette courte période de silence, voici un petit billet pour patienter...

C’était sur le littoral Normand, il y a maintenant deux semaines. Au cours de mes pérégrinations, j’avais eu l’occasion d’explorer quelques rochers à marée basse à la recherche de quelques algues. Un peu comme pour les plantes terrestres : elles aussi reprennent leur croissance avec le printemps. J’espérais donc trouver un peu de laitue de mer, une des algues que je préfère et qui a l’avantage d’être très commune. Il y avait bien quelques feuilles (ou plutôt quelques thalles, s’agissant d’algues) accrochées au fond des flaques, mais leur taille était vraiment trop ridicule pour se lancer dans une cueillette. Par dépit, j’avais commencé à ramasser quelques troques, particulièrement nombreuses, tout en suivant la marée qui se retirait.

C’est à ce moment que j’ai aperçu quelques formes allongées onduler au rythme des vaguelettes. Il s’agissait de haricots de mer. Avec moins de 50cm de long, il s’agissait de jeunes exemplaires. En plein hiver, il ne restait d’eux qu’une cupule en forme de champignon ou de ventouse (rayez la mention inutile). On en aperçoit d’ailleurs encore la forme à leur base. Un petit conseil pour la cueillette : la cupule, c’est un peu comme les racines, il vaut mieux couper au dessus.

Mais pourquoi surnommer l’himanthalia elongata (si si, c’est son vrai nom) « haricot de mer » (ne pas confondre avec la salicorne qu’on appelle parfois comme ça) ? C’est peut être à cause de la couleur : il s’agit d’une algue brune, mais il suffit de la plonger dans l’eau bouillante pour qu’elle devienne instantanément verte ... et prête à être dégustée.

Etrangement, elle n’a pas un goût iodé très marqué, ce qui lui permet d’accompagner des plats de toute sorte, tout comme son homonyme terrestre.

Côtes d’agneau aux haricots de mer

Ingrédients :

  • Haricots de mer (compter entre 100 et 150g par personne)
  • Côtes d’agneau
  • Ail
  • Beurre
  • Huile d’olive
  • Sel et poivre

Préparation :

  • Plonger 2 minutes dans de l’eau bouillante les haricots de mer coupés en tronçons d’une dizaine de centimètres
  • Stopper la cuisson en les plongeant ensuite dans de l’eau très froide, puis égoutter et réserver
  • Faire fondre un peu de beurre dans de l’huile d’olive chaude au fond d’une poêle
  • Ajouter les côtes et les cuire des deux côtés en les faisant bien dorer
  • Saler, poivrer puis retirer les côtes pour les remplacer par les haricots de mer et l’ail finement haché
  • Laissez le tout sur le feu suffisamment longtemps pour les chauffer avant de servir

A très bientôt...

dimanche 2 mai 2010

Féérique

Je ne peux m’empêcher de faire ce petit billet prétexte pour les quelques photos d’ail des ours prises ce week-end.

Ces innombrables étoiles blanches caressées par le soleil, ça avait quelque chose de féérique...

Non moins féérique, mais dans une teinte différente, ce sont les jacinthes des bois (non comestibles).

Du muguet pour le premier mai ? ... pour quoi faire ?

Au milieu de cet océan, de jeunes pousses de phytolaque m’ont donné l’occasion de goûter à cette plante pour la première fois. Tendre, avec une saveur délicate, cette plante aurait presque tout pour elle si ses racines et ses fruits n’étaient pas extrêmement toxiques. Il faut se contenter des jeunes pousses encore bien tendres, et ne les consommer qu’après cuisson à l’eau.

J’oubliais aussi de dire que c’est une plante invasive qui fait souvent l’objet d’arrachages...

Bœuf sauté au phytolaque et à l’ail des ours

Ingrédients :

  • Quelques pousses de phytolaque
  • Quelques brins d’ail des ours
  • De la viande de bœuf maigre coupée en fines tranches
  • Sauce soja
  • Maïzena
  • Huile de tournesol

Préparation :

  • Laver le phytolaque et l’ail des ours à plusieurs eaux
  • Blanchir le phytolaque 2 minutes (plongé dans l’eau bouillante salée, puis refroidi dans de l’eau très froide)
  • Bien égoutter les pousses
  • Hacher l’ail des ours
  • Diluer la sauce soja à l’eau et y diluer la maïzena
  • Faire chauffer l’huile dans un wok sur feu vif
  • Y ajouter le bœuf pour le faire dorer sur les deux faces
  • Baisser le feu et ajouter ensuite le phytolaque puis la sauce soja diluée
  • Finir avec l’ail des ours
  • Cuire jusqu’à réduction quasi complète du liquide

PS : Un grand merci à Colibri pour m’avoir fait découvrir le phytolaque au travers de quelques-uns de ses billets.

samedi 24 avril 2010

Enfin !

C’est finalement trois semaines après une première sortie ratée que les morilles ont daigné se montrer. Aujourd'hui, elles n’étaient pourtant pas bien nombreuses : quatre spécimen au fond du panier, pas de quoi pavoiser, mais de quoi préparer un coquelet au vin jaune.

Coquelet aux morilles et au vin jaune

Ingrédients (pour 2) :

  • Un coquelet de 500g
  • 15cl de vin jaune (ou un vin d’Arbois typé, plus économe)
  • 20cl de crème fraiche
  • 10g de beurre
  • 150g de morilles fraiches
  • Quelques cuillères à soupe d’huile de tournesol

Préparation :

    Bien nettoyer les morilles (les passer rapidement et plusieurs fois sous l’eau froide) et les mettre à égoutter
  • Faire chauffer une cocotte en fonte sur le feu
  • Ajouter l’huile et le beurre pour y faire dorer le coquelet, préalablement salé et poivré
  • Ajouter le vin jaune pour déglacer, puis la crème et les morilles
  • Cuire à feu doux pendant 45 minutes environ
  • Mettre le coquelet de côté et faire réduire la sauce
  • Y replacer le coquelet lorsque celle-ci devient onctueuse et cuire encore pendant 5 minutes

PS : Fréd, on y va quand tu veux !

mardi 20 avril 2010

I'll be back

Plop ! ... Ca pourrait presque être le bruit que font les pousses lorsqu'elles sortent de terre, tellement ça monte vite en ce moment. Les dernières gelées nocturnes (et oui, même en région parisienne, il y en a encore) n’y changent rien.

En l’espace de moins d’une semaine, les balbutiantes pousses de consoude et les frêles jets de houblon ont pris plusieurs dizaines de centimètres.

Et dans le genre « pousse expresse », c’est sans doute la renouée du Japon qui remporte la médaille. Avec une plante comme celle-là, pas la peine de se demander si elle poussera ou pas d’une année sur l’autre : écrasée, arrachée, brulée, labourée, broyée, inondée, rien n'y fait, ce « terminator » végétal revient toujours, et pas en douceur ! Pratiquement un mètre en une semaine pour les plus rapides, avec un pied de plusieurs centimètres de circonférence à la base, c’est carrément impressionnant, voire effrayant. Voilà pourquoi la renouée du Japon est nuisible dans les plupart des biotopes dans lesquels elle s’installe : elle occupe tout l’espace !

C’est en ce moment qu’il faut la cueillir. Non seulement vous participerez à sa régulation, mais vous pourrez la manger. Ses tiges creuses à la façon de bambous sont tendres, mais ça ne durera pas. Il faut les choisir pas trop grandes (dans l’idéal, 30 à 50 de centimètres), épaisses et charnues à la base.

La préparation de base est simple :

Epluchage : la peau verte tachetée de rouge doit être enlevée. Avec un couteau, en partant de la base, ça vient tout seul.

Découpage : En tronçons de quelques centimètres, en prenant soin de mettre les têtes de côté (les dix derniers centimètres)

Blanchissage : Tronçons et têtes plongées 2 minutes dans de l’eau bouillante, puis dans de l’eau glacée.

Derrière, toutes les folies sont permises, sucrées ou salées, froides ou chaudes.

Si vous y goutez nature : vous sentirez d’abord un goût acidulé, rappelant un peu la rhubarbe. Comme pour cette dernière, cette saveur est principalement due à l’acide oxalique que les deux plantes contiennent en grande quantité. Pour cette raison, les personnes ayant des problèmes rénaux n’en abuseront pas !

Elles pourront quand même tenter une ou deux recettes à faible dose, comme celle-ci ...
 

Boulettes aux pousses de renouée du Japon à l'aigre-douce

Ingrédients (pour 4) :

  • 32 pointes blanchies de renouée du Japon
  • 500g de viande de porc hachée
  • 1 œuf
  • 3 cuillères à soupe d’origan séché émietté
  • Une dizaine de brins de persil
  • 20cl de coulis de tomate
  • 30g de sucre
  • 5cl de vinaigre de riz
  • 1 oignon
  • Huile de tournesol
  • Quelques pincées de piment d’Espelette en poudre
  • Sel et poivre

Préparation :

  • Cuire l’oignon finement haché dans un peu d’huile
  • Lorsqu’il est translucide, ajouter le coulis de tomate, le piment, le sucre et le vinaigre
  • Cuire à feu doux et laisser réduire
  • Pendant ce temps, mélanger la viande avec l’œuf, le persil finement haché, l’origan, un peu de sel et de poivre
  • Former et mettre de côté 16 boulettes
  • Chauffer un fond d’huile dans une poêle pour y faire dorer les boulettes
  • Baisser le feu et continuer la cuisson pendant quelques minutes
  • Passer 30 secondes les pointes dans la sauce et servir avec les boulettes

vendredi 16 avril 2010

Morille or not morille

Ce n'est jamais très bon de rester sur sa faim (voir le billet "bredouille"). Et justement, l'absence de morilles du week-end dernier m'avait laissé sur ma faim, et je n’étais pas le seul. Avec le peu d'eau tombée cette semaine, ça ne sera probablement pas encore pour ce week-end.

N'en ayant trouvé que des pas très fraiches importées de Turquie dans mon marché habituel, je me suis rabattu sur une boite de morilles séchées. Sans égaler la saveur du frais, ce champignon est probablement l'un de ceux qui supporte le mieux la dessiccation et qui conserve le plus de ses saveurs d'origine.

Chose promise, chose due, me voila donc lancé dans la préparation d'une terrine.

Le choix des ingrédients est délicats et vu le temps que prend la préparation, je n'ai pas le droit à l'erreur si veux pouvoir l'offrir ce week-end. Pour ne pas prendre de risque sur la tenue, je suis parti sur une terrine encroutée (pâte brisée). La volaille, qui fait toujours bon ménage avec les morilles aura une place de choix avec quelques blancs et abats de poulet (cœurs et foies). Pour nourrir le tout et capturer les saveurs dans un minimum de graisse, je pense aussi mettre de la poitrine salée et un peu de foie gras. Avec un verre de vin jaune, quelques herbes, beaucoup de poivre, mais pas trop de sel, je crois que c’est bien parti...
 

Terrine de volaille aux morilles

Ingrédients :

  • 300g de blancs de poulet
  • 300g d’abats de poulet (cœurs, foies)
  • 300g de poitrine de porc salée
  • 200g de foie gras mi-cuit
  • 2 ronds de pâte brisée
  • 40g de morilles séchées
  • 1 bon verre de vin jaune (ou à défaut, un savagnin vieilli en fût de chêne pour avoir cette saveur caractéristique de noix verte)
  • 1 jaune d’œuf
  • Quelques bonnes pincées d’origan et de thym
  • Poivre (j’ai utilisé un mélange poivre noir - poivre de Jamaïque)
  • Sel

Préparation :

  • La veille de la préparation, mettre à tremper les morilles afin de les réhydrater
  • Le jour de la préparation, les mettre à égoutter
  • Mettre le four à préchauffer à 180°C
  • Hacher au couteau puis mixer ensemble un tiers des morilles (les moins belles et les plus grosses), la moitié des abats, la moitié des blancs et la moitié de la poitrine, le tout arrosé du verre de vin jaune
  • Ajouter quelques généreux tours de moulin à poivre et juste un peu de sel (avec la poitrine, il y a déjà de quoi faire)
  • Découper le reste des abats, des blancs et de la poitrine en morceaux d’un ou deux centimètres
  • Les incorporer au mélange avec les herbes et le reste des morilles
  • Chemiser la terrine (beurrer, fariner) avant d'y étaler un des ronds de pâte brisée en prenant soin de bien la répartir de manière à ce qu’elle couvre tous les bords du récipient
  • Etaler une première couche du mélange au fond
  • Placer une couche de fines tranches de foie gras, puis encore une couche du mélange et à nouveau une couche de foie gras
  • Terminer avec une dernière couche du mélange
  • Rabattre les pans de pâte qui dépassent et recouvrir avec le second rond
  • Découper ce qui dépasse et aménager une cheminé au centre (permet d'évacuer le surplus de vapeur)
  • Napper le dessus au pinceau avec une fine couche de jaune d’eau mélangé à un peu d’eau avant de couvrir la terrine
  • Placer une lèchefrite au milieu du four et la remplir avec le l’eau chaude
  • Placer la terrine au milieu de la lèche frite
  • Laisser cuire à 180°C pour 30 minutes puis à 100°C pendant 2 heures au moins en rajoutant de l’eau régulièrement
  • Laisser refroidir avant de placer au frais pendant au moins 24 heures

Dommage que ni Cédric (auquel je souhaite un bon rétablissement), ni Céline, ni Jeff, ni Cécile n'ont finalement pas pu venir... D'un autre côté, ça en a fait plus pour les autres.

mardi 13 avril 2010

Un geste technique

Ce geste, c'est celui qu'il faut maitriser pour cueillir les orties à mains nues. C’est surtout une question de technique, mais aussi de pratique : « Aïe ! ... essaie encore ».

Tout d’abord, il ne faut pas cueillir la plante entière mais uniquement les quelques paires de feuilles du haut (photo suivante), les plus tendres. La tige est tellement fibreuse qu'entière, la plante serait inutilisable. Il fut un temps ou les orties servaient à faire de la corde !

Placer un doigt de chaque coté de la tige au dessous des feuilles (sans les toucher) et resserrer tout en effectuant un mouvement vers le haut. Les aiguillons tubulaires qui poussent sur toute la plante sont orientés vers le haut. En pinçant la tige de cette manière, au lieu de se planter dans les doigts et d’y injecter quelques microgrammes d'un cocktail à base d’acide formique et d'histamine, les mini-seringues se couchent et deviennent inoffensives. Il ne reste plus qu’à tirer vers le haut pour détacher les feuilles.

Pour les moins courageux, une autre technique très simple (celle avec laquelle j’ai commencé) : un sac plastique enfilé comme une moufle. Malheureusement, l’efficacité n’est pas garantie à 100% : les aiguilles de silice passent de temps en temps au travers de la fine couche de plastique.

Si jamais ça vous arrive, trouvez un peu de plantain, malaxez quelques feuilles entre vos doigts avant d’en enduire les piqures. A défaut de faire disparaitre la piqure, ça calmera la douleur.

Pourquoi risquer toutes ces piqures me demanderez-vous ? C’est que l’ortie est une plante qui en vaut vraiment la peine. Bourrée de protéines, de chlorophylle, de fibres et de minéraux, c’est presque un repas complet à elle-seule.

Encore faut-il la préparer et le lavage est un autre moment critique. On dit souvent qu’une ortie mouillée ne pique plus, je dirais plutôt que les probabilités de piqure sont moindres, mais pas nulles ! Pour éviter le contact, rien de tel que de grandes baguettes chinoises. De mon côté, j’ai suffisamment habitué mes mains pour ne plus vraiment les craindre.

Maintenant que les orties sont cueillies, lavées et séchées, pourquoi ne pas tenter une nouvelle mais très diététique version de la classique soupe aux orties.

Avant de vous lancer, il vous faudra aussi cueillir un peu de lamier pourpre (goût rappelant un peu la betterave) et de passerage (voir ici).

Soupes légère aux orties, mais pas que...

Ingrédients (pour 4 bols) :

  • 200g d’orties (feuilles en bout de tige)
  • 200g de pommes de terre (ou le double si vous voulez une soupe épaisse)
  • 50g de passerage (les 10 derniers centimètres de la plante en bouton)
  • 50g de lamier pourpre (tête de la plante)
  • 1,25l d’eau et un cube de bouillon de volaille
  • 2 gousses d’ail ou une cuillère à soupe d’oursinade (recette ici)
  • Sel et poivre

Préparation :

  • Placer l’eau sur le feu afin de la porter à ébullition
  • Pendant ce temps, éplucher les pommes de terre et les débiter en petits cubes
  • Continuer en hachant les feuilles d’orties, de passerage
  • Lorsque l’eau arrive à ébullition, y ajouter le cube, les pommes de terre et les plantes hachées
  • Cuire à feu doux pendant une demi-heure
  • Retirer du feu et mixer
  • Saler (pas trop, un cube contient généralement beaucoup de sel) et poivrer

Pour les gourmands, quelques suggestions d’additifs (on oublie la diététique): beurre, crème, fromage, croutons, et pour les traditionnalistes amateurs du chabrot, un peu de vin rouge... Mais c'est aussi délicieux « nature ».

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