mardi 24 mai 2011

Une bien courte déception, le plein de provisions

T
 
emps désespérément ensoleillé, semaine mouvementée, envie de se vider l’esprit ... il n’en fallait pas plus pour partir à l’ouest chercher l’air marin.

 

Quitte à y aller, j’avais ciblé un coin qui, en plus d’offrir de belles balades côtières, permet aussi de passer non loin d’une zone de schorre que les salicornes affectionnent particulièrement. Grace à l’avance que les plantes ont cette année, je m’imaginais déjà les préparer en accompagnement de quelques poissons et j’avais même prévu d’en ramener suffisamment pour faire des conserves.

Mais voilà, la salicorne était bien là, au détail près qu'elle n’était sortie que de quelques centimètres : quelle déception !

 

Déception d’autant plus grande que la soude marine (suaeda maritima) qui fréquente les mêmes endroits, qui plus est aux mêmes périodes, était elle bien présente. Moins connue que la salicorne, de la même famille (c’est aussi celle des épinards), elle est tout autant comestible. On retrouve d’ailleurs chez elle le même type de saveur. Plus frêle que la salicorne, elle donne moins de matière et elle est un peu plus longue à trier à cause de la base ligneuse. Mais dans ces circonstances, elle faisait un très bon palliatif que je ne me suis pas privé de récolter.

Jeunes pousses de soude marine (suaeda maritima)

 

Long aussi à trier, les feuilles d’obione (halimione portulacoides) dont seules les quelques paires terminales sont exploitables. Chaque fois que j’en cueille, je me pose toujours la même question : Existe-t-il une technique permettant d’éviter d’y passer des heures ?

Obione (halimione portulacoides),
ne pas confondre avec halimione pedunculata, espèce protégée

 

Je me réjouissais également de ramener de la bette maritime (betta vulgaris, sous-espèce maritima). Chaque fois que je fais un tour sur le littoral, je ne manque jamais d’en glaner : ses grandes feuilles charnues donnent rapidement beaucoup de matière. Les côtes épaisses s’attendrissent très rapidement après quelques secondes de cuisson, et leur gout légèrement sucré est excellent. Contrairement à la salicorne, celle-ci a bien profité du soleil et a monté extrêmement vite. Comme par miracle, les plus belles des grandes feuilles se sont immédiatement retrouvées dans mon grand sac en toile.


Bette maritime (betta vulgaris, sous-espèce maritima)

 

Dans une zone plus sableuse, l’honkénie (honckenya peploides) aussi était là, formant de grands tapis ne demandant qu’à être tondus : la densité du tapis était telle qu’elle permettait d’en cueillir à grandes poignées. Car ce « pourpier de mer » est comestible. C’est même un bon comestible, tant en texture (plante succulente à la fois tendre et croquante) qu’en goût (avec une petite saveur légèrement poivrée).


Honkénie (honckenya peploides) ou pourpier de mer

 

Autre plante comestible, mais celle-ci protégée et donc à ne dévorer que des yeux : le crambe maritime (crambe maritima) ou plus simplement le choux marin. Ses belles feuilles charnues à la couleur bleu violacée ne demanderaient pourtant qu’à être cueillies... Je me demande si un jour j’aurai l’occasion d’y gouter...

Crambe maritime (crambe maritima),
comestible, mais protégée

 

Mais comme souvent lorsqu’on se retrouve à la mer, on voit aussi de belles plantes, mais pas forcément comestibles, l’occasion cette fois-ci de récolter ... des photos.

 

Jusquiame noire (hyoscyamus niger), très toxique.

 

Orobanche, mais difficile de dire laquelle.
Peut-être une orobanche grêle (orobanche gracilis).

 

Oeuf mollet sur lit d'obione et de soude maritime

 

Ingrédients (par personne) :

  • Une poignée de feuilles de soude maritime (la partie haute des tiges)
  • Une poignée de feuilles d'obione (les paires terminales pour lesquelles la branche n'est pas encore ligneuse)
  • Un oeuf
  • Une petite tomate
  • 20cl de vinaigre balsamique
  • 3 bonnes cuillères à soupe d'huile d'olive
  • 2 cuillères à soupe de sucre

 

 

Préparation

  • Plonger la soude et l'obione dans de l'eau bouillante pendant deux minutes
  • Les plonger ensuite dans de l'eau glacée, puis les égouter et réserver
  • Cuire les oeufs mollet (5 à 6 minutes dans de l'eau vinaigrée)
  • Les plonger eux aussi dans de l'eau glacée puis les écaler
  • Dans une petite casserole, amener le vinaigre à ébullition
  • Y diluer le sucre, puis ajouter l'huile d'olive
  • Laisser réduire tout en remuant régulièrement pour bien émulsionner
  • Retirer du feu avant que la réduction ne devienne trop crèmeuse et refroidir en placant le fond de la casserole dans de l'eau froide
  • Dresser en plaçant chaque oeuf et quelques tranches de tomates sur un lit de feuilles, puis verser un filet de la réduction

2 commentaires:

  1. Je ne sais pas dans quel coin tu étais, dans le mien, que tu connais, la bette maritime était magnifique encore, j'en ai vu à tous les stades de végétation, la superbe mauve royale fort en avance l'obione à sa meilleure texture pour la cueillette : pour ma part, je prélève une petite branche bien fournie sur une quinzaine de centimètres lorsque la tige est très tendre et qu'on peut la pincer entre les ongles, ce qui était le cas à côté de chez moi, où la salicorne arrive déjà en fin de saison... Quant au chou marin, il était magnifique et déjà en fleurs. Je te mettrai quelques photos sur mon blog. Malheureusement, je n'ai pas pu aller à la cueillette, trop de jardinage et de travail par ailleurs... Mais je me régale de tes recettes !

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  2. Déjà fini pour la salicorne chez toi alors que dans le Calvados (désolé de ne pas être plus précis, mais c'est nécessaire si on veut conserver quelques coins), elle est encore toute petite.
    Quand je pense que l'an dernier, j'en ai cueilli jusqu'en septembre...

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