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mardi 8 novembre 2011

C'est reparti !

J’avais été un peu trop pessimiste à propos des champignons il y a quelques semaines. Avec le redoux et les pluies incessantes, les voilà en effet de retour... et je ne les cherche même pas, c’est tout juste si ce n’est pas eux qui viennent se jeter sous mes pieds !
Coprins chevelus (coprinus comatus) à ne plus savoir qu’en faire : je dois pourtant me contenter de petites récoltes car ne supportant pas le séchage, ils sont difficiles à conserver. Débités en petits morceaux, sautés dans un peu de beurre jusqu’à leur donner une légère couleur dorée, additionnés d’ail et de persil, c’est comme ça qu’ils sont les meilleurs.
Rosés des prés (agaricus campestris) eux aussi de retour. Bien que plus résistant, eux aussi finissent par noircir (un ou deux jours, contre quelques heures pour les coprins), mais ils ne se liquéfient pas. Leur ressemblance avec le champignon de Paris (agaricus bisporus) n’est pas que visuelle. On lui trouve les mêmes utilisations, mais avec une saveur nettement plus marquée.
L’un comme l’autre peuvent aussi être dégustés crus. C’est sur cette idée que j’ai commencé à préparer une salade composée : Salade frisée pour la mâche, quelques tranches de magret de canard séché au poivre pour donner un peu de peps, des lamelles de pomme pour apporter une touche acidulée, des rondelles de pomme de terre à la vapeur et des dés de gruyère fribourgeois pour la matière... Il manquait juste un peu de croquant que j’ai finalement trouvé avec des faînes légèrement toréfiés qui me restaient d'une récolte effectuée au mois d'octobre.
Ces fruits du hêtre (fagus sylvatica) se ramassent en général au début de l’automne. Ils ont une structure très proche de celle de la châtaigne : rien d’étonnant donc que le hêtre et le châtaignier soient des cousins de la famille des fagacées. La « bogue » (cupule) est constituée de plusieurs pans solidaires recouverts de pointes souples. A maturité, ces pans s’écartent pour laisser tomber 2 fruits (parfois plus) de forme pyramidale. Comme avec les châtaignes, ceux-ci sont protégés par deux couches : une première dure et lisse, une seconde fine et légèrement duveteuse.

Je trouve leur épluchage plus facile que celui des châtaignes. Le péricarpe (la couche dure et lisse) se retire facilement sans outil pour peu qu’on ait des ongles. Mais leur petite taille demande un travail long et ingrat pour obtenir une quantité intéressante. C’est pour cette raison que j’épluche les faînes sur place, tout en marchant : poche de gauche remplie avec les fruits bruts, poche de droite destinée à recevoir les fruits dénudés. De retour à la maison, il suffit de les torréfier pour que la fine protection résiduelle devienne cassante. Il suffit alors de remuer vigoureusement les graines à chaud pour qu’elles perdent cette dernière enveloppe par petits morceaux. En soufflant dessus, les fragments s’envolent et il ne reste plus que la noix, totalement nue. La torréfaction a un autre avantage : elle supprime l’astringence des tanins.

mardi 29 septembre 2009

Couleurs éclatantes et cheveux blancs

Voici à nouveau quelques photos de ce week-end passé dans la Somme. Les couleurs ne sont pas encore très automnales, et ce n’est pas moi qui m’en plaindrais. Nous dirigerions nous vers un été indien ?

Tout d’abord un paon du jour (inachis io). Cette espèce de papillon semble particulièrement apprécier les fleurs d’eupatoire à feuilles de chanvre. Avec l’arrivée de l’automne, celles-ci sont presques toutes fanées et les rares encore fleuries sont prises d’assaut par les papillons.Paon du jour (inachis io)

 
Ensuite, une fleur de molène noire (verbascum nigrum). Les étamines sont velues et d’une couleur violette qui contraste magnifiquement avec le jaune des pétales. C’est une plante comestible, mais plutôt réservée à un usage médicinal. Les fleurs pourraient éventuellement être utilisées pour décorer les plats.Molène noire (verbascum nigrum)

 
Pour finir la série des couleurs, voici quelques baies toxiques de fusain (roses-rouges) mêlées à des cônes de houblon.Baies roses-rouge de fusain d'Europe (euonymus europaeus) et cônes de houblon (humulus lupulus)

 
Mais pourquoi donc le titre parle-t'il de cheveux blancs ? J'y viens, justement. Les cheveux blancs, ce sont ceux du coprin chevelu (coprinus comatus). C’est un champignon assez commun qui pousse souvent dans les endroits les plus incongrus comme les bordures de routes, les remblais ou encore les jardins. Il m’est même arrivé d’en voir en plein milieu d’un stade (terrain de foot).

Jeune coprin chevelu (coprinus comatus)

Sa forme allongée est caractéristique du genre "coprin". Il doit son nom aux mèches qui lui couvrent le chapeau. Celles-ci sont principalement blanches et se teintent d’une couleur beige plus ou moins sombre sur le dessus. En vieillissant, le champignon rosit puis noircit en commençant par la partie basse du chapeau. Il finit par liquéfier pour donner une sorte d’encre noire.

Coprins chevelus (coprinus comatus), celui du fond est carrément passé, à ne pas cueillir

Tant que le champignon est jeune (chair bien blanche), c’est un excellent comestible, très goûteux. Certains le mangent cru mais c’est cuit dans un peu de beurre que je le préfère, comme dans ces amuse-bouches au parmesan. La saveur prononcée des coprins et celle du parmesan s’accordent à merveille.

Tuiles de parmesan aux coprins

Ingrédients :

  • Quelques coprins chevelus bien nettoyés (éviter l’eau)
  • Parmesan râpé
  • Beurre doux
Tuiles de parmesan aux coprins

Préparation :

  • Placer une poêle antiadhésive sur feu vif
  • Lorsqu’elle est bien chaude, former des disques d’environ 7 cm de diamètre avec le parmesan râpé (éviter d’en mettre trop)
  • Le parmesan fond et se désèche
  • Au bout de 30 secondes à une minutes, les disques se tiennent et peuvent être décollés à la spatule
  • Les poser immédiatement sur un rouleau à pâtisserie couvert de papier sulfurisé afin de les laisser se solidifier en forme de tuile
  • Faire mousser un peu de beurre au fond de la poêle et verser les champignons découpés en petits cubes
  • Les cuire jusqu’à ce qu’ils dorent légèrement
  • Les répartir dans le creux de chaque tuile
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