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mardi 24 mai 2016

Attention, ça pique !

Difficile de croire, lorsqu'on découvre le fragon pour la première fois, que cette plante est capable de produire quelque chose de comestible, et pourtant...

Le fragon (ruscus aculeatus) ou petit houx forme des buissons denses et impénétrables à cause des pointes situées au bout de ce qui pourrait être aisément pris pour ses feuilles. Mais aussi étonnant que cela puisse paraître, ces excroissances ovales et aplaties sont en fait des rameaux, et plus précisément ce qu'on appelle des cladodes. Sur la photo, on peut d'ailleurs apercevoir une fleur au centre de la face inférieure de la plupart d'entre-elles (points d'une teinte violacée) et même un fruit (la boule rouge).
Bon... une chose est certaine, ce n'est pas du côté des branches matures qu'il faut se tourner. Avec toutes ces pointes, même après des heures et des heures de cuisson, impossible d'envisager pouvoir en faire quelque chose.
Et les fruits alors ? Leur couleur rouge pousse à la méfiance. Et pour cette fois au moins, à raison : car même si c'est très loin d'être une règle vérifiable systématiquement, dans le cas du fragon, les saponosides contenues dans les fruits sont toxiques (hémolytiques). Les fruits sont donc à proscrire.

Jeune pousse de fragon, mais un peu trop avancée pour être récoltée. En effet, à ce stade, non seulement la tige devient ligneuse, mais les cladodes et en particulier leur pointe, commencent à durcir. Sur la photo, on peut déjà les deviner le long des future rameaux. Mais on est encore loin du stade de leurs voisines de droite. A noter aussi que plus les pousses sont jeunes, moins elles sont amères.

Mais au printemps, le temps de quelques jours, voire quelques semaines, les jeunes pousses passent par un stade où leur aspect tient plus de l'asperge. Dépourvues de chlorophylle au tout début de leur développement, elles sortent de terre toutes blanches. En montant, elles se teintent souvent de violet avant de virer au vert. Et c'est justement pendant toute cette période que ces jeunes pousses peuvent être récoltées et être préparées comme des asperges, avant qu'elles ne deviennent ligneuses et se couvrent de pointes dissuasives.

Il est préférable de récolter les pousses du fragon tant que leurs rameaux ne se sont pas ouverts. Elles se cueillent à la main, par simple torsion : en se contentant d'une longueur maximum d'une vingtaine de centimètres, celles-ci cassent net.

Pour les préparer, il vaut mieux commencer par les blanchir, ce qui neutralise une partie de leur amertume : on les ébouillante rapidement (3 petites minutes) avant de les plonger dans de l'eau glacée.

Les pousses de fragon peuvent se consommer comme des asperges. Ici, blanchies puis sautées avec un peu de coppa, déglacées au vinaigre balsamique et finies avec quelques copeaux de parmesan.

En général, après les avoir blanchies, à moins de n'utiliser que des pousses très jeunes, l'amertume n'a pas totalement disparu, mais elle est plutôt agréable : En bouche, elle évolue assez rapidement sur une note de réglisse avec une petite touche sucrée. Personnellement, j'adore !
Pour la neutraliser encore plus, on peut jouer avec l'acidité : soit avec l'eau de cuisson dans laquelle on rajoute du vinaigre blanc (attention au dosage, le vinaigre pouvant rapidement masquer totalement le goût du fragon), soit dans l'accompagnement (vinaigrette, vin blanc, tomates etc.).

Dernière remarque: L'utilisation du fragon (ruscus aculeatus) est réglementée dans plusieurs département. On peut trouver un tableau synthétique de ces réglementations [ici].

samedi 18 mai 2013

Un risotto très goûteux

Difficile de trouver le temps de publier en ce moment, mais bon, je trouve quand même le temps de cuisiner.
Blanc-violet lorsqu'elles sont vraiment toutes jeunes, les
pousses de fragon (ruscus aculeatus) virent progressivement
au vert alors qu'elles grandissent. Ne prendre que celles qui
cassent net lorsqu'on les tord.
Alors sur la base de deux des plantes évoquées dans mon précédent billet (le fragon et le salsifis), je vous propose une recette qui attendait déjà depuis quelques jours...

Le fragon, vous le connaissez peut-être aussi en tant que "petit-houx". Cette autre appellation lui vient de ses nombreuses cladodes. Ces branches très particulières, aux faux-airs de feuilles, se terminent toutes par un aiguillon. C'est sous ces fausses feuilles que croissent les fleurs de la plante puis ses baies rouges, toxiques en particulier à cause de la saponine qu'elles contiennent.

Baies toxiques, branches couvertes de pointes acérées : c'est plutôt difficile de croire que la plante est comestible, et pourtant... Il existe un moment où le fragon est tendre, où ses cladodes petites et tendres sont toutes regroupées au sommet d'une pousse, où cette pousse qui pourrait un peu faire penser aux asperges est belle et bien comestible. Et grâce au printemps qui ne veut décidément pas s'installer, c'est encore possible d'en trouver !

Bouton floral de salsifis des prés (tragopogon pratensis).
D'aspect très caractéristique, il donnera bientôt naissance
à une inflorescence d'un jaune éclatant. D'autres espèces
de salsifis peuvent avoir des fleurs d'une autre couleur.
Dans tous les cas, lorsque le bouton s'ouvre, les bractées
donnent une forme d'étoile au réceptacle.
Le salsifis aussi vous le connaissez, et pas forcément en bien. Sa racine est en effet synonyme de mauvais souvenirs pour de nombreux enfants. Mais quand je dis "sa racine", je l'accuse probablement à tord, car ce sont majoritairement celles de sa cousine la scorsonère qu'on achète sous le nom de "salsifis" (mais leurs goûts sont très proches).
Quoi qu'il en soit, ce n'est plus la saison pour récolter cette partie de la plante maintenant qu'elle a monté. Sa racine, petit à petit vidée de ses réserves pour nourrir les parties aériennes, est de fait devenue bien trop ligneuse. C'est désormais vers les boutons floraux, leurs tiges et les jeunes feuilles de la plante qu'il faut chercher.

Pour la cueillette, là encore, il faut se fier à la manière dont la tige casse : ça doit être net. En général, les 5 premiers centimètres de tige immédiatement sous les boutons sont exploitables, mais parfois, sur de jeunes spécimens, c'est presque tout la tige de la plante qui l'est.

Petit avertissement au passage : Lors de la coupe, un latex blanc s'écoule de la blessure. Prenez garde à ne pas vous tacher avec, car bien qu'il soit blanc en sortant, il devient vite brun et s'incruste vraiment ! Il est par ailleurs très collant...

Risotto au fragon et fleurs de salsifis

Ingrédients (pour 4) :

  • Une bonne poignée de belles pousses de fragon (soit 200 à 250g)
  • Une trentaine de boutons de fleurs de salsifis, avec tiges et jeunes feuilles (si exploitables)
  • 350g de riz (carnaroli, arborio, etc.)
  • 1 oignon pas trop gros (100g environ)
  • 15cl de vin blanc sec (j'ai utilisé un riesling alsacien)
  • 1 litre de bouillon de légumes, chaud
  • 2 cuillères à soupe d'huile de tournesol
  • Un peu de parmesan
  • Poivre et fleur de sel

Préparation :

  • Blanchir rapidement (1 petite minute) les boutons de fleurs de salsifis
  • Faire de même avec les pousses de fragon, en les laissant plus longtemps (2 à 3 minutes)
  • Bien les égoutter
  • Sélectionner quelques belles têtes de fragon et quelques beaux boutons de salsifis et les réserver
  • Débiter le reste en petits morceaux et réserver
  • Au fond d'une poêle profonde, faire revenir l'oignon finement haché dans l'huile
  • Lorsque l'oignon devient translucide (il ne doit pas brunir), ajouter le riz pour le nacrer
  • Ajouter ensuite le fragon et le salsifis (à l'exception des têtes mises de côté) et mouiller avec le vin blanc
  • Remuer régulièrement jusqu'à ce que le riz ait bu le liquide
  • Verser ensuite une louche de bouillon, remuer jusqu'à ce que le riz ait tout bu et recommencer ainsi, louche par louche avec le reste du bouillon
  • Avant d'avoir totalement épuisé le bouillon, ajouter un peu de parmesan râpé et poivrer
  • Dresser en rajoutant les têtes de fragon et les boutons de salsifis préalablement mis de côtés, et rapidement réchauffés
  • Finir avec quelques pincées de fleur de sel

lundi 13 mai 2013

Balade dans les hauteurs ardéchoises ...

... pour faire suite au billet précédent et ne pas faire de jaloux dans l'éternelle rivalité entre Drôme et Ardèche...

On commence par les bois encore frais du nord de l'Ardèche où la cardamine impatiente est en fleurs.
Cardamine impatiente (cardamine impatiens). Son goût légèrement piquant
rappelle celui des autres cardamines, sans aucune amertume. Les têtes florales sont
particulièrement  intéressantes, pour leur gout d'une part, mais également
pour leur aspect décoratif dans une salade.

Dans ces mêmes bois, on aperçoit les tiges violacées des pousses de fragon, au milieu de leurs congénères des années passées.
Fragon ou petit houx (ruscus aculeatus). Ses jeunes pousses sont comestibles,
mais deviennent vite amères avec l'âge. Plus tard, elles sont trop ligneuses et
surtout très piquantes ! Attention, leurs fruits (des baies rouges) sont toxiques.

Juste à côté, les frêles silhouettes du conopode dénudé cachent un trésor comestible insoupçonné. Et comme tout bon trésor, pour le trouver, il faut creuser !
Conopode dénudé (conopodium majus) ou noix de terre.
 Sa racine forme un tubercule rond recouvert d'une peau sombre. Facile à retirer,
celle-ci cache une sorte de noix comestible à la chair blanche et croquante
dont le goût rappelle tout à fait celui de la noisette verte.

Sortis des bois, sur les coteaux marneux bien exposés, les rosettes de la laitue vivace se déploient. Dans le nord du département, elles commencent à peine à monter.
Laitue vivace (lactuca perrenis), très polymorphe comme on peut le voir sur ces deux photos.
 Cette salade sauvage est un véritable délice. Moins amère que le pissenlit,
voire même parfois très douce, elle mérite d'être essayée. A cueillir avec
modération (elle est même protégée dans certaines régions).

Un peu d'ombre et de fraîcheur et c'est au tour des nombrils de Vénus d'occuper le terrain.
Ombilic (umbilicus rupestris) ou nombril de Vénus.
Ses feuilles gorgées d'eau sont comestibles, mais lorsque la plante
monte (comme en ce moment), elles gagnent en amertume.

Un petit morceau de terre un peu plus riche et ce sont les graminées qui monopolisent l'espace...
Quoique... au milieu, une silhouette un peu plus charnue se détache : c'est un salsifis des prés encore en bouton.
Salsifis des prés (tragopogon pratensis). Sa racine est comestible avant que la
plante ne monte. Plus tard, elle devient trop ligneuse, mais on peut se rattraper
en dégustant ses feuilles, ses tiges encore tendre ou ses fleurs en bouton.
Quelle que soit la partie utilisée, on retrouve la douce saveur de la racine.

Il est maintenant temps de descendre dans le sud, pour arpenter les rives de l'Ardèche. Un petit tour rapide par le village d'Audon... pas mal !
Audon (Ardèche)

Ici aussi, on trouve de la laitue vivace, mais elle a quelques semaines d'avance sur celle du nord et forme de véritables constellations d'étoiles bleues.
Fleurs de laitue vivace (lactuca perrenis).

Autres fleurs admirables, celles d'un ail discret qui cache bien son jeu.
Ail rose (allium roseum)

Plus on descend le long de la rivière, à l'approche des fameuses gorges, et plus on voit de grandes branches aux feuilles extrêmement découpées sortir de terre. Leurs faux-airs de fenouil géant ne doit pas vous tromper, car il s'agit de férule, une plante toxique.
Férule commune (ferula communis), toxique.
A son apogée, la plante peut dépasser les 2 mètres.

On ne pouvait pas parler de l'Ardèche sans parle de Vallon Pont d'Arc, mais si vous voulez l'approcher par la plage, il vous faudra sortir le porte-monnaie !
Le pont, vu depuis la route.
Au fond, les malheureux touristes, bloqués par le péage :
1,5 euros pour une photo et tremper ses pieds, ça fait cher !

Petit à petit, nous nous rapprochons du Rhône et les gorges étroites laissent maintenant place à la garrigue.
La sarriette est encore loin d'y faire des fleurs, mais quelques belles pousses ont déjà fait leur apparition.
Sarriette des montagnes (satureja montana), au parfum intense.
Contrairement à la sarriette des jardin (satureja hortensis) qui est une plante annuelle,
la sarriette des montagnes est pérenne (sous-arbrisseau).

On finit par le roi de la garrigue, le thym ou pour se mettre aux couleurs locales, la farigoule. En ce moment, il suffit de faire quelques pas dans la garrigue pour s'enivrer de son parfum !
Thym commun (thymus vulgaris), en plein floraison.

mercredi 2 mai 2012

Qui s'y frotte s'y pique

Quelle tristesse : j'ai définitivement renoncé à mon seul coin à morilles en région parisienne alors que je suis pourtant convaincu qu'il y en avait des tonnes cette année. Mais voilà, ce coin est loin de chez moi et surtout, les fréquentations douteuse de la forêt où il se trouve sont plutôt dissuasives. Car comme beaucoup de bois d’Île de France, celui-ci s'est transformé en lieu de rendez-vous pour la prostitution. Loin de moi l'idée de jeter la pierre à ces malheureuses (ou malheureux) contraintes et souvent forcées d'exercer. Mais le résultat est là : il est beaucoup plus facile de trouver des emballages de préservatifs que des champignons.

J'ai donc passé une partie de mes week-end d'avril à rechercher un nouveau coin, mais malheureusement sans succès.
Le plus proche des morilles que j'ai pu trouver, visuellement tout du moins, ce sont des verpes (verpa).

Par contre, au cours de mes recherches, j'ai eu l'occasion de trouver une grande quantité de fragon (ruscus aculeatus), que vous connaissez peut-être sous le nom de « petit houx ». Les premières pousses ont fait leur apparition et je ne me suis pas fait prié pour en cueillir quelques dizaines, malgré les nombreuses griffures infligées par cette plante féroce.

C'est assez difficile de croire que ce buisson extrêmement piquant puisse produire quelque chose de mangeable, mais c'est pourtant le cas : alors que les branches plus âgées sont ligneuses et munis de piquants acérés (cladodes), les jeune pousses sont croquantes et sans fils. Leur saveur rappel un peu l'asperge avec une touche d'amertume pas dénuée d’intérêt.

Et puisque cette année, je n'ai pas trouvé de morilles, j'en ai sorti quelques une séchées afin d'accompagner ma récolte de fragon...

Mousse aux morilles et pousses de fragon

Ingrédients (pour 4) :

  • 80 pousses de fragon
  • 25g de morilles séchées
  • 30cl de crème
  • 15cl de vin blanc (j'ai utilisé un Arbois blanc typé "tradition" de chez Jacques Tissot)
  • 2 feuilles de gélatine
  • Sel et poivre

Préparation :

  • Faire tremper pendant quelques heures les morilles dans un bol d'eau
  • Verser ensuite le tout dans une casserole avec le vin blanc
  • Ammener à ébullition et laisser réduire
  • Baisser le feu lorsque le liquide a réduit des trois quarts
  • Sortir, égoutter et réserver une petite partie des morilles (à utiliser pour la décoration)
  • Verser la crème dans la casserole, ramener tout juste à ébullition et mixer finement
  • Filter au chinois et remettre sur le feu avec les feuilles de gélatine préalablement trempées dans de l'eau froide (pour les ramolir)
  • Saler et poivrer
  • Cuire deux à trois minutes en limite d'ébullition, le temps que la gélatine fonde
  • Verser le liquide dans un siphon
  • Le laisser refroidir avant de le placer au réfrigérateur pendant 2 heures
  • Pendant ce temps, cuire les pousses de fragon 3 minutes dans de l'eau salée avec 2 cuillères à soupe de bicarbonate de soude
  • Les plonger ensuite dans de l'eau glacée pour stopper la cuisson puis les égoutter
  • Récupérer les têtes et couper les queues en segments de taille identique, puis en deux dans leur longueur
  • Placer un cercle métallique dans chacune des 4 assiettes de service
  • Tapisser les bords intérieurs avec les segments de fragon, en plaquant la face coupée contre le métal (les humidifier légèrement pour qu'ils tiennent)
  • Viser une capsule d'air sur le siphon avant de le remuer vigoureusement (il faut décoller la gélatine qui a partiellement pris)
  • L'utiliser ensuite pour remplir de mousse chacun des cercles
  • Accompagner avec les têtes de fragon mises de côté et avec encore un peu de mousse

mercredi 4 mai 2011

Variation

V
 
ariation autour d’une thèmatique commencée dans le billet précédent : les sautés. Aujourd'hui, ce billet va me permettre de m’étendre un peu plus sur les aspergettes qu’on trouve parfois à prix d'or sur les étals des marchés sous le nom d’asperges sauvages ou d’asperges des bois.
 

 
Pourtant, les aspergettes (ornithogalum pyrenaicum) sont aussi proches des asperges (asparagus) qu’elles le sont de l’ail (allium), du muguet (convallaria majalis, toxique) ou des jonquilles (narcissus jonquilla, toxique), appartenant tous à la famille des liliacées.
Gustativement parlant, on ne peut pas dire que la plante ait un goût caractéristique, ni même particulièrement marqué. Ecloses, les fleurs crues ont un petit goût piquant. Mais avant d’en arriver à ce stade, alors qu’elles forment un épi qui ressemble énormément à celui du blé, certains y trouveront des saveurs de céréales, d’autres des accents de noisette. Une chose est sûre pourtant : elles sont croquantes et mucilagineuses. Cette dernière caractéristique peut d’ailleurs en dérouter certains. Elles la perdent en grande partie lorsqu’elles sont blanchies, mais du coup, elles perdent aussi leur croquant.

 

Pour le sauté du jour, j’ai aussi utilisé les restes de ce week-end (berce) et de mon week-end précédant, passé de part et d’autre du Rhône, tout particulièrement des pousses de fragon (ruscus aculeatus), de l’égopode et quelques boutons d’ail des ours (allium ursinum). C’était il y a maintenant largement plus d’une semaine, mais c’est impressionnant la durée de conservation de ces plantes lorsqu’elles sont placées dans un réfrigérateur enveloppées d’un linge humide !
 

Ci-dessus : Egopode (aegopodium podagraria), pied de chèvre, herbe aux goutteux.
A droite : Berce sphondyle (heracleum sphondylium) ou grande berce.

 
Le fragon, on l’appelle aussi petit-houx à cause de ses « feuilles » (en fait des branches particulières à la forme extrêmement aplatie portant l’étrange nom de cladodes) dont le bout forme une pointe très acérée. Ses pousses sont tendres, douces (presque sucrées) et croquantes. En grandissant, elles gagnent de l’amertume qui a tendance à se concentrer dans les parties hautes des pousses alors que la base reste douce, mais durcit : pas facile de trouver le bon compromis !
 

Fragon (ruscus aculeatus) :
A gauche, une branche agée sur laquelle on peut voir un fruit (toxique) et distinguer une fleur sous une des cladodes.
A droite, une pousse plutôt agée et qui, bien que toujours tendre, doit être plutôt amère.

 

Sauté de pousses diverses aux crevettes

Ingrédients (pour 4) :

  • 40 aspergettes
  • 12 crevettes grises crues et décortiquées
  • 32 pousses de fragon
  • 150g de jeunes tiges de berce
  • Une poignée de jeunes feuilles d’égopode
  • Une douzaine de tiges florales d’ail des ours en bouton
  • Quelques fines tranches de coppa
  • Un peu de sel

 
Préparation :

  • Découper le fragon en segments de quelques centimètres en mettant les têtes de côté
  • Plonger les segments (sans les têtes) dans de l’eau salée bouillant pendant une minute, puis sans les enlever, ajouter les têtes et cuire encore une minute
  • Les sortir à l’écumoire et les plonger dans de l’eau glacée avant de bien les égoutter et de les réserver
  • Peler les tiges de berces et les couper en tous petits segments
  • Séparer les boutons d’ail des ours de leur queue et les réserver
  • Hacher finement les queues d’ail avec l’égopode et réserver
  • Comme avec le fragon, couper les tiges des aspergettes en segments de quelques centimètres en gardant les épis intacts
  • Chauffer un fond d’huile dans une poêle sur feu vif
  • Lorsque l’huile est bien chaude, ajouter les crevettes pour les saisir des deux cotés, puis les aspergettes et le fragon sans leurs épis, et finalement la berce
  • Cuire le tout en remuant pendant deux bonnes minutes, ajouter les épis ainsi que les boutons d’ail
  • Continuer la cuisson pendant encore une minute avant de rajouter l’égopode et l’ail hachés ainsi que les tranches de coppa
  • Finir avec encore une minute de cuisson avant de servir chaud

Petit truc : Si le sauté devient trop sec au cours de la cuisson, ajouter un peu d’eau.

jeudi 14 mai 2009

Dips sauvages

Salsifis des présLa cueillette de dimanche dernier a était très fructueuse. Les grappes de fleurs de robinier utilisées pour les beignets n’étaient qu’un avant goût, ou plutôt un « après goût » vu que c’est un dessert. La balade au cours de laquelle nous avons fait cette cueillette nous a également permis de récolter pousses de fragon, boutons de fleurs de salsifis des prés et feuilles d’ombilic.

Et oui, j’aime bien les ersatz sauvages d’asperge... Le fragon, que j’ai découvert récemment, en est un que j’apprécie particulièrement. Ce n’est pas le cas de tout le monde à cause de leur amertume qui, nous l’avons remarqué au cours de la dégustation, est plus marquée dans les pointes. Mais on peut l'atténuer voire la neutraliser avec un assaisonnement aussi simple qu'un mayonnaise. Attention alors à ne pas se laisser emporter, le fragon c’est léger, mais la mayo l’est beaucoup moins.

Pour accompagner ces pousses et apporter un peu de douceur, les salsifis des prés trouvés au cours de notre balade tombaient à pic. Les tendres boutons de cette plante aux pétales dorés ont une douce saveur d’artichaut.

Quelques feuilles d’ombilic, charnues et gorgées d’eau, complètaient une entrée 100% verte et sauvage. En ce moment, le nombril de vénus (c’est aussi un des noms de l’ombilic) est en fleur. Nous pensions que ses feuilles seraient amères, comme le sont celles de beaucoup des plantes comestibles lorsqu’elles fleurissent... Que nenni ! Aucune amertume en bouche mais au contraire douceur et fraicheur.

Ombilic ou nombril de Vénues Ombilic ou nombril de Vénues

Dips sauvages de fragon, salsifis et ombilic

Ingrédients (entrée pour 4):

  • Une vingtaine de pousses de fragon
  • Une vingtaine de boutons de salsifis des prés
  • Une vingtaine de feuilles d’ombilic
  • Mayonnaise
Dips sauvages de fragon, salsifis et ombilic

Préparation :

  • Laver à l’eau vinaigrée les pousses de fragon, les boutons de salsifis et les feuilles d’ombilic
  • Egoutter les feuilles d’ombilic et réserver
  • Ebouillanter les pousses de fragon 5 minutes avant de les plonger dans de l’eau très froide, égoutter et réserver
  • Ebouillanter 2 minutes les boutons de salsifis avant de les plonger dans de l’eau très froide, égoutter et réserver
  • Servir avec la mayonnaise

jeudi 7 mai 2009

Ca pousse encore !

En quelques semaines, les feuillages des arbres se sont déjà reconstitués. Les prêles déploient maintenant leurs fines feuilles et condensent la rosée matinale. Ca donne envie de faire des photos...

Prêle

Et puis j’ai enfin pu récolter quelques pousses de fragon. Pour les trouver, il suffit de repérer les buissons du petit houx et de regarder à leur base. Les tiges les plus jeunes sont encore blanches. Celles un peu plus développées prennent une teinte violacée avant de reprendre un aspect chlorophyllien plus classique.

Fragon, ou petit houxLa cueillette est assez délicate, surtout lorsque les pousses sont au milieu des pieds des années précédentes. On peut les cueillir en les cassant. Lorsqu’elles plient sans se casser, c’est probablement que vous les prenez trop bas. C’est de toute façon la partie haute des pousses qui est la plus intéressante.

Leur aspect fait immédiatement penser aux asperges et c’est comme celles-ci qu’elles sont généralement préparées. Comme les tiges sont plus fines, la cuisson doit être plus brève : 5 minutes dans de l’eau bouillante salée suffisent.

Leur goût a aussi quelque chose de l’asperge verte avec en plus une certaine amertume, pas désagréable du tout.

Et comme idée de préparation :
 

Petits flans de pousses de petit houx

Ingrédients (pour 4 petits flans) :

  • 2 œufs
  • 15cl de crème fraiche
  • 1/2 oignon doux
  • 75g de pousses de fragon
  • 40g de fromage râpé
  • Sel et poivre
Petits flans de pousses de petit houx

Préparation :

  • Nettoyer les pousses et les passer 5 minutes dans de l’eau bouillante salée avant de les plonger dans une eau très froide
  • Egoutter le fragon et prélever les têtes (5 derniers centimètres)
  • Découper le reste des queues en tronçons d’un centimètre
  • Dans grand bol, mélanger la crème et les œufs puis ajouter sel et poivre ainsi que les tronçons
  • Beurrer 4 moules à tartelette et y répartir les têtes de fragon
  • Recouvrir avec le mélange avant de saupoudrer avec le fromage râpé
  • Placer dans un four préchauffé à 160°C pendant 20 minutes environ (surveiller l’aspect)
  • Laisser refroidir hors du four
  • Placer ensuite au réfrigérateur pendant au moins 2 heures avant de déguster
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