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jeudi 8 mai 2014

Laser à fond !

En été, sur les pentes marneuses et ensoleillées du sud-ouest, c'est une plante à la silhouette tellement familière que si elle n'était plus là, on se dirait qu'il manque quelque chose... sans toutefois savoir quoi.

L'été, le laser odorant ou laser de France (laserpitium gallicum), c'est ça :
De grandes ombelles montées en graines (des akènes munis d'ailettes translucides).
Un feuillage aux formes semblables au persil, vert sombre, brillant et coriace.

Cette plante, c'est le laser de France ou laser odorant. Et ce dernier qualificatif n'a rien d'usurpé : quelques feuilles malaxées dans la main et c'est l'explosion de parfums. D'aucuns diraient que "ça sent comme les détergents", mais de mon côté, j'essaie de faire abstraction de ces références olfactives pour me concentrer sur ce parfum si particulier et lui trouver un usage.

En ce moment, c'est plutôt ça : de jeunes pousses sortant du sol avec un feuillage
encore froissé et tendre. En gros, le moment idéal pour le cueillir !
Car ce laser est comestible et étant donné son parfum, ses jeunes feuilles peuvent être utilisées en aromate, un peu comme le persil. Les 2 plantes sont d'ailleurs de la même familles, mais leurs goûts présentent autant de similitudes que de différences...

Malgré cela, c'est bien comme du persil que je l'ai utilisé pour faire un menu "laser à fond" :
  • un pesto (feuilles de laser odorant, pignons de pin, parmesan, ail, huile d'olive et sel) que j'ai fait gratiné sur des demi-tomates
  • une "persillade" (feuilles de laser odorant, ail, beurre et sel) que j'ai laissé fondre sur une entrecôte grillée
  • des galettes de pommes de terre ou criques (pommes de terres râpées, feuilles de laser finement hachées, un peu d'ail et un œuf)



Attention : Le laser odorant est une apiacée aux feuilles très découpées et à ce titre, il fait partie des risques de confusion avec plusieurs apiacées toxiques (oenanthe safranée, cigüe etc.). Ces dernières ne fréquentent toutefois pas les mêmes biotopes.

jeudi 9 mai 2013

Balade dans les hauteurs drômoises

Partis pour cueillir du thym dans les marnes au dessus du village, quelques bonnes surprises ont agrémenté notre balade.

Nous commençons tout d'abord en longeant le lit d'un torrent de montagne asséché (la plupart du temps). Avec les pluies récentes, un petit filet d'eau coule au fond, et visiblement, sur les rives, cette humidité a bien profité à de nombreuses lianes de tamier.

Ces pousses de tamier (tamus communis, syn. dioscorea communis) sont tellement
gorgées d'eau qu'elles tiennent presque toutes seules, se soutenant mutuellement.
Le diamètre de ces pousses de "respountchous" est vraiment impressionnant.
Comestibles lorsqu'elles sont jeunes, il nous reste à espérer qu'elles ne soient
pas trop amères une fois que nous les aurons blanchies.

Plus haut, nos pas nous amènent au milieu des graminées où des groupes d'orchis balisent les bords du chemin. Avec leurs couleurs plus ternes, les nombreux ophrys qui les côtoient passent presque inaperçus.

Orchis pourpre (orchis purpurea). Son tubercule est peut-être comestible
(comme celui de beaucoup d'orchis et d'ophris), mais pourquoi couper une aussi belle plante,
qui par ailleurs est protégée dans certaines régions. Il n'a pas que l'air d'une orchidée, il fait
partie de la même famille : les orchidacées.
De la même famille aussi, j'hésite entre l'ophrys petite araignée et l'ophrys araignée
(ophrys araneola ou aranifera). Il y a tellement de sous-espèces et d'hybrides
chez ces orchidacées qu'il n'est pas simple de s'y retrouver. Lui aussi serait
comestible (tubercule), mais lui aussi est protégé dans certaines régions.

Enfin nous atteignons le niveau des marnes. Ici, les plants de thym sont pléthores. Leurs fleurs commencent à peine à s'ouvrir et bientôt, le vert terne de ces nombreuses touffes virera au rose lumineux, surtout lorsque le soleil se décidera à se montrer !

Thym commun ou farigoule (thymus vulgaris). A peine ouvertes, les fleurs attirent
immédiatement les abeilles et à les sentir, on comprend pourquoi !

En attendant, c'est plutôt le bleu ciel qui domine, celui des aphyllantes.

Aphyllantes de Montpellier (aphyllantes monspeliensis). Ces fleurs comestibles ont un
petit goût sucré pas désagréable du tout. Malgré leur nom d'œillets bleus de Montpellier,
elles n'ont rien à voir avec les véritables œillets.

Bientôt, il sera aussi remplacé par celui des fleurs de la laitue vivace, mais pour l'instant, elles n'ont même pas commencé à monter.
Laitue vivace (lactuca perrenis), l'une des meilleures salades sauvages.
Il y en avait peu, nous avons donc préféré ne pas les cueillir afin de préserver
la ressource (la plante étant vivace, une cueillette irraisonnée pourrait lui être
fatale localement)

 Plus tard encore viendront les fleurs blanches du laser odorant. Pour l'heure, il sort tout juste de terre.

Laser de France ou laser odorant (laserpitium gallicum). Les jeunes feuilles encore fripées
de cette apiacée sont très aromatiques et peuvent remplacer le persil dans tous ses usages
culinaires. 

Après une balade comme celle-ci, c'est inutile de me demander pourquoi je l'aime, mon pays natal !

Quelque part à mi-chemin entre Crest et Die (Drôme)

dimanche 12 juin 2011

Ça, c'est pas de la daube !

D
 
escendu dans le sud pour ce week-end prolongé, j'ai enfin eu l'occasion de tester le cuiseur solaire que j'avais décidé d'offrir à mes parents, dans un cadeau groupé fête des mères et fête des pères.
Oui, vous avez bien lu : « cuiseur solaire ». Et je m'en vais vous expliquer tout ça ...

 

J'ai craqué après avoir vu une démonstration à la télé.
Commande en ligne passée dans la foulée, colis livré en deux jours, j'attendais impatiemment l'occasion de le tester avant de l'offrir (ça aurait été ballot d'offrir un truc qui ne fonctionne pas). L'occasion, je ne l'ai pas eue avant et me voilà donc dans la Drôme (ma région natale), chez mes parents pour leur offrir un Cookup 200 (c'est son nom), jamais testé.

 

 

Monté en une quinzaine de minutes, il est immédiatement opérationnel. C'est la fin d'après-midi, le soleil est déjà bas, le ciel est un peu voilé et une petite brise rafraichit l'atmosphère, mais nous lançons quand même un premier essai : Il a fallu environ 30 minutes pour obtenir le premier frémissement : encourageant.

 

Le lendemain, le soleil radieux est de bon augure. A 10h00, c'est un faitout plein que nous plaçons au cœur du foyer. Premier bouillon à 10h30, c'est parti pour mijoter 3 heures à couvert.

 

 

Il n'y avait pas grand chose de sauvage dans cette recette mais parmi les ingrédients, j'étais allé chercher 2 aromates essentiels sur les pentes marneuses de la coline au dessus du village : du laser odorant (laserpitium gallicum, ou laser de France) et du thym serpolet (thymus serpyllum).

 

 

Le laser est une plante très aromatique, mais il est peu utilisé. Ses feuilles aux faux airs de persil sont en effet beaucoup plus coriaces que celle de son cousin (famille des apiacées). Il fréquente volontiers les coteaux arides et lorsqu'il est en fleurs comme en ce moment, ses grandes ombelles ne passent pas inaperçues.

 

 

Le serpolet, c'est une de mes plantes aromatiques préférées. Par rapport au thym vulgaire (thymus vulgaris), il a généralement un parfum plus subtil avec une petite touche citronnée des plus agréables. Alors que le thym est déjà fané, le serpolet commence tout juste à fleurir : c'est encourageant pour cet été, période à laquelle j'ai l'habitude de faire mes provisions pour le reste de l'année. Pour l'instant, il s'étend surtout à l'horizontale avec des branches qui ressemblent fortement à des stolons (un peu comme avec les fraisiers pour ceux qui connaissent), desquelles partent d'autres branches (verticales pour celles-ci) à la façon d'un peigne. Encore courtes, elles n'en sont pas moins fleuries et surtout elles sont très odorantes.

 

Daube solaire

 

Ingrédients (pour 4) :

  • 1kg de filet mignon
  • 5 belles tomates
  • 2 oignons
  • 2 gousses d'ail
  • Un douzaine d'olives noires
  • Une demi bouteille de vin blanc
  • Quelques branches de laser odorant et de serpolet
  • Deux feuilles de laurier
  • Une cuillère à soupe rase de gros sel
  • Une cuillère à café rase de poivre moulu
  • 3 bonnes cuillères à soupe d'huile d'olive

 

 

Préparation :

  • Découper le filet mignon en morceaux d'une centaine de grammes chacun
  • Couper les tomates en 8 et les oignons en larges rondelles
  • Former une pelote avec le laser et le serpolet et attacher le tout avec du fil alimentaire (plus facile à tout retirer d'un coup à la fin)
  • Placer le tout dans un grand faitout avec le vin blanc, les olives dénoyautées, le laurier, l'huile, le sel et le poivre
  • Compléter à hauteur avec de l'eau
  • Mettre au cuiseur solaire et laisser mijoter pendant 3 heures à partir de l'ébullition

 

Note 1 : il ne s'agit pas réellement d'une daube (en principe avec du vin rouge), mais ça faisait un titre amusant...

 

Note 2 : Le filet mignon était un peu sec, une partie un peu plus grasse comme de l'épaule devrait même être encore meilleure.

mercredi 27 août 2008

Du laser au rayon des liqueurs (26/07/2008)

Dans le sud de la Drôme, les ombelles de la berce deviennent quasiment introuvables alors que celles de la carotte sauvage sont omniprésentes. Mais dans les endroits rocailleux, il est difficile de passer à coté du laser odorant. Les fleurs sont déjà passées mais il reste d'immenses ombelles facilement repérables avec leurs graines ailées. Il suffit de prendre quelques feuilles entre ses mains et de les froisser pour révéler un parfum très prononcé. Le goût est proche de celui des feuilles de céleri, mais le laser est trop dur pour être mangé (ou les feuilles, hachées vraiment très fin).

Laser odorant - Laser de France

Trouvant dommage de passer à coté de ce parfum sans l’exploiter, j’ai opté pour la macération en plaçant une bonne quantité de feuilles froissées plus quelques tiges hachées dans un bocal avec de l’alcool. Après deux journées d’exposition au soleil drômois, filtrage et mélange avec un sirop de sucre, le résultat est une sorte de liqueur vert olive dont le parfum végétal est très long en bouche. Elle est maintenant embouteillée et trône entre une bouteille de verveine du Velay et une autre de liqueur d’angélique.

Liqueur de laser

Sur wikipedia : laser

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