| Quelque-part sur le plateau de Vassieux... |
Un week-end prolongé dans le Vercors, un avant-goût des vacances... et de belles trouvailles.
Quelques classiques pour commencer...
| Quelque-part sur le plateau de Vassieux... |
Qui s'est déjà adonné à la cuisine sauvage et à son préalable, la cueillette, sait qu'en dehors de coins biens connus et de quelques plantes très communes, il est rare de trouver tout ce qu'on avait prévu et surtout dans les quantités souhaitées. Mieux vaut donc se promener sans sa « liste de courses » et faire preuve d'opportunisme.
Pourtant, le hasard devient parfois un allié inattendu. En l’occurrence, cette fois-ci, c'est sous la forme de champignons que la bonne surprise est venue.
C'est un polypore soufré (laetiporus sulphureus) qui a été le déclencheur. Trop avancé pour être utilisé (d'un autre côté, c'est un piètre comestible), sa présence a toutefois su aiguiser la curiosité et l'envie de chercher si d'autres de ses congénères ne fréquentaient pas les environs.
Et la suite est venue très rapidement...
Quelques jeunes bolets à pied rouge (boletus erythropus), au pied bombé et charnu. Toxiques crus, la cuisson les transforme en comestibles de premier ordre. Leur chair ferme et compacte a l'avantage de très peu réduire, quel que soit le mode de préparation utilisé.
Deux belles amanites rougissantes (amanita rubescens). Malgré leur chapeau tacheté, leur anneau et leur volve (certes souvent discrète), l'allure menaçante de ces golmottes cache d'excellents comestibles, pour peu qu'on prenne soin de les cuire. Car à l'instar du bolet à pied rouge, ce champignon est toxique lorsqu'il est cru.
Les premières girolles de l'année (cantharellus cibarius). Le filon formé par leur mycélium a permis d'en récolter une bonne quinzaine.
Quelques cèpes d'été ou bolets réticulés (boletus reticulatus), proches du cèpe de Bordeaux, aussi bien visuellement que gustativement. Un bolet de fiel (tylopilus felleus) a même tenté de s'immiscer dans le lot, mais la couleur rosée de ses tubes a permis, in extremis, d'éviter la catastrophe !
Et pour compléter cette récolte modeste, mais très variée, deux plantes plus habituelles en cette saison :
Les dernières aspergettes (ornithogalum pyrenaicum) de l'année. Déjà bien avancées, il reste encore quelques épis en bouton. Quant aux fleurs ouvertes, elles sont délicieuses crues avec leur saveur légèrement piquante.
De l'égopode (aegopodium podagraria), déjà monté en fleur, mais avec encore de belles feuilles, très aromatiques.
Cette récolte précoce est une occasion rare de pouvoir marier tous ces champignons frais avec un légume (cultivé) printanier tel que les asperges.
Sauté de champignons précoces, aspergettes tardives et asperges blanches
Ingrédients (pour 4) :
Préparation :
Elles n’étaient pas bien attirantes ces girolles (cantharellus cibarius). Elles avaient même commencé à sécher sur pied pour prendre l'aspect étrange de la photo à droite. Mais avec les champignons, il faut pourtant savoir passer outre les apparences étranges, qu'elles soient liées à l'espèce comme avec la fistuline hépatique ou qu'elles le soient moins comme lorsque les limaces ont décidé de faire un peu de sculpture.
Ces girolles là en tout cas, malgré leur aspect peu engageant, étaient tout à fait saines et probablement bien plus que celles qu'on trouve chez beaucoup de commerçants en ce moment.
Comme souvent avec les champignons de cette famille (cantharellacées), elles étaient réparties en groupes de quelques individus le long d'une sorte de filon, suivant le parcours d'un mycélium particulièrement dense et étendu. Il faudra que j'y repasse quand le temps se décidera a être un peu plus humide...
Alors que je pensais déjà à la manière de les préparer (quelques foies de volaille attendaient sagement au fond de mon réfrigérateur), je tombais aussi sur un autre filon de chapeaux à la belle couleur crème-orangé : des pieds de mouton (hydnum repandum).
Pâté de foies de volaille aux girolles et pieds de mouton
Ingrédients (pour une terrine d'un litre) :
Préparation :
Avec la couche de graisse protectrice, la terrine se conservera une bonne semaine au réfrigérateur si nécessaire. Mais ce n'est vraiment pas dit que les gourmands lui laissent le temps d'atteindre cet âge avancé ! Prévoyez quelques bonnes baguettes ... de pain bien entendu.
Quelle belle surprise que ces petites boules jaunes en bordure de chemin. Elles ne faisaient que quelques millimètres mais leur jaune doré était visible de loin, même en plein forêt. Il s’agissait de girolles à peine naissantes. En général, elles ne poussent jamais seules car leur mycélium (les « racines » des champignons) peut s’étendre sur plusieurs dizaines de mètres. Confirmation un mètre plus haut où se tenaient deux autres exemplaires. Pour reprendre les termes de l’ex-présentateur sportif Pierre Fulla, était d'un « fort beau gabarit ».
La récolte n’a pas été miraculeuse (environ 300g, je vous rassure, uniquement des « adultes »), mais pour les premières girolles de l’année trouvées au hasard d’une balade, on aurait pu imaginer pire. D’autant que deux petits bolets bais sont venus compléter la cueillette. Celle-ci n’étant pas prévue, je n’avais pas de panier et c’est donc dans un compartiment de mon sac photo que les champignons ont fini.

Peut être à cause de la température (à peine 20 degrés en plein été), ou encore à cause des bribes de nouvelles du tour de France en Alsace captées au hasard d’un JT, j’avais en tête une image de tarte flambée... concrétisée le soir même.
Flammeküche enrichie
Ingrédients (pour une grande tarte pour 4 personnes) :

Préparation :

Il semble bien qu’on soit parti pour une saison "champignonesque" exceptionnelle. Encore une razzia sur les lépiotes, mais cette fois-ci, les cèpes et les girolles étaient aussi de la partie. Trois saveurs de champignons très différentes pour un même type de préparation : les nems.
Avec les cèpes : foie gras et noisettes.
Avec les girolles : persil, noisettes et jambon de Bayonne.
Avec les lépiotes : noix et jambon de Bayonne.
Peut-être que ce sera une recette candidate pour le site "750g". Mais j'ai encore tout le mois de septembre pour répondre à l'invitation de chef Damien (voir les commentaires de la recette précédente) et trouver la recette...
En prime cette fois-ci quelques explications sur la confection des nems puisque ça semblait manquer pour les nems de crevette à la berce.
Ingrédients (pour 4 nems de chaque) :

Préparation :
J'ai testé le chénopode blanc pour la première fois le week-end dernier et depuis j'en vois partout ! Je ne sais pas si c’est le cas dans les autres régions mais vers chez moi, on peut être certain d’en trouver en bordure des champs de maïs. Mais à moins qu’il s’agisse de maïs bio, il vaut mieux éviter de le récolter là à cause des pesticides. C’est frustrant ! Heureusement, on en trouve aussi ailleurs.
Pour le recette, c'est sur la base de la permutation épinard/chénopode que j’ai trouvé l’inspiration dans la cuisine vietnamienne.
Attention, cette fois-ci, les quantités sont pour deux personnes (de quoi remplir un panier vapeur en bambou) et pas quatre.
Ingrédients (attention, pour 2 personnes cette fois-ci) :
Préparation :

Remarques :
Et oui, les girolles (ou les chanterelles pour certains) sont déjà là. Quelle surprise de voir les petites têtes dorées au milieu des feuilles dès le début de l’été. Je ne pensais pas qu’on pouvait en trouver si tôt en région parisienne. Enfin, le coin est mémorisé et méritera quelques nouvelles visites d’ici octobre...
Ingrédients (pour 4) :
Pour l’accompagnement, on peut servir du riz ou des pâtes fraiches. Comme vous pouvez le voir sur la photo, on peut aussi utiliser du quinoa.
Sur wikipedia : girolle