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jeudi 24 avril 2014

Un "raisin" dont il vaut mieux ne pas manger les fruits...

Raisin d'amérique
(phytolacca americana)
Son petit nom : "Raisin d'Amérique".

Il s'agit plus précisément du ou de la phytolaque (son genre étant variable selon les ouvrages, j'ai fait le choix tout à fait arbitraire du genre féminin pour le reste du billet).

Plutôt discrète en ce moment alors que ses pousses sortent du sol, elle le sera bientôt beaucoup moins lorsque ses hampes auront viré au rouge-violacé et auront atteint des tailles pouvant parfois dépasser les trois mètres. Elles porteront alors de belles grappes de fruits noirs à l'origine d'un de ses noms.

Toxiques, ces derniers permettent toutefois d'obtenir une teinture violette très sombre qui peut être utilisée pour la coloration du linge. Malgré la toxicité de cette teinture, il est aussi arrivé qu'elle soit utilisée comme colorant alimentaire. Dans le passé, des viticulteurs indélicats avaient même pris l'habitude d'en verser quelques gouttes dans leur production pour en accentuer la teinte lorsque celle-ci était un peu trop palote.

Toxiques, c'est aussi le cas des racines et des tiges adultes.

Mais s'il n'y avait que ça....

La phytolaque fait aussi partie des pestes végétales, classées parmi les espèces invasives en Europe et particulièrement en France où elle se répand petit à petit.

Ça, c'est la phytolaque (phytolacca americana) telle qu'on la trouve en ce moment.
Il suffit d'observer les feuilles de chélidoine tout autour pour se faire une idée
de la taille idéale pour la cueillette (entre 30 et 40 cm).

Avec toutes ses "tares", on pourrait croire que la plante n'a vraiment rien pour elle...

Mais alors, si c'est à ce point, pourquoi l'appelle-t'on également "épinard de Cayenne", "épinard des Indes" ?
N'y aurait-il donc pas quelque chose de comestible dans cette plante ?

Et bien si, justement : ses jeunes pousses... mais à condition de les préparer correctement, c'est à dire en les cuisant à une ou deux eaux, et en prenant soin de jeter l'eau de cuisson. Et le résultat est tout simplement à la hauteur de la peur que peu susciter tout ce que vous venez de lire au dessus : excellent !

Seul le haut des plus jeunes tiges doit être cueilli pour être consommé, après une cuisson à une ou
deux eaux d'au moins une dizaine de minutes. Après ce traitement, je les plonges dans de l'eau glacée
pour fixer leur belle couleur verte, puis je les égoutte et les presse pour évacuer un maximum d'eau.
Ensuite, c'est un légume au goût très agréable qui peut être utilisé de multiples manières.

Jeunes tiges et feuilles débitée en morceaux après leur cuisson à l'eau,
puis revenue dans un peu de beurre et d'ail, servies en
accompagnement de boudin blanc.

Bien que ce légume très spécial soit délicieux, par sécurité, j'évite d'en consommer régulièrement ou en trop grande quantité.

dimanche 2 mai 2010

Féérique

Je ne peux m’empêcher de faire ce petit billet prétexte pour les quelques photos d’ail des ours prises ce week-end.

Ces innombrables étoiles blanches caressées par le soleil, ça avait quelque chose de féérique...

Non moins féérique, mais dans une teinte différente, ce sont les jacinthes des bois (non comestibles).

Du muguet pour le premier mai ? ... pour quoi faire ?

Au milieu de cet océan, de jeunes pousses de phytolaque m’ont donné l’occasion de goûter à cette plante pour la première fois. Tendre, avec une saveur délicate, cette plante aurait presque tout pour elle si ses racines et ses fruits n’étaient pas extrêmement toxiques. Il faut se contenter des jeunes pousses encore bien tendres, et ne les consommer qu’après cuisson à l’eau.

J’oubliais aussi de dire que c’est une plante invasive qui fait souvent l’objet d’arrachages...

Bœuf sauté au phytolaque et à l’ail des ours

Ingrédients :

  • Quelques pousses de phytolaque
  • Quelques brins d’ail des ours
  • De la viande de bœuf maigre coupée en fines tranches
  • Sauce soja
  • Maïzena
  • Huile de tournesol

Préparation :

  • Laver le phytolaque et l’ail des ours à plusieurs eaux
  • Blanchir le phytolaque 2 minutes (plongé dans l’eau bouillante salée, puis refroidi dans de l’eau très froide)
  • Bien égoutter les pousses
  • Hacher l’ail des ours
  • Diluer la sauce soja à l’eau et y diluer la maïzena
  • Faire chauffer l’huile dans un wok sur feu vif
  • Y ajouter le bœuf pour le faire dorer sur les deux faces
  • Baisser le feu et ajouter ensuite le phytolaque puis la sauce soja diluée
  • Finir avec l’ail des ours
  • Cuire jusqu’à réduction quasi complète du liquide

PS : Un grand merci à Colibri pour m’avoir fait découvrir le phytolaque au travers de quelques-uns de ses billets.

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