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mardi 21 mai 2019

Beignets de plantes sauvages (3/3)

Chose promise chose due : après les beignets salés, c'est maintenant le tour des beignets sucrés.

Et avec eux, les fleurs sont à l'honneur, en particulier celles du robinier faux-acacia et du sureau noir.

Robinier faux-acacia (robinia pseudoacacia).
Les grappes doivent être cueillies entières. Plus les fleurs seront ouvertes, meilleur sera leur parfum. Mais attention, à l'exception des fleurs, toutes les autres parties de cet arbre sont toxiques. Et même les fleurs peuvent provoquer des vomissements si elles ne sont pas cuites et consommées en trop grande quantité. Il faut aussi se méfier des fleurs du cytise, extrêmement toxiques : elles forment des grappes très proches de celles du robinier, mais de couleur jaune. Pour mieux les distinguer : les feuilles du cytise sont "trifoliées" (c'est à dire composées de 3 folioles, comme celles du trèfle) alors que celles du robinier comptent beaucoup plus de folioles (de 7 à 21, toujours en nombre impair).

Sureau noir (sambucus nigra).
Comme pour le robinier, les corymbes (nom donné aux fausses ombelles constituées par les inflorescences) doivent être cueillis bien ouverts pour profiter au mieux du parfum des fleurs. Certains comparent cette odeur à celle du pipi de chat et je dois dire qu'on n'en est pas loin. Pourtant, ce parfum est aussi celui qu'on retrouve dans beaucoup de vins blancs à base de muscat. Quoi qu'il en soit, à la cuisson, il perd en intensité et devient vraiment très agréable.
Lors de vos cueillettes, attention à ne pas confondre les fleurs du sureau noir avec celles du sureau hièble (ou yèble, les deux orthographes existent). Même si elles ne sont pas hautement toxiques, vous en seriez probablement quitte pour quelques vomissements (décidément !). Pour les distinguer : le sureau noir est un arbre (pas forcément très grand), mais il a un tronc et des branches en bois alors que le sureau hièble est une plante herbacée sans bois et dépassant rarement 1,5m ; en fleurs, les corymbes du sureau noir sont orientés vers le haut mais ont tendance à se pencher avec le temps (à l'apparition des fruits, ils piquent carrément vers le bas) alors que ceux du sureau hièble regardent bien vers le haut ; enfin, toutes les parties supérieures des fleurs du sureau noir sont blanches (blanc crème) alors que les anthères (extrémités des étamines) des fleurs du sureau hièble sont teintées de rose voire de violet.

Mais ces deux fleurs ne sont pas les seules capables de faire de bons beignet. En voici d'autres donnant aussi des résultats très intéressants :
- Glycine (grappes de fleurs),
- Tussilage (inflorescences),
- Pissenlit (inflorescences),
- Carotte (ombelles en fleurs),
- Fenouil (ombelles en fleurs).

Enfin, les fleurs ne sont pas les seules parties utilisables, les feuilles de certaines aromatiques le sont aussi comme en particulier la mélisse et la menthe. C'est d'ailleurs une façon très intéressante de cuisiner la menthe odorante (parfois appelée menthe à feuilles rondes) voire la menthe aquatique. Deux menthes sauvages des plus courantes en France.

 
A gauche : Menthe aquatique (mentha aquatica).
A droite : Menthe odorante (mentha suaveolens).

Et pour toutes ces plantes, une seule et même recette de pâte.

Ingrédients :
  • 150g de farine
  • 20g de sucre
  • 1 gros œuf 
  • 15cl de bière, de cidre brut (ou d'eau gazeuse pour ceux qui ne veulent pas utiliser de boisson alcoolisée)
  • 10cl de lait (entier)
  • Une pincée de sel.
Préparation
  • Mélanger tous les ingrédients secs ensemble
  • Incorporer l’œuf et le lait
  • Finir avec la bière pour préserver un maximum de gaz
  • Ajuster la quantité de bière pour obtenir une pâte liquide, mais bien enrobante
  • Laisser la pâte reposer au moins une heure au réfrigérateur (plus elle est froide et plus elle a reposé, mieux c'est)
  • Utiliser une huile de friture à 170°C
Conseil : Ne lavez pas les parties cueillies en hauteur (fleurs de robinier, de sureau, de glycine, de carotte ou de fenouil) car cela aurait pour effet d'atténuer leur goût. Pour le reste, après les avoir lavées, pensez à bien les sécher avant de les utiliser car une goutte d'eau dans l'huile bouillante pourrait générer de violentes éclaboussures.

Avec le sucre, la pâte à beignet blondit beaucoup plus rapidement, il faut donc un appareil assez liquide pour qu'il ne soit pas trop épais autour des inflorescences. La pâte cuira plus rapidement et sera bien croustillante. Trop épaisse, elle risque de brûler à l'extérieur et de rester pâteuse à cœur.
Pour les plus gourmands, on peut aussi saupoudrer les beignets d'un peu de sucre glace.

dimanche 29 mai 2016

Le plein de bulles

Sureau noir (sambucus nigra). Ses corymbes en fleurs ont un parfum puissant et entêtant qui leur vaut d'être utilisées pour préparer sirops, gelées, sorbets, vins ou vinaigres parfumés (comme [ici] ou [là])

Avec la floraison du sureau, le moment est venu de faire des bulles !

Le pétillant de sureau est en effet un délice printanier qu'il faut vraiment essayer : Fabriquer soi-même cette boisson gazeuse sans autre procédé que la fermentation a vraiment quelque-chose de magique !

Et pour cela, comme vous allez le voir, il n'y a rien de plus simple. Le plus difficile, c'est finalement de savoir rester patient et de laisser aux ferments le temps agir...

Détail des fleurs de sureau noir (sambucus nigra). Il ne doit pas être confondu avec le sureau hièble (sambucus ebulus), toxique. Bien que les feuilles et les corymbes de fleurs aient un aspect similaire, le sureau noir est un arbre (avec troncs et branches en bois) alors que le sureau hièble est une plante herbacée.

Pétillant de sureau


Pour 4 litres de préparation :

  • 4 litres d'eau minérale plutôt que du robinet (l'absence de chlore permettant d'épargner les ferments nécessaires à la gazéification)
  • 300g de sucre (cassonade de préférence ou éventuellement sucre cristal)
  • 30 belles corymbes de fleurs de sureau bien ouvertes
  • 2 citrons non traités
Préparation :
  • Récupérer les fleurs du sureau en les égrainant de leur corymbe (moins on récupère de vert, mieux c'est)
  • Les placer au fond d'un grand récipient
  • Dissoudre le sucre dans l'eau (pour faciliter la dissolution, on peut d'abord faire un sirop avec 25cl d'eau prélevés sur les 4 litres)
  • Y ajouter le jus des 2 citron puis leurs restes débités en morceaux de quelques centimètres
  • Couvrir le tout de telle sorte qu'il puisse y avoir échange d'air (avec un linge par exemple)
  • Mettre de côté à température ambiante et remuer de temps en temps jusqu'à ce que la fermentation ait bien démarré (c'est à dire au bout de 2 à 4 jours)
  • Filtrer et mettre le liquide dans des bouteilles à limonade ou des bouteilles de bière recyclées (bouteilles supportant la pression munies d'un bouchon mécanique)
  • Stocker dans un endroit frais (mais pas froid) et à l'abri de la lumière
  • Oublier les bouteilles pendant un mois avant de commencer à les boire (elles peuvent se conserver plus d'une année sans problème)

Attention 1 : La pression augmentant, il peut arriver que certaines bouteilles éclatent, ce qui est d'autant plus probable que la quantité de sucre est élevée. Avec 300g pour 4 litres, les risques sont limités, mais de mon côté, je laisse les bouteilles dans une cuvette, ce qui évite l’inondation en cas d'éclatement.

Attention 2 : Si certains appellent cette boisson "limonade de sureau", de mon côté, je préfère la dénomination de "pétillant". En effet, si cette boisson est gazeuse, c'est à cause d'une fermentation alcoolique au cours de laquelle le sucre a été transformé en alcool. Et donc, même si le degré alcoolique obtenu n'est pas très élevé, il n'est pas nul non plus !

Attention 3 : Si les bouteilles sont ouvertes trop vite, la boisson risque d'en jaillir à la manière de champagne qu'on viendrait de secouer. Mieux vaut ouvrir avec précaution en laissant la pression s'évacuer lentement.

mercredi 18 septembre 2013

Baie noires entre deux douches

Difficile de trouver des conditions favorables à la récolte des baies sauvages en cette fin d'été (ou plutôt en ce début anticipé d'automne). Cueillies mouillées, celles-ci auraient en effet tendance à pourrir très vite, et même si certaines échappaient à ce triste sort, les rescapées seraient tellement gorgées d'eau qu'elles perdraient une bonne partie de leur saveur.

Pourtant dimanche, faisant confiance aux bons augures des prévisions météorologiques, nous avons décidé de partir en direction de la Côte d’Albâtre pour faire le plein. Sur place, je savais déjà ce que nous allions rencontrer, mais la grande question était : "dans quel état ?".
Car depuis le printemps calamiteux que nous avons subis il y a quelques mois, les plantes accusent un retard de croissance atteignant plusieurs semaines dans certains endroits. Pour les plantes fruitières, c'est encore plus étrange, avec des fruits qui arrivent à maturité dans une totale anarchie.

Mais constatez-donc par vous-mêmes ce que nous avons trouvé...

Sur la photo, on remarque les conséquences du décalage saisonnier de cette année : le même arbre héberge des corymbes de fruits allant du vert complet au noir complet (ce sont ces derniers qu'il faut cueillir). Mais verts ou noirs, les corymbes du sureau noir (sambucus nigra) sont alourdis par les fruits et pointent tous vers le bas. C'est généralement l'astuce qu'on donne pour le distinguer du sureau yèble (sambucus ebulus). De mon côté, je préfère noter que le sureau noir est un arbre (certes pas très grand, mais avec un tronc et des branches) alors que le yèble (ou hièble, les deux marchent) est une plante herbacée. S'il est important de les distinguer, c'est que les baies du yèble sont toxiques (faiblement toutefois). Crues, celles du sureau noir le sont aussi (émétiques, elles provoquent des troubles digestifs), mais leur toxicité disparaît à la cuisson.

Il est assez fréquent de voir plusieurs niveaux de maturité sur un pied de ronce (rubus fructicosus), mais à ce point là... Remarquez aussi les quelques fruits moisis : l'humidité apportée par la pluie a déjà frappé. Les baies les plus en retard n'auront sans doute pas le temps d'arriver à maturité.

Ayant habituellement un succès aléatoire dans la confection des gelées (environ 1/3 de mes tentatives ne prennent pas suffisamment), j'ai cette fois-ci opté pour un préparation des baies de sureau en sirop. Après celui confectionné avec les fleurs au printemps, presque incolore, on a du mal à croire que le liquide sombre obtenu avec les fruits provient de la même plante ! Gare aux taches !

Il est beaucoup plus pratique de cueillir entiers les corymbes de sureau, pour ensuite les égrainer à l'aide d'une fourchette. Pour les transformer en sirop, c'est tout simple : cuire et faire éclater les grains dans une grande marmite, filtrer et peser le jus, y dissoudre une quantité égale de sucre, ajouter du jus de citron (1 citron par litre), porter à nouveau à ébullition pendant au moins 5 minutes et embouteiller (se conserve au frais pendant quelques semaines).
Quant aux mûres, plus longues à cueillir et donc moins nombreuses dans nos boîtes, elles ont trouvé une autre utilisation, toute aussi bonne...

Tarte aux mûres, dans un miroir de sureau


Ingrédients :

  • Pour le fond de tarte :
    • 200g de farine,
    • 150g de beurre demi-sel froid
    • 75g de sucre,
    • 25g d'amandes en poudre
    • 1 oeuf
  • Pour la garniture :
    • 500g de mûres fraîches
    • 60cl d'eau
    • 50g d'amandes en poudre
    • 40g de sucre
    • 10cl de sirop de baies de sureau
    • Le jus d'un demi citron
    • 5g d'agar-agar

Préparation :

  • Fond de tarte :
    • Crémer le beurre avec le sucre et les amandes en poudre (mélanger à la cuillère pour obtenir un mélange lisse et homogène)
    • Incorporer ensuite l’œuf et finir avec la farine
    • Lorsque l'appareil est homogène, en former une boule, la filmer et la placer au réfrigérateur pendant au moins 30 minutes
    • Après ce délai, abaisser la pâte pour l'étaler sur une feuille de papier cuisson puis dans un moule à tarte (on peut aussi chemiser le moule au beurre et à la farine et y placer la pâte directement)
    • Rabattre le surplus de pâte sur les bords afin de les épaissir (on peut aussi froncer la pâte)
    • Piquer le fond avant d'étaler une autre feuille de papier cuisson (piquée également) sur le dessus
    • Lester avec des haricots secs ou des petits cailloux (évitera que le fond se déforme durant la cuisson à blanc)
    • Enfourner une bonne dizaine de minutes dans un four préchauffé à 200°C
    • Sortir du four, retirer le leste et le papier du dessus
    • Le fond chaud est encore très mou, il faut le laisser refroidir pour qu'il durcisse et prenne sa texture sablée
  • Garniture :
  • Pour obtenir un bel effet translucide avec la poudre
    d'amande, la gelée doit être versée en deux temps.
    Faire aussi attention dans le dosage de l'agar-agar,
    car si on en met trop, la gelée prend une texture
    caoutchouteuse.
    • Dans une casserole, mélanger l'eau, le sirop, le jus de citron et la poudre d'agar-agar
    • Porter le tout à ébullition et l'y maintenir une bonne minute (étape nécessaire pour que l'agar-agar prenne en gelée)
    • Laisser tiédir
    • Pendant ce temps, étaler et tasser la poudre d'amandes sur le fond de tarte, maintenant refroidi
    • Ajouter ensuite les mûres tout juste sorties du réfrigérateur, de telle sorte qu'elles ne forment qu'une seule couche avec un minimum d'interstices
    • Verser ensuite une première partie du liquide encore tiède à mi-hauteur
    • Placer 5 minutes au réfrigérateur le temps que la gelée commence à prendre
    • Verser ensuite le reste du liquide (maintenu tiède en attendant) pour s'arrêter un ou deux millimètres avant qu'il ne déborde
    • Placer au moins une heure au réfrigérateur avant de servir (mais ne pas attendre plus d'une douzaine d'heures, car petit à petit, la gelée humidifie le fond de pâte sablée et le rend cassant)

Note : Plutôt discrète en goût, la gelée de sureau est essentiellement décorative dans cette recette, pour laisser la part-belle aux mûres. Si vous ne disposez pas de sureau, vous pouvez aussi utiliser une gelée de vin rouge (30cl de vin rouge type pinot noir pour 40cl d'eau, 60g de sucre et toujours 5g d'agar-agar).

mercredi 5 juin 2013

Sous les tonnelles ou ailleurs, mais toujours avec modération

Sureau noir (sambucus nigra). Bien que les fleurs aient une disposition
proche de celle d'une ombelle,  techniquement, ce n'en est pas une, il s'agit
en effet d'une inflorescence en corymbe. Quoi qu'il en soit, il ne faut pas
les confondre avec celles du sureau hièble (sambucus ebulus), toxique.
Pour s'aider, il suffit de se souvenir que le sureau noir est un petit arbre
(avec des branches ligneuses) alors que le hièble est une plante herbacée.
Les fleurs du sureau ont enfin daigné s'ouvrir, et à part ce retard de quelques semaines, elles ne semblent pas avoir plus souffert que cela. Je vais donc prendre ça comme un bon présage pour les futures baies, qui devraient arriver (s'il ne neige pas cet été) entre août et septembre. L'année dernière avait été tellement pauvre que je suis suis impatient d'en récolter cette année.

En attendant, seules les fleurs sont à notre disposition, mais elle nous laissent déjà pas mal de possibilités entre sirops, gelées, beignets et je ne sais encore quelle autre préparation. Mais cette année, ma première récolte ne finira dans aucune de ces préparations.

Cette année, je me suis en effet décidé à préparer du vin de fleurs de sureau. Rien de bien compliqué dans la préparation, après c'est une simple histoire de goût...

Le sureau est très diversement apprécié. Une chose est certaine pourtant, c'est que les goût des
uns et des autres sont surtout très marqués : ami, choisi ton camp, soit tu adores, soit tu détestes,
aucune demi-mesure n'est permise !

Quoi qu'il en soit, moi j'adore et voici donc la recette que j'ai utilisée.



Vin de fleurs de sureau


Ingrédients :

  • 1l de vin blanc plutôt sec (j'ai utilisé un Menetou-Salon)
  • 200g de sucre
  • 25cl d'alcool pour fruits (40°)
  • Une bonne dizaine de corymbes de fleurs de sureau bien ouvertes

Préparation :

  • Égrainer les fleurs dans un grand bocal
  • Verser le vin et refermer le bocal sans serrer (pour que le gaz de fermentation puisse s'évacuer)
  • Laisser macérer pendant quelques jours
  • Filtrer le liquide
  • Y ajouter l'alcool et y dissoudre le sucre
  • Embouteiller


mercredi 26 août 2009

3 baies

Dire que j'ai failli passer à côté des mûres et du sureau ! C'est que l'été dernier, il avait fallu attendre un mois de plus pour pouvoir les récolter. Cette année, non seulement les baies arrivent tôt, mais en plus elles sont particulièrement nombreuses.

Sureau noir, ses corymbes regardent en bas à la différence du sureau hièble dont les grappes sont orientées vers le haut   Sureau noir, ses corymbes regardent en bas à la différence du sureau hièble dont les grappes sont orientées vers le haut

Les prunelles sont aussi de la partie. Alors qu'elles étaient très rares l'année dernière, cette année, les branches en sont couvertes à craquer. Ce sont les fruits du prunellier, arbuste du genre prunus (p. spinosa), au même titre que les pruniers, cerisiers, abricotiers, pêchers ou encore amandiers. Les petites boules bleutée et couvertes de pruine apparaissent en été. Mais c'est encore tôt pour les récolter.

Prunelles
 
Prunelles

Contrairement aux prunes, le fruit est âcre et peu sucré. En principe, il faut attendre les premières gelées avant la récolte. Le blettissement des baies a pour effet de faire disparaitre la saveur âcre typique des prunelles. Moyennant une petite astuce, on peut commencer la récolte beaucoup plus tôt, surtout quand la maturation est précoce comme cette année. Il suffit de sélectionner dès maintenant les fruits les plus mûrs et de simuler une gelée au congélateur.

Prunelles passées au congélateur

Note : Pour la même raison, et avec la même conséquence, on peut aussi utiliser ce traitement de choc avec les dattes fraiches.
 

Mûres, mures et pas mures

Le sureau et les mûres m’ont permis de faire de la gelée. Pour les prunelles, bien qu’elles ne soient plus acres, celles-ci conservent une saveur acidulée très intéressante. Comme il me restait encore quelques mûres, je les ai associées avec les prunelles pour réaliser un clafoutis. L’association entre les deux change des clafoutis classiques et a été très appréciée.
 

Gelée de mûres / Gelée de sureau
 
Quelques cuillères de gelée avant qu'elle n'ait totalement pris sur du fromage de chèvre frais

Ingrédients :

  • Baies de ronce (mûres) / Baies de sureau (séparées de leur grappe)
  • Sucre cristal
  • Citron
  • Un gélifiant (pectine), s’il n’est pas déjà intégré au sucre

Préparation :

  • Dans un chaudron (une grande casserole ou encore une cocotte), cuire 15 minutes les fruits à feux doux afin d’en éclater tous les grains (on peut les aider avec un presse-purée)
  • Filtrer et peser le jus
  • Replacer le jus dans le chaudron et pour chaque kilo : diluer 20g de pectine puis ajouter 750g de sucre ainsi que le jus d’un citron
  • Cuire à feu doux pendant au moins une dizaine de minutes
  • Verser dans les pots préalablement stérilisés, les fermer et les laisser refroidir couvercle en bas
  • La gelée peut mettre plus ou moins longtemps pour prendre (plus d’un jour), il faut être patient

A noter qu’on peut aussi bien préparer les baies séparément ou les mélanger. La gelée obtenue est délicieuse dans tous les cas et avec deux fruit, on peut ainsi obtenir 3 saveurs différentes.
 

Clafoutis aux prunelles et aux mures
 
Clafoutis aux prunelles et aux mures

Ingrédients :

  • 300g de prunelles bletties
  • 400g de mûres
  • 100g de farine
  • 125g de sucre
  • 25cl de lait
  • 4 œufs
  • Une pincée de sel
  • Un peu de beurre et de farine

Préparation :

  • Préchauffer le four à 180°C
  • Mélanger la farine, le sucre et le sel
  • Ajouter les œufs puis le lait petit à petit afin d’obtenir un appareil sans grumeaux
  • Chemiser un moule à tarte avec un peu de beurre et de farine
  • Ajouter les fruits et verser l’appareil par-dessus
  • Enfourner pour 30 minutes

jeudi 11 juin 2009

Fausses ombelles

Depuis le temps que je veux faire du sirop aux fleurs de sureau, j’ai encore failli passer à côté ! On voit ces belles grappes odorantes un peu partout en ce moment. Malheureusement, elles commencent déjà à faner.

Sureau noir

Les feuilles du sureau noir sont trompeuses. Lorsqu’on les froisse, une odeur désagréable s’en échappe qui pourrait faire abandonner l’idée d’en utiliser les fleurs. Il ne faut pas s’arrêter à ce détail. Les fleurs de sureau sont un concentré de parfums. J’avais récolté une trentaine de corymbes sous la pluie, ce qui est loin d’être optimal. Ramenées humides dans mon appartement, elles ont dû sécher étalées sur une table. Une demi-journée plus tard, c’est l’appartement entier qui sentait le sureau au point d’en être écœurant.

Un petit détail botanique : Les fleurs de sureau poussent en corymbe et pas en ombelle (contrairement à ce qu'on lit souvent). La différence se situe au niveau de la structure de la grappe.

Attention de ne pas confondre le sureau noir, celui dont on utilise les fleurs pour le sirop ou les fruits pour la gelée, avec le sureau yèble, qui lui est toxique.
 

Sirop de fleurs de sureau

Ingrédients (pour 75cl de sirop) :

  • 75cl d’eau
  • 1kg de sucre (pour ma part, j'ai fait moitié-moitié entre sucre blanc et sucre brut de canne : en plus de son goût particulier, le sucre de canne apporte une belle couleur ambrée au sirop)
  • 20 grandes corymbes de fleurs de sureau
  • 2 citrons non traités
Fleurs de sureau en pleine macération

Préparation :

  • Mettre à sécher les fausses ombelles dans un endroit frais et sec (pas la peine de les laver)
  • Le lendemain, égrainer les fleurs dans un grand récipient opaque (non métallique de préférence) en évitant au maximum de prendre le vert des branches
  • Amener l’eau à ébullition dans une casserole (taille à ajuster en fonction de la quantité)
  • Y verser le sucre et le jus des deux citrons (préalablement lavés) ainsi que leurs restes découpés en morceaux
  • Lorsque la totalité du sucre est bien dissoute, verser le liquide bouillant dans le récipient où se trouve les fleurs
  • Couvrir et laisser reposer
  • Le lendemain, filtrer et reverser le mélange dans une casserole
  • Amener le tout à ébullition pendant 5 minutes
  • Embouteiller à chaud et fermer hermétiquement
  • Au frigo, ce sirop peut se conserver quelques semaines
Sirop de sureau

Petite explication sur le pourquoi d’un récipient non métallique : la présence du citron rend le mélange acide (améliore la conservation). Ca a aussi pour effet de dissoudre les quelques micro-grammes de métal qui suffisent pour altérer le parfum des fleurs. Ce serait vraiment trop dommage de gâcher ce sirop si rafraichissant !

dimanche 21 septembre 2008

Les baies d'Etretat

Etretat

Etretat est vraiment un coin sympathique. Comme c'est relativement proche de Paris, il m'arrive d'aller y faire un tour une fois ou deux dans l'année. C'est toujours aussi beau. Et quand en plus on trouve plein de mûres et de sureau noir, on ne demande qu'à y revenir.

Pour le sureau, ce sera du sirop et pour les mûres, ce sera des tartelettes (à la façon de la tarte aux abricots et serpolet du mois d'août).

Sirop de sureau noir

Sureau noir

Ingrédients :

  • 500g de baies de sureau noir
  • 400g de sucre

Préparation :

  • Séparer les baies de leurs grappes
  • Les rincer rapidement
  • Placer le sureau et le sucre dans une casserole sur le feu
  • Cuire pendant 20 minutes en remuant régulièrement, les grains éclatent et mêlent leur jus au sucre
  • Filtrer (passoire, chinois etc.)et embouteiller à chaud

Tartelettes aux mûres, crème pâtissière au mélilot

Ingrédients (pour 4 tartelettes) :

Tartelette aux mûres et au mélilot
  • Un rouleau de pâte brisée
  • 400g de mûres
  • 30cl de lait
  • Un œuf
  • 120g de sucre en poudre
  • 40g de farine
  • Une poignée de fleurs de mélilot séchées (à défaut de mélilot, utiliser une gousses de vanille)

Préparation :

  • Préchauffer le four à 180
  • Chemiser 4 moules à tartelettes
  • Y placer la pâte préalablement découpée en 4 disques de diamètre légèrement supérieur à celui des moules
  • Recouvrir chacun des disques avec un morceau de papier sulfurisé
  • Placer quelques haricots séchés par dessus pour que la pâte conserve bien sa forme
  • Enfourner pour 10 à 20 minutes (arrêter lorsque la pâte est dorée) et réserver
  • Mettre le lait et le mélilot dans une casserole
  • Amener lentement le lait à ébullition tout en remuant régulièrement pour favoriser l’infusion
  • Pendant ce temps, à froid dans une autre casserole, mélanger la farine et le sucre avant d’y rajouter l'œuf tout en continuant de mélanger au fouet pour obtenir un mélange homogène
  • Lorsque le lait entre en ébullition, le verser progressivement sur le mélange tout en continuant de fouetter (utiliser une passoir pour retenir le mélilot)
  • Placer la casserole sur un feux doux et cuire le mélange tout en continuant de le fouetter jusqu’à ce qu’il devienne suffisamment épais.
  • Retirer les haricots ainsi que la couche de papier située au dessus du fond de tarte
  • Napper le fond avec la crème
  • Disposer les mûres au dessus
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