dimanche 12 mai 2019
Beignets de plantes sauvages (2/3)
Après une telle série, j'aurai définitivement eu ma dose de friture pour le mois de mai !
Donc, aujourd'hui, on continue sur le salé, mais en changeant de plantes, en utilisant celles trouvées hier sur la côte normande ou à ses abords.
Pour la pâte, je ne change pas une recette qui marche et j'ai donc utilisé la même recette que pour l'article précédent, à savoir :
Mélanger 100g de fécule ou de farine de riz, 100g de farine T45, un œuf, une bonne pincée de sel et un à deux verres d'eau glacée (quantité à ajuster pour obtenir une pâte fluide mais bien nappante). Pour obtenir des beignets bien croustillants, la pâte devra être maintenue la plus froide possible (dans un bain-Marie de glaçons par exemple).
Pour leur réalisation, il suffira alors de plonger les plantes dans la pâte à beignets, de s'assurer qu'elles sont bien nappées en intégralité et finalement de les plonger dans une huile de friture à 170°C. Après trois minutes dans le bain bouillant, on les met à égoutter sur une feuille de papier absorbant pour les consommer rapidement, encore chauds et bien croustillant...
Et voilà ce que ça donne (pour mieux se repérer, chaque beignet est accompagné de la plante brute utilisée pour le faire) :
Ces beignets sont tous excellents, mais je dois avouer que les aulx, la bette et l'aster maritime sont mes préférés !
mercredi 24 avril 2019
Verdure printanière
Lorsque les inflorescences de cette dernière sont encore en bouton, on l'appelle aussi "brocoli sauvage" et ce n'est pas uniquement dû aux fleurs groupées en boules au sommet de la hampe florale. En effet, au même titre que sa référence cultivée, la passerage est un chou (famille des brassicacées, comme le colza d'ailleurs). Et ça se ressent aussitôt qu'on y goûte.
La marguerite (leucanthemum vulgare) est une plante à laquelle on ne pense pas forcément quand on parle de légumes. C'est pourtant une plante intéressante en particulier gustativement. On peut utiliser ses feuilles crues en salade avec d'autres plantes pour contrebalancer son goût puissant. On peut aussi préparer ses boutons floraux au vinaigre, à la manière ce câpres. Mais surtout, ses feuilles peuvent être cuisinées comme légumes. Sa ressemblance avec le chrysanthème couronné utilisé dans la cuisine asiatique ("Tong Ho" en Chine ou "Shungiku" au Japon, glebionis coronaria pour sa dénomination latine) permet de lui trouver quelques utilisations intéressantes.
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| Les marguerites (leucanthemum vulgare) montent et des boutons floraux ont déjà fait leur apparition sur certaines tiges, mais je me suis contenté des sommités sans bouton pour ma récolte. |
Quant au pois vivace ou gesse à feuilles large (lathyrus latifolius), il commence tout juste à se répandre. Ses tiges ailées sont assez fibreuses mais leurs extrémités sont tendres et croquantes. Elles peuvent être consommées aussi bien crues que cuites. Dans les deux cas, on retrouve dans leur goût une saveur évoquant le petit pois, lui aussi de la famille des fabacées. A noter que le genre lathyrus compte de nombreuses espèces dont certaines peuvent être difficile à distinguer. Dans le cadre d'une consommation occasionnelle, une confusion serait sans conséquence, mais dans le cas d'une consommation plus soutenue, certaines espèces doivent être évitées comme la gesse commune (lathyrus sativus) ou la gesse chiche (lathyrus cicera).
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| Gesse à feuilles large (lathyrus latifolius), pois vivace ou encore pois de Chine. |
Pour les préparer, rien de plus simple : j'ai plongé une poignée de chaque pendant 5 minutes dans de l'eau bouillante salée, je les ai bien égouttées pour les faire sauter dans un wok avec un peu d'huile sur feu très vif. En toute fin de cuisson, j'ai ajouté l'ail haché très finement et un peu de sauce soja. Quelques graines de sésame et fleurs de colza ouvertes hors feu et il n'y à plus qu'à savourer !
| Colza et marguerite ont des goûts très marqués et ne font donc pas forcément l'unanimité. Alors... qu'en est il pour vous ? |
jeudi 12 mai 2016
Virée normande
Je m'empresse donc de poster cet article (et deux recettes par la même occasion) dans un style "express" ... avant que toutes les plantes dont je parle ne deviennent complètement hors saison !
| Mais bien que la plupart des fleurs soient écloses, on trouve encore les deniers boutons en cherchant bien... Boutons qui peuvent être utilisés en cuisine, comme on va le voir plus loin. Pour plus de détail sur la plante, je vous laisse parcourir les différents articles du blog qui en parlent, en suivant [ce lien]. |
| Gesse à feuilles larges(lathyrus latifolius) en fleur (photo prise dans la Drôme, en été) : Grandes fleurs d'un rose vif et pur, tiges ailées, feuilles avec une paire de folioles ovales, etc. |
Pour utiliser l'ail des ours et la bette, rien de plus simple :
- Blanchir la bette pendant 5 petites minutes dans de l'eau bouillante salée, puis la plonger dans de l'eau glacée pour fixer la cuisson et la couleur
- Bien l'égoutter, la presser légèrement pour en évacuer l'eau, et réserver
- Faire chauffer un peu d'huile d'olive au fond d'une poêle,
- Y jeter une poignée de boutons d'ail des ours pour les laisser revenir sur feu vif quelques minutes sans les colorer
- Ajouter ensuite la bette grossièrement hachée le temps de l'amener à température
- Saler, poivrer
- Utiliser quelques fleurs d'ail des ours pour la déco
| L'association ail, bette et huile d'olive marche toujours et donne un plat délicieux aux accents méditerranéens. |
Quant à la gesse et la passerage :
- Dans de l'eau bouillante salée, blanchir les pousses de gesse pendant 5 bonnes minutes et les sommités de passerage pendant 3 minutes, puis les plonger dans de l'eau glacée pour fixer la cuisson et la couleur
- Bien les égoutter et réserver
- Faire mousser un peu de beurre dans une poêle
- Y faire revenir un oignon émincé et dorer quelques rondelles de saucisse de Montbéliard
- Ajouter les plantes et les cuire encore quelques minutes sur feu vif
- Assaisonner (attention, la saucisse apporte du sel) et servir rapidement
| On retrouve dans ce plat les saveurs familières du chou (passerage) et des pois (gesse). De quoi se régaler avec des sauvages, tout en restant dans un domaine gustatif plus classique. |
samedi 25 mai 2013
Les voilà !
| Ornithogale des pyrénées (ornithogalum pyrenaicum) Celle-ci est encore un peu petite pour être cueillie. |
Ces aventureuses, ce sont les aspergettes et par rapport aux années précédentes, elles ont presque trois semaines de retard ! Je commençais à croire que ce serait une année sans. Mais que nenni, c'est même tout simplement l'inverse...
Si vous ne les connaissez pas encore et que la cueillette dans les bois ne vous attire pas plus que ça, il vous reste la possibilité d'en trouver sur les marchés où elles sont souvent vendue à prix d'or sous l'appellation trompeuse d'"asperge sauvage". Mais ce n'en est pas une. Les vraies sont d'ailleurs sorties depuis longtemps (et je les ai encore ratées !). Il s'agit en fait d'ornithogales, dont la tenue rappelle plus les jacinthes que les asperges. Quoi qu'il en soit, elles sont elles aussi comestibles et tous les ans, j'attend leur venue avec impatience. Elles n'ont pas un goût très marqué, mais certains leur trouvent des saveurs de noisettes, et de mon côté, j'apprécie énormément le petit picotement qu'elles apportent en bouche lorsqu'elles sont crues ou à peine cuites. Et puis il y a leur texture, ferme et croquante, puis finalement mucilagineuse...
Je suis donc parti sur de la berce avec ses doux parfums de noix de coco et de mandarine, en ne sélectionnant que de jeunes branches, charnues et peu fibreuses.
Et alors que je me disais qu'il manquait quelque-chose de plus vif, je suis tombé sur un groupe de passerages dont les fleurs étaient encore en boutons. La saveur de choux de celles-ci apporterait justement ce petit "plus" qui manquait...
Ingrédients :
- Une quantité égale d'aspergettes, de branches de berce et de sommités de passerage drave en boutons
- Des lanières de jambon cru coupèes très finement
- Un oignon
- Du mirin (un alcool de riz sucré utilisé dans la cuisine japonaise)
- Un peu d'huile neutre (tournesol par exemple)
- Fleur de sel
Préparation :
- Dans un wok sur feu vif, faire revenir l'oignon dans l'huile sans le colorer
- Lorsqu'il est translucide, ajouter les plantes et le jambon
- Les cuire rapidement (pas plus de deux minutes) en arrosant d'un peu de mirin
- Assaisonner en ajoutant la fleur de sel (modérément, il y a déjà le jambon) au moment du dressage
lundi 21 mai 2012
Et si on mélangeait tout ?
Quelques pointes de houblon.
Une douzaine de mini brocolis.
Une poignée de respounchous.
Autant de pousses de navet du diable.
Une petite botte d'asperges des bois.
Bien laver chacune des plantes.
Mettre de côté les aspergettes et blanchir rapidement mais séparément les autres plantes. En profiter pour le faire aussi avec quelques morceaux de carotte. Bien les égoutter avant de les jeter dans un wok avec un fond d'huile bien chaude. Ajouter alors les aspergettes, deux gousses d'ail écrasées, quelques gouttes de sauce soja, de mirin et de vinaigre ainsi qu'une pincée de sucre. Cuire trois minutes sur feu vif et servir...
C'est tout ...
... et c'est bon !
(*) : Bryone et tamier sont deux plantes non dénuées de toxicité (celle-ci s'accentue avec l'age) et ne peuvent être consommées que modérément (jeunes pousses). Les racines sont toxiques et les fruits le sont encore plus.
mercredi 13 avril 2011
Pousse pousse
J’ai failli rater la renoué du Japon (objet d’un prochain billet), pareil avec la passerage drave (lepidium draba) dont les fleurs commencent déjà à s’ouvrir. Elle ne mérite son surnom de « brocoli sauvage » que pendant le peu de temps au cours duquel les boutons floraux forment une boule évoquant une version miniature du « légume ». Une fois écloses, les fleurs forment de véritables nuages floconneux, mais c’est trop tard pour la récolte (hormis pour une utilisation décorative).
Comme la passerage drave ne pousse jamais seule, et même souvent en groupes denses, on arrive assez rapidement à prélever une quantité susceptible de remplir quelques assiettes.
Un peu moins grégaire, et plus petite, sa cousine l’arabette hérissée (arabis hirsuta) met un peu plus de temps à pousser, laissant le temps de prélever la partie supérieure de la tige principale, avant floraison. On retrouve un peu de la passerage dans la forme des feuilles, mais aussi en bouche, avec une saveur légèrement piquante.
Plus de temps aussi avec le houblon (humulus lupulus) dont les jets mettent du temps à attendre les hautes branches des arbres auxquels ils s’accrochent. Mais plus on attend, plus ils sont fermes et fibreux, et donc moins agréable à déguster.
Ce serait dommage, car ces pousses gorgées de sève au goût légèrement résineux gagnent réellement à être connues.
Makis végétaux aux pousses d’arabette, passerage et houblon
- Pousses d’arbette hérissée et de passerage drave (le haut des tiges florales non écloses)
- Pousses de houblon (les 20 derniers centimètres)
- Feuilles de nori
- Riz
- Mirin
- Lancer la cuisson du riz en prenant soin de verser un petit verre de mirin dans l’eau de cuisson
- Pendant ce temps, blanchir les plantes (2 minutes dans de l’eau bouillante salée, puis plongées dans de l’eau glacée)
- Bien les égoutter
- Lorsque le riz est bien cuit (il doit être collant), le laisser refroidir quelques minutes
- Couper les feuilles de nori en bandeaux de 8cm de large, puis effectuer les opérations suivantes :
- Etaler du riz sur une moitié de la feuille
- Placer ensuite les pousses sur toute la largeur de manière à ce que les pointes dépassent des deux côtés
- Rouler de sorte à ce que le riz entoure les plantes, puis de sorte à ce que le nori finisse d’entourer le rouleau, puis le couper en deux pour obtenir 2 makis
Servi de manière classique avec sauce soja et wasabi, j’ai aussi ajouté un peu de purée de piment doux, autant pour la couleur que pour donner encore plus de relief.
mardi 13 avril 2010
Un geste technique
Ce geste, c'est celui qu'il faut maitriser pour cueillir les orties à mains nues. C’est surtout une question de technique, mais aussi de pratique : « Aïe ! ... essaie encore ».
Tout d’abord, il ne faut pas cueillir la plante entière mais uniquement les quelques paires de feuilles du haut (photo suivante), les plus tendres. La tige est tellement fibreuse qu'entière, la plante serait inutilisable. Il fut un temps ou les orties servaient à faire de la corde !
Placer un doigt de chaque coté de la tige au dessous des feuilles (sans les toucher) et resserrer tout en effectuant un mouvement vers le haut. Les aiguillons tubulaires qui poussent sur toute la plante sont orientés vers le haut. En pinçant la tige de cette manière, au lieu de se planter dans les doigts et d’y injecter quelques microgrammes d'un cocktail à base d’acide formique et d'histamine, les mini-seringues se couchent et deviennent inoffensives. Il ne reste plus qu’à tirer vers le haut pour détacher les feuilles.
Pour les moins courageux, une autre technique très simple (celle avec laquelle j’ai commencé) : un sac plastique enfilé comme une moufle. Malheureusement, l’efficacité n’est pas garantie à 100% : les aiguilles de silice passent de temps en temps au travers de la fine couche de plastique.
Si jamais ça vous arrive, trouvez un peu de plantain, malaxez quelques feuilles entre vos doigts avant d’en enduire les piqures. A défaut de faire disparaitre la piqure, ça calmera la douleur.
Pourquoi risquer toutes ces piqures me demanderez-vous ? C’est que l’ortie est une plante qui en vaut vraiment la peine. Bourrée de protéines, de chlorophylle, de fibres et de minéraux, c’est presque un repas complet à elle-seule.
Encore faut-il la préparer et le lavage est un autre moment critique. On dit souvent qu’une ortie mouillée ne pique plus, je dirais plutôt que les probabilités de piqure sont moindres, mais pas nulles ! Pour éviter le contact, rien de tel que de grandes baguettes chinoises. De mon côté, j’ai suffisamment habitué mes mains pour ne plus vraiment les craindre.
Maintenant que les orties sont cueillies, lavées et séchées, pourquoi ne pas tenter une nouvelle mais très diététique version de la classique soupe aux orties.
Avant de vous lancer, il vous faudra aussi cueillir un peu de lamier pourpre (goût rappelant un peu la betterave) et de passerage (voir ici).
Soupes légère aux orties, mais pas que...
Ingrédients (pour 4 bols) :
- 200g d’orties (feuilles en bout de tige)
- 200g de pommes de terre (ou le double si vous voulez une soupe épaisse)
- 50g de passerage (les 10 derniers centimètres de la plante en bouton)
- 50g de lamier pourpre (tête de la plante)
- 1,25l d’eau et un cube de bouillon de volaille
- 2 gousses d’ail ou une cuillère à soupe d’oursinade (recette ici)
- Sel et poivre
Préparation :
- Placer l’eau sur le feu afin de la porter à ébullition
- Pendant ce temps, éplucher les pommes de terre et les débiter en petits cubes
- Continuer en hachant les feuilles d’orties, de passerage
- Lorsque l’eau arrive à ébullition, y ajouter le cube, les pommes de terre et les plantes hachées
- Cuire à feu doux pendant une demi-heure
- Retirer du feu et mixer
- Saler (pas trop, un cube contient généralement beaucoup de sel) et poivrer
Pour les gourmands, quelques suggestions d’additifs (on oublie la diététique): beurre, crème, fromage, croutons, et pour les traditionnalistes amateurs du chabrot, un peu de vin rouge... Mais c'est aussi délicieux « nature ».
samedi 10 avril 2010
Brocoli ?
Abondante sur les bordures de nombreux chemins, la passerage commence à peine à sortir, mais les boules formées par ses fleurs en bouton sont déjà visibles. D’ici une ou deux semaines, elles donneront naissance à une multitude de petites fleurs blanches. L’aspect de ces grappes de boutons a valu à la passerage drave (lepidium draba) ou encore à la passerage des champs (lepidium campestre) le surnom de « brocoli sauvage ».
Avant la floraison, la partie haute de la passerage reste tendre et croquante. Comme la plante pousse en groupes serrés, la récolte est assez rapide.
Dans l’assiette, bien que la passerage soit plus frêle que son cousin le « kai-lan » (famille des brassicacées), les recettes utilisant ce brocoli chinois sont une bonne source d’inspiration. Mais avec son petit goût légèrement piquant, on peut aussi l'utiliser dans de délicieuses salades.
Sauté de volaille aux brocolis sauvages
Ingrédients :
- 500g de blanc de poulet
- 4 bonnes poignés de passerage drave en bouton (les 10 à 15 derniers centimètres des tiges)
- Huile neutre
- Un peu de beurre
- Sauce soja
Préparation :
- Laver la passerage
- La passer 2 minutes dans de l’eau bouillante salée puis la refroidir immédiatement en la plongeant dans de l’eau glacée
- Bien égoutter et mettre de côté
- Dans une grande poêle, chauffer quelques cuillères à soupe d'une huile neutre (type tournesol)
- Ajouter le beurre et y faire dorer le poulet découpé en lamelles
- Une fois cuit, ajouter la passerage, un peu de sauce soja et continuer la cuisson pendant encore une minute
- Servir immédiatement
jeudi 30 avril 2009
Un dimanche en forêt
Frustré de ne pas avoir trouvé de morilles il y a maintenant deux semaines, j'ai voulu re-tenter ma chance dimanche dernier. J'avais cette fois-ci deux compagnons (ou plutôt un et demi étant donné l'âge du second). Le cœur et le panier léger, nous sommes partis plein d'espoir. Espoir rapidement renforcé par une rencontre au détour d'un chemin : un cueilleur qui semblait être à l'œuvre depuis l'aube nous présente fièrement un panier rempli de mousserons sur lesquels trônent 3 énormes morilles. "C'est déjà terminé pour cette année" qu'il nous dit ! Mais comme 3 morilles c'est pas assez, il sort son portable d'une poche pour nous montrer des photos de la trentaine de morilles qu'il avait cueilli lors de sa précédente récolte. Ils sont vraiment bizarres ces gens qui prennent des photos de leur cueillette... manquerait plus qu'ils fassent des blogs !

Trente minutes plus tard, le panier était toujours aussi léger, nos cœurs l'étaient nettement moins. C'était à croire que notre cueilleur avait écumé les lieux. Comme si ça ne suffisait pas, je n'arrivais pas à retrouver les coins que j'avais repérés l'année dernière !
Et puis à un croisement : "ça y est, je reconnais". Quelques pas plus loin et en furetant un peu dans les fourrés, nous tombons enfin sur un filon de mousserons : plusieurs dizaines regroupés sous un toit de ronces. C'est finalement à quatre pattes, le dos labouré par les épines, que nous avons récolté nos seuls champignons de la journée (pas loin d'un kilo tout de même). Ils n'auront pas eu le temps de sécher car nous les avons consommés le midi même, sautés, en accompagnement de magrets de canard.
Frustré d'une telle récolte, c'est la passerage qui bordait le chemin du retour qui en a fait les frais et qui a fini dans le panier avec les champignons. Aux endroits où elle pousse, cette plante est tellement fréquente que la récolter pourrait se faire à la faux. C’est lorsque ses fleurs sont encore en bouton et forme une grappe au sommet de la tige qu’elle est la meilleure. Comme beaucoup des brassicacées (moutarde, cardamine, cresson, choux, etc.), ces mini brocolis ont un goût assez puissant. Ils sont excellents blanchis ou cuits à la vapeur. Les feuilles, un peu plus amères, sont utilisables de la même manière.
 

Purée de pommes de terres à la passerage
Ingrédients (pour 4) :
- Une quarantaine de bouquets de fleurs de passerage ainsi que les feuilles des plus hautes des tiges
- 400g de pommes de terre
- 100g de fromage frais
- Une noix de beurre
- Sel et poivre

Préparation :
- Cuire à l’eau les pommes de terre en robe des champs
- Pendant ce temps, nettoyer la passerage
- La blanchir 30 secondes et réserver (mettre de côté quelques beaux mini-brocoli)
- Une fois cuites, éplucher les pommes de terre
- Les écraser et les mélanger avec le beurre, le fromage frais, la passerage hachée
- Saler, poivrer
- Servir avec les bouquets mis de côté






